Budget 2019 : Griveaux défend le chiffrage du gouvernement contre l'OFCE sur les baisses d'impôts

  • cBanque avec AFP
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Benjamin Griveaux en 2017
Benjamin Griveaux - DR La République En Marche

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a défendu mardi le chiffrage de l'exécutif sur les baisses d'impôts de 6 milliards d'euros pour les ménages dans le budget 2019, contestant celui de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), estimant que cet organisme était « engagé » politiquement, ce que ce dernier a formellement contesté.

Les baisses d'impôts, « c'est bien 6 milliards, pas 3,5 milliards, contrairement à ce que dit l'OFCE », a assuré Benjamin Griveaux sur Europe 1, invitant à prendre en compte la « totalité » des mesures, ce que l'OFCE assure pourtant faire également. « L'OFCE, ils sont engagés, on connaît leurs engagements », a critiqué le porte-parole du gouvernement.

Selon Bercy, le dégrèvement de la taxe d'habitation pour 80% des ménages leur rapportera 3,8 milliards d'euros, la bascule des cotisations sociales vers la CSG 4,1 milliards, et les exonérations de cotisations sur les heures supplémentaires 600 millions. À l'inverse, la hausse des taxes sur le diesel coûtera 1,9 milliard d'euros aux ménages et celle du tabac 400 millions d'euros.

Le chiffrage de la baisse d'impôts 2018 également contesté

« Selon nos évaluations [...], l'ensemble des mesures socio-fiscales engendrerait un gain de pouvoir d'achat de 3,5 milliards en 2019, après 0,1 milliard en 2018 », a toutefois écrit l'économiste Mathieu Plane dans une note de l'OFCE du 20 septembre qui étudie le pouvoir d'achat dans son ensemble et intègre donc l'impact de la désindexation des pensions de retraite et des prestations familiales de l'inflation.

Le porte-parole du gouvernement a également « contesté formellement » ce chiffrage de l'OFCE de seulement 100 millions d'euros de gain de pouvoir d'achat des ménages sur l'ensemble de 2018. Il y a opposé le taux d'évolution trimestrielle du pouvoir d'achat des Français calculé par l'Insee : une augmentation de « 0,7% au deuxième trimestre », a-t-il fait valoir.

L'OFCE, réputé d'inspiration keynésienne, se présente comme un « organisme indépendant de prévision, de recherche et d'évaluation des politiques publiques, accueilli en son sein par la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) ».

L'OFCE se défend de tout parti pris idéologique et maintient ses calculs

Contacté par l'AFP, l'OFCE a maintenu son chiffrage, expliquant intégrer dans son calcul non seulement les baisses d'impôts promises par l'exécutif, mais aussi les mesures d'économies annoncées par Bercy, à l'image de la moindre revalorisation des pensions de retraite ou des allocations familiales. « Sur les mesures fiscales, on est d'accord. Mais si l'on parle de pouvoir d'achat, il faut prendre en compte l'ensemble des mesures du budget qui auront un impact » sur le budget des contribuables, « soit de façon favorable, soit de façon défavorable », a souligné Mathieu Plane, économiste à l'OFCE.

Dans son étude publiée le 20 septembre, l'OFCE a chiffré à 3,5 milliards d'euros les gains de pouvoir d'achat prévus par le budget 2019, en prenant en compte à la fois les coupes budgétaires décidées sur certaines allocations, et les revalorisations décidées sur d'autres prestations, comme la prime d'activité ou le minimum vieillesse. Ce gain pourrait même retomber à « 1,7 milliard » si l'on intègre la « hausse des taux d'appel et de cotisation » pour les régimes de retraites complémentaires Agirc-Arrco, « décidée par les partenaires sociaux », a estimé le think tank, organisme de prévision universitaire lié à Sciences Po Paris.

Interrogé sur les déclarations de M. Griveaux, Mathieu Plane a par ailleurs contesté formellement tout parti pris idéologique ou politique dans les analyses publiées par l'OFCE. « Nous sommes un centre universitaire indépendant. Nous avons été créés pour alimenter le débat public, ce que nous faisons en toute transparence », a souligné le chercheur, en rappelant que l'OFCE publiait systématiquement ses chiffres et ses analyses. « Nous faisons notre travail avec toute la rigueur scientifique » nécessaire. « Notre but, ce n'est pas de faire de la politique », a-t-il ajouté. L'OFCE est défini dans ses statuts comme un « organisme indépendant de prévision, de recherche et d'évaluation des politiques publiques ».

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Par la rédaction avec AFP

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