« Avenir professionnel »: inquiétudes des députés PS face à un modèle « libéral anglo-saxon »

Les députés de l'Assemblée nationale
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Les députés socialistes ont exprimé lundi leur « déception » et surtout leurs « inquiétudes » sur le projet de loi « avenir professionnel », jugeant qu'il « ne libère pas les individus, mais les marchés » avec un modèle « libéral anglo-saxon ».

Alors que « la ministre avait annoncé une révolution copernicienne de l'apprentissage, un big bang de la formation et une assurance chômage universelle », « c'est une réforme qui, au mieux, déçoit et, au pire, inquiète », a déclaré l'un de leurs porte-parole, Boris Vallaud, lors d'une conférence de presse.

Pour ce député des Landes, ce projet de loi « éminemment politique » suit « un modèle moins de flexisécurité nordique que libéral anglo-saxon » et risque de provoquer « une déstabilisation globale du système ».

Sur la formation professionnelle, « première réforme qui ne fait pas l'unanimité depuis 1971 » et « première depuis 1982 qui recentralise », il a épinglé entre autres la monétisation du compte personnel de formation (CPF), qui comptera des euros et non des heures de formation, « certitude de moins de droits pour beaucoup de salariés ».

Le nombre d'heures financées sera « très en deçà de l'existant » et pénalisera « ceux qui ont le plus besoin d'aide », parmi lesquels les ultramarins, selon Ericka Bareigts (La Réunion), autre porte-parole.

La cheffe de file PS, Valérie Rabault, a aussi dénoncé « une grosse arnaque pour les salariés : l'absence de revalorisation avec l'inflation va faire perdre 10% du CPF tous les cinq ans ».

Son groupe compte notamment plaider une majoration du CPF pour financer 35 heures de formation.

Pour l'assurance-chômage, Boris Vallaud a jugé « très modeste » le nombre de démissionnaires et d'indépendants qui pourront en bénéficier : « de la parole aux actes, le gap est considérable ».

La « privatisation du conseil en évolution professionnelle » a aussi été évoquée.

Quant à l'apprentissage, si les députés socialistes ont souhaité son essor, ils ont critiqué sa « marchandisation », craint que « des centaines de CFA soient menacés » et qualifié de « pari insensé de confier à 500 branches la régulation de l'apprentissage » aux dépens des Régions.

Joël Aviragnet (Haute-Garonne) a ainsi alerté sur les « CFA dans les zones rurales, porteurs de formations de proximité », mais aussi sur des PME craignant d'être moins bien traitées que les grandes entreprises par le nouvel organisme France Compétences.

Et Michèle Victory (Ardèche) a redouté à terme une « mise en concurrence entre lycées professionnels et CFA, ou surtout les boîtes privées ».

Allocation spécifique contre la perte de revenus des salariés des plateformes, taxation des contrats courts, prise en compte améliorée du handicap, congé paternité ou temps partiel civique figurent aussi dans les sujets d'amendements du groupe PS.

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Commentaires

Publié le 14 juin 2018 à 00h30 - #1Tutur
  • Homme

Il avait promis l'assurance chômage pour indépendants finalement c'est juste pour les salariés déguisés ce qui est illégal. Les indépendants n y auront pas le droit.

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