Crowdlending : l'UFC-Que Choisir demande au gendarme bancaire d'agir

Croissance du crowdfunding
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Quelques semaines après la cessation d’activité d’Unilend, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir alerte les particuliers sur l'importance des défauts de remboursement. L'association demande au régulateur du secteur, l’ACPR, de « sanctionner les manquements persistants ».

Les « sept principales plateformes » (1) de prêts participatifs examinées par l’UFC-Que Choisir affichent en octobre 2018 un taux de défaut moyen de 9,5% ! « Près d’une entreprise financée sur dix ne rembourse plus ses échéances », ou a minima tarde à les rembourser, comme le souligne l’association dans un communiqué publié ce lundi.

Ce constat vaut notamment pour Unilend : la plateforme qui vient de mettre la clé sous la porte affiche un taux de défaut en nombre d’entreprises de 11,41% sur l’ensemble de sa période d’activité (2013-2018). Mais ce constat est d’autant plus criant pour Lendopolis, plateforme du groupe KissKissBankBank, qui appartient à La Banque Postale : le taux de défaillance en nombre d’entreprises atteint 18,3% (8,62% en montant prêté), comme le relève l’UFC. Ces statistiques d’impayés ont décollé depuis la précédente étude menée par l’association en février 2017. L’importance de ces défauts rognent évidemment la rentabilité de l’investissement en prêts participatifs.

Bientôt un encadrement européen du crowdfunding

L’UFC-Que Choisir profite de l’examen d’un projet d’encadrement du financement participatif au Parlement européen pour alerter sur ces « dérives persistantes ». L’association demande d’une part aux parlementaires européens un encadrement plus strict de la commercialisation de ces investissements en crowdlending, et d’autre part aux « pouvoirs publics français de légiférer » pour « obliger les plateformes à fournir une information pertinente et impartiale » sur les rendements effectivement servis. Sur ce point, le groupement représentant la plupart des plateformes Financement participatif France a mis en place des indicateurs de performance communs, qui permettent une comparaison avant impôt basé sur le « taux de rendement interne ».

Lire à ce propos : Combien rapporte le crowdlending ?

Enfin, l’UFC-Que Choisir demande à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le régulateur en charge de ces plateformes, « de contrôler les plateformes et de sanctionner les manquements persistants ». En février dernier, l’ACPR a déjà rappelé aux plateformes de prêts (2) leurs obligations concernant la transparence sur les défaillances des entreprises emprunteuses, l’AMF ayant en parallèle étendu ces obligations aux plateformes de crowdlending dont elle a la charge.

Lire aussi : Faut-il encore croire au prêt participatif ?

(1) Credit.fr, Lendix (renommé October), Bolden, PrêtUp, Prexem, Unilend et Lendopolis.

(2) Intermédiaires en financement participatif (IFP). Les plateformes ayant le statut CIP sont elles régulées par l’AMF.

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© cbanque.com / BL / Novembre 2018

Commentaires

Publié le 6 novembre 2018 à 07h27 - #1Jaglei

Prêter de l'argent est un métier qui exige des compétences !
Ce métier est exercé par les banques que les entreprises à risque ou en difficulté estiment frileuses, mais qui protègent les déposants.

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