Mario Draghi (BCE) minimise les craintes sur l'Italie

Mario Draghi
Mario Draghi - CC Parlement européen/Flickr

Le président de la Banque centrale européenne a relativisé jeudi le risque politique lié à l'arrivée d'un gouvernement eurosceptique en Italie et a nié toute « conspiration » pour faire remonter les taux d'emprunt de la troisième économie en zone euro.

Alors que la zone euro compte dix-neuf pays, « nous ne devrions pas dramatiser trop les changements de politique » après chaque élection nationale, a déclaré Mario Draghi devant la presse suite à la réunion de politique monétaire tenue à Riga, en Lettonie.

Le banquier central répondait à une question sur le risque de tensions sur les taux de la dette pouvant gagner d'autres pays de la zone euro, après les remous causés au printemps sur la dette italienne suite à l'arrivée au pouvoir à Rome du gouvernement eurosceptique et anti-austérité, composé de populistes et de l'extrême droite.

« Ce qui est important, c'est que les points de vue soient discutés dans les traités (européens) existants », a ajouté M. Draghi.

Cette nouvelle donne politique a ravivé les craintes sur la dette abyssale du pays - un quart de l'endettement public total en zone euro.

Mario Draghi a répondu aux accusations d'une partie de la presse italienne qui reprochait à la BCE d'avoir nourri la hausse des taux d'emprunt italiens en achetant moins de titres du pays au mois de mai dans le cadre de son vaste programme de soutien à l'économie (« QE »).

La BCE a acheté 3,6 milliards d'obligations italiennes en mai, soit davantage que les montants en mars et en janvier, « donc il n'y a pas de conspiration ici », a rétorqué M. Draghi.

Outre l'Italie, la France, l'Autriche, la Belgique ont aussi vu leur part dans les achats nets mensuels de la BCE baisser au mois de mai, a-t-il ajouté. La BCE l'explique par un élément technique difficilement prévisible : le réinvestissement des titres arrivés à échéance. Cette pratique peut être étalée sur deux à trois mois en fonction des conditions du marché.

« On ne devrait pas être obsédés par des chiffres hebdomadaires ou mensuels » des rachats d'actifs, a martelé le premier gardien de l'euro.

De mars 2015 à mai 2018, la BCE et les banques centrales nationales de la zone euro ont acheté pour environ 1.800 milliards d'euros d'obligations souveraines, dont 345 milliards de dette italienne. La BCE a annoncé jeudi qu'elle anticipait de mettre fin au QE à la fin ce l'année, sauf accident de parcours.

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