Generali : deux syndicats portent plainte contre l'assureur et sa DRH

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Siège de Generali France
© Sebastien d'Halloy

L'assureur Generali France et sa DRH sont visés par une plainte pour « chantage » et « entrave à l'exercice du droit syndical », une procédure liée à l'invalidation d'accords sociaux, a indiqué mercredi la CGT.

Les syndicats CGT et FO de Generali France ont porté plainte mardi devant le procureur du tribunal de grande instance de Paris contre l'entreprise et sa directrice des ressources humaines, selon le délégué central CGT Alban Scamorri. Contactée par l'AFP, la direction dit n'avoir aucune information « à ce stade » sur un éventuel dépôt de plainte et « s'étonne de cette démarche », alors que des négociations sont en cours avec les organisations syndicales.

La cour d'appel de Paris, sollicitée par les deux syndicats, a récemment invalidé un accord de décembre 2015 sur « l'organisation et la durée du temps de travail » des personnels administratifs et jugé « inapplicables » cinq autres accords sociaux qui lui sont liés.

La plainte vise notamment une communication interne du 7 mai où la DRH Sylvie Peretti affirme que « la Direction ne prendra pas la décision de signifier officiellement ce jugement » à la CGT et FO pour ne pas « le rendre exécutoire ». Mais si eux-mêmes « décidaient de prendre cette initiative », cela aurait pour « conséquences immédiates » de mettre fin aux « aménagements des horaires de travail », plébiscités par le personnel, et surtout d'entraîner « l'arrêt immédiat du télétravail (...) pour les 1.100 collaborateurs (représentant 25% des effectifs) actuellement concernés ».

La CGT conteste cette interprétation de l'arrêt de la cour d'appel, ce dernier n'ayant selon le syndicat aucune conséquence pour les agents actuellement en télétravail. La DRH « a voulu créer un état d'anxiété dans l'entreprise en essayant de monter les salariés contre la CGT et FO mais, pas de chance, (...) tous les télétravailleurs que j'ai rencontrés m'ont parlé du chantage exercé », assure Alban Scamorri. De plus, l'entreprise aurait tout à perdre à abandonner un dispositif qui génère environ « 3 millions d'euros d'économie par an » de son propre aveu, dit-il.

CGT et FO réclament par ailleurs une « compensation salariale » pour le personnel soumis à l'accord de 2015 qui prévoyait une augmentation équivalente à « 5 jours de travail, ou l'équivalent en heures », sans augmentation de salaire. « Pendant deux ans les salariés ont trop travaillé, et là on n'a aucune communication » de la DRH, c'est « silence radio », selon Alban Scamorri.

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Par la rédaction avec AFP

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