La réforme de l'apprentissage très critiquée à l'Assemblée

Un apprenti mécanicien avec son maître
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La réforme de l'apprentissage, destinée à « booster » cette voie qui peine à décoller, a fait l'objet de vives critiques jeudi à l'Assemblée, notamment sur le rôle amoindri des régions, jugé « absurde » par LR, la ministre Muriel Pénicaud plaidant qu'on ne peut en rester « au statu quo ».

Le projet de loi « avenir professionnel » tend à rapprocher l'apprentissage, qui concerne environ 400.000 jeunes, du droit commun des contrats de travail.

Pour rendre cette voie plus attractive, il repousse l'âge limite à 30 ans, assouplit le temps de travail pour les mineurs, facilite les ruptures de contrat, et dans le même temps ajoute une aide au permis de conduire et une hausse de la rémunération.

Le texte réforme aussi la gouvernance et le financement de l'apprentissage, en donnant plus de responsabilités aux partenaires sociaux dans la construction des diplômes et dans la gestion des centres de formation d'apprentis (CFA). Une mesure saluée par le Medef, mais vilipendée par les régions, qui y perdent une partie de leurs prérogatives. Selon elles, « environ 700 » CFA sont « menacés de fermeture ».

A l'ouverture des débats sur ce volet du texte, une vingtaine d'orateurs se sont succédé.

Plusieurs LREM ont défendu un système qui « sera désormais plus lisible » pour salariés et entreprises (Fadila Khattabi), plaidant qu'il faut donner « le pilotage aux branches et aux entreprises, parce que c'est là que se crée l'apprentissage, c'est là que se créent les emplois », comme l'a affirmé Sylvain Maillard.

Tout en affirmant que la filière a effectivement besoin « de souplesse et d'ambition », des élus LR ont dénoncé une « volonté de centralisation » privilégiant les branches « au détriment de nos régions », disant craindre la fermeture d'« un certain nombre de CFA ».

L'UDI-Agir Francis Vercamer s'est aussi dit « désolé que pour faire rentrer les branches » le gouvernement fasse « sortir les régions », indiquant qu'il aurait préféré « quelque chose d'un peu plus mixé ».

Des élus de gauche ont aussi affirmé, comme le socialiste Joël Aviragnet, que « tout centraliser n'est pas une solution », ou regretté qu'on « porte atteinte à l'enracinement de l'apprentissage dans la réalité du terrain » (Pierre Dharréville, PCF).

Aux critiques, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a objecté qu'« on ne peut pas rester au statu quo, sinon c'est ne pas rendre service aux jeunes et aux entreprises ».

Elle a notamment souligné qu'« une région sur deux n'utilise pas tout l'argent qu'elle reçoit » de la taxe d'apprentissage pour l'apprentissage, ou dénoncé une « propagande » sur la fermeture de 700 CFA.

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