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Frais bancaires : la Banque de France favorable à leur plafonnement pour les plus précaires

  • cBanque avec AFP
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Banque de France
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Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau plaide pour un plafonnement « à un niveau bas » des frais bancaires appliqués à « l'offre spécifique », formule destinée aux publics en difficulté financière, dans un entretien jeudi au journal Ouest-France.

Sur 3,6 millions de personnes en situation de fragilité financière, seuls 10% bénéficient de l'offre spécifique, qui permet de disposer de services de base pour trois euros par mois, a rappelé le gouverneur, jugeant cette proportion « trop faible ». La situation de ces 3,6 millions de personnes précaires est « liée à leurs revenus ainsi qu'à leurs incidents de paiements ». Lesquels s'élèvent en moyenne à 320 euros par an. « C'est trop élevé ! », a affirmé M. Villeroy de Galhau.

« Il me semble qu'il faudrait un plafonnement, à un niveau bas, pour les personnes bénéficiant de l'offre spécifique », a-t-il poursuivi, ce qui permettrait « d'avoir des frais nettement plus faibles et de limiter les incidents de paiement qui ne sont l'intérêt de personne ». Selon M. Villeroy de Galhau, « un plafonnement global, suffisamment bas, est une exigence », car « si on plafonne une catégorie particulière d'acte bancaire ou d'incident, d'autres frais réapparaissent, qui eux ne sont pas plafonnés ».

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Le surendettement en recul depuis 2014

Il a par ailleurs souligné l'importance de « ne pas concentrer les personnes en situation de fragilité financière dans un seul réseau bancaire, comme la Banque Postale par exemple ». « Dans le cadre du droit au compte, nous veillons à désigner l'ensemble des établissements », a-t-il précisé.

« Bonne nouvelle », soulignée par M. Villeroy de Galhau qui préside l'Observatoire de l'inclusion bancaire, le surendettement a reculé de 22% entre 2017 et 2014, avec 180.000 dossiers reçus l'an passé. Une baisse selon lui liée « aux effets de la loi Lagarde qui encadre sérieusement le crédit renouvelable depuis 2010. Il faut y ajouter la loi Hamon de 2013, qui privilégie les mesures définitives plutôt que les simples moratoires ».

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a indiqué dimanche qu'il souhaitait ajouter des dispositions sur le plafonnement des frais bancaires pour les foyers modestes dans le plan pauvreté, dont la présentation a été reportée à la rentrée, disant aussi souhaiter en discuter avec les banques et les associations concernées.

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Par la rédaction avec AFP

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