« Gilets jaunes »: Philippe ne s'« exonère d'aucune responsabilité »

Edouard Philippe en septembre 2017
CC - Wikimedia commons / Perguillaume

Edouard Philippe ne s'« exonère d'aucune responsabilité » face à la crise des « gilets jaunes », a-t-il affirmé jeudi, tout en avertissant contre le risque de « dépenser beaucoup d'argent » en « peu de mots ».

Dans la conclusion du débat au Sénat sur les mesures d'apaisement du gouvernement, le Premier ministre a terminé sur une défense de son style et un avertissement sur les finances publiques.

« Je ne m'exonère d'aucune responsabilité parce que, pour le dire trivialement, +ce n'est pas le genre de la maison+ et parce que de toute façon ce n'est pas possible quand on est Premier ministre », a déclaré le chef du gouvernement devant les sénateurs.

« J'essaie de m'exprimer avec calme, avec nuance, en ne cherchant jamais à simplifier ou à caricaturer, ce qui dans les canons du débat public actuel n'est pas toujours spectaculaire, il faut bien le reconnaître », a-t-il plaidé.

Quand le gouvernement vient de tirer un trait sur 4 milliards d'euros de ressources fiscales en annulant la hausse de la taxe carbone en 2019, le Premier ministre a mis en garde sur le financement des nombreuses mesures mises sur la table par les oppositions pour calmer la fronde des « gilets jaunes ».

« Parfois en très peu de mots on dépense beaucoup d'argent public. En très peu de mots. Et souvent on peine à voir les ressources qu'il conviendrait de mettre en face de ces mots », a fait valoir l'ex-maire du Havre.

« Il faudra donc que nous veillions collectivement à assurer un équilibre des finances publiques pour éviter que la dette n'explose », a-t-il poursuivi, en résumant son discours : « apaisement, débat, appel à la responsabilité et détermination à assurer la sécurité des Français ».

« C'était plus un bilan que des perspectives », a observé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, alors que l'avenir de M. Philippe à Matignon est remis en cause par la crise. « Il a fait le job, il a fait son travail de Premier ministre mais on sent que la flamme n'est plus là », a-t-il dit à l'AFP.

« Je ne pense pas que ça puisse durer très longtemps, mais il est en fonction », a pour sa part jugé son homologue socialiste Patrick Kanner.

« Je pense qu'il y a un problème majeur entre le président de la République et le Premier ministre », a de son côté estimé la sénatrice communiste Eliane Assassi.

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