La Bourse de Paris en quête de direction sur fond de tensions géopolitiques

bourse de Paris - Palais Brogniart
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La Bourse de Paris, comme ses voisines européennes, va chercher un nouveau souffle la semaine prochaine, dans un contexte de trêve estivale peu propice aux prises de risque.

Tandis que la saison des publications d'entreprises touche doucement à sa fin, les investisseurs n'ont plus aucun grand rendez-vous à l'agenda avant la réunion des banquiers centraux à Jackson Hole, à la fin du mois.

« La saison des résultats a été très bonne aux Etats-Unis, avec 80% de surprises positives, le meilleur taux depuis 2009, et elle était bonne en Europe », souligne auprès de l'AFP Florence Barjou, responsable de la gestion multi-actifs chez Lyxor.

« Maintenant que cela s'achève, nous entrons dans la période d'août, avec peu de liquidités sur les marchés. Du coup nous allons manquer de catalyseur », ajoute-t-elle.

Toutefois, les opérateurs auront quelques chiffres macroéconomiques à digérer, parmi lesquels l'inflation en zone euro. En Allemagne, le marché surveillera la première estimation du PIB pour le deuxième trimestre, mardi.

Enfin, à Londres, l'inflation et les ventes au détail pour juillet sont attendues, respectivement mercredi et jeudi. Les investisseurs tenteront à cette occasion d'évaluer la vigueur de l'économie britannique à l'entame du second semestre, à un moment où les risques associés au Brexit sont particulièrement élevés, compte tenu d'un échec possible des négociations entre Londres et Bruxelles.

Ces chiffres parviendront-ils à soutenir les places financières européennes ? L'hypothèse est peu probable, d'autant plus que divers foyers de tensions géopolitiques subsistent, incitant à la prudence.

La crise de la livre turque pèse

Le conflit commercial entre Pékin et Washington a ainsi continué de peser durant la semaine écoulée. Mardi, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils allaient appliquer, à partir du 23 août, des droits de douane de 25% sur un total de 50 milliards de dollars de produits chinois.

En outre, les marchés financiers ont été rattrapés en fin de semaine par la crise diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis. Le président américain Donald Trump a accru vendredi la pression sur Ankara, en annonçant une forte augmentation des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs.

En réaction, la livre turque a touché son plus bas historique face au dollar, perdant plus de 20% face au billet vert sur la journée.

Et les répercussions ont largement dépassé le champ diplomatique, puisque la Banque centrale européenne a, selon le quotidien Financial Times, exprimé des inquiétudes sur une éventuelle exposition de certaines banques européennes à la crise monétaire turque.

« A chaque fois qu'il y a des inquiétudes sur la solvabilité du secteur bancaire, il y a des réminiscences de 2008, cela pose des problématiques de contagion qui inquiètent », rappelle Florence Barjou.

Conséquence : le secteur bancaire européen a été lourdement pénalisé vendredi, entraînant les indices à la baisse. Le CAC 40 a du coup cédé 1,17% sur la semaine, le Dax inversant quant à lui sa tendance positive des jours précédents, pour afficher finalement un repli hebdomadaire de 1,52%.

Dans ce contexte, l'indice des prix à la consommation aux Etats-Unis, dévoilé vendredi en petite progression en juillet, n'a guère pesé dans la balance.

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