Budget 2019 de la Sécu : le Sénat le rejette d'emblée en nouvelle lecture

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Hémicycle du Sénat
CC - Wikimedia commons / Jg281

Le Sénat à majorité de droite a rejeté d'emblée jeudi, en nouvelle lecture, le projet de budget pour la Sécurité sociale pour 2019, qui sera adopté définitivement lundi par un ultime vote de l'Assemblée nationale.

Sur proposition de la commission des Affaires sociales, les sénateurs ont voté la question préalable - qui entraîne le rejet de la totalité du texte - par 198 voix (LR, centristes) contre 45 (LREM, RDSE à majorité radicale) et 100 abstentions (PS, CRCE à majorité communiste, Indépendants). Le rapporteur général Jean-Marie Vanlerenberghe (centriste) a fait le constat de « véritables divergences politiques et budgétaires » sur des « points clé » avec le texte adopté mercredi soir en nouvelle lecture par l'Assemblée.

Les députés ont ainsi « rétabli le quasi-gel des prestations sociales au détriment du pouvoir d'achat des allocataires, en premier lieu les retraités et les familles », a-t-il regretté. L'Assemblée nationale a voté une limitation à 0,3% de la revalorisation de ces prestations sociales, alors que le Sénat souhaitait le maintien de leur indexation sur l'inflation. Le président de la commission Alain Milon (LR), qui défendait la motion, a lui aussi fait le constat du « caractère irréductible » des différences de position entre les deux assemblées.

« Des options incompatibles »

« Le texte que vous aviez adopté (...) porte des options incompatibles » avec les engagements pris par le président de la République, a pour sa part déclaré aux sénateurs le secrétaire d'Etat auprès du ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, dénonçant notamment « un relèvement brutal de l'âge minimum légal de départ à la retraite de 62 à 63 ans dès 2020 » proposé par la majorité sénatoriale. Olivier Dussopt a vanté « deux avancées sociales très importantes » portées par le projet de budget de la Sécu : le « zéro reste à charge » et la fusion de l'aide à la complémentaire santé avec la CMU complémentaire.

A gauche, Yves Daudigny (PS) a jugé « inacceptable » la désindexation de la revalorisation des prestations sociales « qui porte un appauvrissement des retraités et des familles et contient des germes de rupture sociale ». « A l'heure où la colère gronde partout dans le pays », Laurence Cohen (CRCE) s'est dite « choquée de voir les ministres de ce gouvernement persister dans leurs choix ». RDSE et Indépendants ont regretté le vote de la question préalable, se prononçant en faveur de la poursuite de la discussion.

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Par la rédaction avec AFP

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