Apprentissage : le Medef et les régions réclament ensemble un pilotage national et territorial

Un apprenti mécanicien avec son maître
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Le président du Medef, Pierre Gattaz, et celui de Régions de France, Hervé Morin, plaident pour un « pilotage à la fois national et territorial » de l'apprentissage et appellent le Parlement à « renforcer » le projet de loi sur l'avenir professionnel, dans un texte commun.

« Cette réforme nécessaire ne réussira que si elle rassemble sur tous les territoires toutes les énergies et toutes les bonnes volontés en valorisant les meilleures pratiques sur le terrain. Décidée de Paris, elle restera stérile et inappliquée et conduira à un rétrécissement de l'apprentissage dans toutes les régions », résument-ils dans cette « position commune », également signée par le président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau (PS), et diffusée jeudi.

Ils réaffirment leur « volonté d'assurer un pilotage à la fois national et territorial, ambitieux et innovant de l'apprentissage au plus près du terrain », jugeant que « l'Etat ne peut tout faire ».

Concernant l'anticipation des besoins de compétences à l'échelle territoriale, ils plaident pour « que soit confiée aux Régions et aux branches professionnelles la co-construction commune d'une stratégie régionale cible pluriannuelle et révisable annuellement. »

Concernant l'orientation, ils notent que grâce à leurs « compétences économiques et de formation », « les Régions sont particulièrement bien placées pour piloter et coordonner les structures qui agissent dans ce domaine (Onisep, CIO, missions locales, etc ...) et les rapprocher des entreprises, qui sont les mieux placées pour parler des métiers ».

Ils réclament des « moyens à la hauteur des besoins pour les Régions » en matière de financement de l'apprentissage et soulignent que celles-ci « doivent disposer d'une ressource fiscale dynamique et indexée pour répondre à ce besoin », cela « sans augmenter les charges sur les entreprises » ni « remettre en cause le financement au contrat » décidé par le gouvernement.

Le centriste Hervé Morin bataille depuis des mois contre la réforme de l'apprentissage, présentée fin avril en Conseil des ministres, estimant qu'elle « sera un échec pour la France », avec « un système totalement centralisé » et la « mise en péril » selon lui de « près des deux tiers des centres de formation des apprentis (CFA) ».

Destiné à relancer la filière, le texte transfère notamment le pilotage du secteur aux branches professionnelles, au détriment des régions.

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