Dépendance : les Ehpad privés réclament des moyens et un « décloisonnement » des offres

maison de retraite
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La prise en charge d'un nombre croissant de seniors dépendants nécessitera, dans les années à venir, une hausse des effectifs d'aide-soignants mais également une simplification des circuits de financement et un décloisonnement des offres de soins et services, plaident les gestionnaires privés de maisons de retraite dans un document rendu public jeudi.

« Le premier enjeu, c'est évidemment d'augmenter les crédits d'assurance maladie pour continuer à financer du personnel soignant. Tant qu'on n'aura pas fait ça, les gens ne pourront pas être contents », a expliqué à l'AFP Florence Arnaiz-Maumé, la déléguée générale du Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées (Synerpa).

On compte en France seulement 33 aide-soignants pour 100 lits d'Ehpad, contre 40 en Espagne, a souligné Mme Arnaiz-Maumé, en marge de la présentation des 12 propositions formulées par son syndicat, dans le cadre de la concertation sur l'autonomie lancée début octobre par le gouvernement.

Selon le syndicat, la réflexion doit par ailleurs porter sur la manière d'« aider les personnes âgées à financer » leurs frais d'hébergement en maisons de retraite, lesquels ne sont pris en charge ni par l'assurance maladie, ni par les départements.

Dans ce cadre il faut « encourager la mise en place d'un système (d'assurance) complémentaire, comme il en existe en matière d'assurance maladie ou de retraite », affirme le Synerpa.

Plutôt que d'envisager de « nouveaux prélèvements obligatoires », ce syndicat - qui représente un quart des quelque 7.500 Ehpad français, ainsi que 600 agences d'aide et d'accompagnement à domicile - propose également d'encourager « les solutions consistant à rendre liquide le patrimoine de ceux qui en possèdent », par exemple via une incitation fiscale aux ventes en viager.

Il préconise par ailleurs d'unifier les procédures de financement des volets « soins » et « dépendance » de la prise en charge, actuellement partagés entre l'État et les départements, une séparation à la fois « complexe » et « factice ».

Les gestionnaires d'établissements privés plaident également pour un « décloisonnement » de l'offre de soins et de services offerts aux seniors, qu'ils vivent à domicile ou en établissement spécialisé.

« Il faudrait pouvoir permettre aux opérateurs des Ehpad de rendre des services à domicile mais aussi d'accueillir les petites urgences médicales, ce qu'on appelle la bobologie du grand âge », a expliqué Mme Arnaiz-Maumé.

D'ici à 2050, la France comptera près de 5 millions de plus de 85 ans, contre 1,5 aujourd'hui. Face à ce choc démographique, les dépenses liées à la dépendance, estimées aujourd'hui à près 30 milliards d'euros annuels (24 milliards d'euros en dépenses publiques, le reste reposant sur les ménages), pourraient exploser.

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