Brexit : les entreprises doivent se préparer « à toutes les options » (gouvernement)

Drapeaux Europe et Royaume-Uni
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Les entreprises françaises doivent se préparer « à toutes les options » pour le Brexit, y compris une sortie sans accord du Royaume-Uni de l'UE, a prévenu mardi le gouvernement lors d'une réunion à Bercy avec les fédérations professionnelles.

« C'est un message qu'il faut que nous fassions passer fortement aux entreprises », a expliqué une source de Bercy avant la réunion en fin d'après-midi entre la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher et les représentants des entreprises.

« Il s'agit de bien leur expliquer qu'ils doivent se préparer à la fois à ce que le Royaume-Uni devienne un Etat tiers (en sortant de l'UE) et au risque qu'à fin mars 2019 il n'y ait pas de période de transition » par faute d'accord, a ajouté cette source.

« La période de transition est conditionnelle au fait que l'on ait conclu un accord de retrait avec le Royaume-Uni », a-t-elle rappelé, invitant les entreprises françaises à se préparer à « toutes les options ».

Selon Bercy, près de 30.000 entreprises françaises exportent vers le Royaume-Uni, mais un nombre plus conséquent est concerné.

« Il y aussi toutes les entreprises qui sont importatrices de biens du Royaume-Uni et celles qui importent des services qui sont aussi concernées par certains aspects », a expliqué la source, qui n'a pas donné de chiffres sur l'impact pour les exportations françaises.

L'assureur-crédit Euler Hermes a toutefois estimé qu'un Brexit sans accord se traduirait par des pertes de 3 milliards d'euros pour les exportateurs français de biens l'an prochain, dans un communiqué diffusé mardi.

Le plus grand perdant au sein de l'Union européenne (UE) serait l'Allemagne, avec 8 milliards d'euros de pertes, suivie des Pays-Bas (4 milliards) et de la Belgique (3 milliards), ex-aequo donc avec la France.

« Si le Brexit n'est pas suivi par la signature d'un nouveau traité commercial entre l'UE et le Royaume-Uni, les exportateurs français devront chercher de nouveaux débouchés », affirme dans l'étude Ana Boata, économiste chargée de l'Europe chez Euler Hermes.

Pour évaluer les pertes, l'assureur-crédit s'est basé sur la mise en place de taxes à l'importation de 4% à 5%, dans le cadre de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) qui s'appliquerait alors par défaut, et sur une chute de la livre, dont le cours passerait de 1,13 euro actuellement à 0,88 euro fin 2019.

« Les secteurs les plus affectés par un tel scénario seraient l'automobile (378 millions d'euros de pertes d'exportations de biens en 2019), les machines et équipements (324 millions), l'électronique (177 millions), l'aéronautique (160 millions) et les boissons (157 millions) », détaille le communiqué.

Le gouvernement français avait déjà présenté début octobre en Conseil des ministres un projet de loi destiné à préparer l'hypothèse de l'absence d'accord entre l'Union européenne et Londres sur le Brexit, afin de parer à nombre de vides juridiques.

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a aussi annoncé le renforcement des effectifs de douaniers dans les ports des Hauts-de-France, jugeant nécessaire de se préparer « à un Brexit dur, un Brexit hard, c'est-à-dire pas de lien juridique avec nos amis anglais ».

En 2017, les exportations françaises vers le Royaume-Uni se sont élevées à 31 milliards d'euros, selon une note de la direction générale du Trésor publiée en août.

L'excédent commercial français de 3,5 milliards d'euros avec ce pays était le troisième au monde, après ceux dégagés grâce aux échanges avec Hong Kong (5,5 milliards) et Singapour (4,5 milliards).

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