Macron précarise « les fondements sociaux de la République » (Kanner, PS)

Patrick Kanner
Capture d'écran - www.patrickkanner.fr

Le président du groupe des sénateurs PS Patrick Kanner a accusé jeudi Emmanuel Macron de « précarise(r) les fondements sociaux de la République », deux jours après les propos controversés du président sur les aides sociales.

Pour le sénateur socialiste du Nord, avec les aides sociales, « on parle de revenus de subsistance, pour ne pas dire de survie. Si vous enlevez ou diminuez les 550 euros par mois d'un allocataire du RSA, vous précarisez les fondements sociaux de notre République », a-t-il déploré sur Sud Radio.

Dans une vidéo diffusée mardi soir sur Twitter par la direction de la communication élyséenne et relayée par le compte présidentiel, Emmanuel Macron regrettait que les aides sociales coûtent « un pognon de dingue » et que « les gens pauvres restent pauvres ».

Ses déclarations se sont ajoutées à des débats par médias interposés entre plusieurs ministres autour des aides sociales, celui de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin ayant récemment jugé notamment qu'il y en avait « trop ».

« Ce n'est pas en supprimant des aides sociales qu'on va mieux réinsérer les personnes », a estimé M. Kanner, qui a reproché au chef de l'État « des actes qui ne vont pas dans le sens des paroles ».

« Il a une approche que je considère comme inefficace, il ne comprend pas les phénomènes de pauvreté en France aujourd'hui », a glissé l'élu.

Interrogé sur les critiques d'Emmanuel Macron à l'égard des dirigeants italiens, qu'il a accusés de « cynisme » et d'« irresponsabilité » après leur refus d'accueillir sur leurs côtes le navire humanitaire Aquarius – déclenchant ainsi leur ire –, M. Kanner a invité le chef de l'État à s'« explique(r) », jugeant qu'un « président ne s'excuse pas ».

L'ancien ministre a regretté un « décalage » entre les paroles du candidat Macron et la politique actuellement menée par l'Élysée en matière migratoire.

Invité à réagir par ailleurs à la réforme constitutionnelle destinée à être examinée cet été au Parlement, M. Kanner a mis en garde contre « un affaiblissement » des instances législatives. « Est-ce que M. Macron considère qu'il est important d'avoir un Parlement qui fonctionne ou est-ce qu'on dérange ? », s'est interrogé le sénateur en guise de conclusion.

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