Découvert, prêt personnel, crédit renouvelable : comment choisir ?

Homme fouillant un portefeuille vide
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En l’absence de liquidité suffisante, il existe plusieurs options pour faire face à une dépense imprévue : découvert, crédit amortissable ou renouvelable. Chacune est à appréhender en fonction de son besoin (somme nécessaire, urgence de l’achat…) et de sa situation financière.

Un frigo qui rend l’âme, une voiture hors service ou une chaudière qui lâche… autant de dépenses imprévues qui ne peuvent souvent pas attendre. Mais comment procéder quand son compte n’est pas suffisamment approvisionné ? Est-il préférable de se retrouver à découvert pendant quelque temps, de puiser dans un crédit renouvelable ou de souscrire un crédit à la consommation ?

Le découvert bancaire pour un petit décalage de trésorerie

Mais de quel découvert parle-t-on ? Les banques accordent souvent à leurs clients une autorisation de découvert dont le montant dépend de leur situation financière. Si dans la majorité des banques, la mise en place de ce service est gratuite, certaines la font parfois payer quelques dizaines d’euros chaque année.

Contrairement à ce que le terme « autorisation » peut laisser penser, une opération qui fait passer le solde de son compte en territoire négatif n’est pas gratuite. Dans ce cas en effet, la banque prélève des agios, dont le taux doit être inférieur aux taux de l'usure. Les taux d’intérêts débiteurs oscillent souvent entre 8% et 16% selon les banques. Ces pourcentages peuvent paraître élevés. Mais ils engendrent des frais bancaires limités si le compte est renfloué rapidement. Un découvert de 400 euros au taux de 13% pendant 15 jours coûte ainsi 2 euros.

Voir aussi : Les taux de l'usure en vigueur

En revanche, si la dépense imprévue engendre un déficit supérieur à l’autorisation de découvert, les frais bancaires grimpent. Pour ce découvert non autorisé, le taux d’intérêt débiteur est plus élevé, et flirte avec le seuil de l'usure (autour de 20% pour les petits montants). De plus, aux agios peuvent s'ajouter des commissions d’intervention, facturées généralement 8 euros l'unité. La réglementation impose toutefois un plafonnement à 80 euros par mois de ces commissions. Et ce n’est pas tout ! En sus, les banques peuvent également faire payer l’envoi de lettres informant le client d’un incident de paiement : une lettre d’information pour compte débiteur non autorisé facturée autour de 10 euros.

Par conséquent, un découvert non autorisé de 800 euros, pendant 15 jours, au taux de 18% peut engendrer une vingtaine d’euros de frais s’il s’accompagne d’une seule commission d’intervention et d’une lettre d’information. Si le dépassement de découvert dure plus longtemps ou si d’autres paiements sont réalisés, la situation peut s’aggraver. La facture grimpe rapidement à plusieurs dizaines d’euros, sans parler du risque de se voir confisquer ses moyens de paiement et inscrit sur l’un des fichiers tenus par la Banque de France.

Le crédit renouvelable pour les remboursements très rapides

Le crédit renouvelable s’apparente à une réserve de trésorerie dans laquelle l’utilisateur peut puiser quand il le souhaite, et sans avoir à justifier de l’usage de cet argent. On le caractérise comme « renouvelable » car au fil des remboursements, la réserve se reconstitue. Il est alors possible d'y puiser à nouveau, avant même d’avoir terminé de rembourser son utilisation précédente.

En contrepartie, l’établissement de crédit prélève des intérêts sur la somme utilisée. Le taux d’intérêt d’un crédit renouvelable est généralement supérieur à celui appliqué dans le cadre d’un prêt à la consommation classique. Mais, même si le taux appliqué est proche de l’usure, le coût de l’opération reste acceptable avec peu d’échéances. Par exemple, une utilisation de 800 euros, remboursés pendant 6 mois à un taux d’emprunt de 20% revient finalement à 80 euros d’intérêts (hors assurance facultative).

En résumé, rapidement mobilisable s’il a été souscrit en amont, le crédit renouvelable peut s’avérer une solution pratique en cas de décalage de trésorerie. Si son utilisation est maîtrisée, limitée à un usage ponctuel et qu'il est remboursé rapidement, l’opération est acceptable et préférable à un dépassement de découvert autorisé. Son usage doit toutefois rester exceptionnel. Il s'adresse à des personnes ayant des revenus réguliers et ne doit pas être mobilisé pour financer le quotidien. En cas d’une dépense imprévue importante, qui nécessite plusieurs années de remboursement, le crédit à la consommation paraît une meilleure solution.

Le crédit à la consommation plus modulable

Le prêt conso permet lui d’emprunter une somme plus conséquente (allant jusqu’à 75 000 euros), d’étaler les remboursements sur une période plus longue (supérieure à 3 mois), avec un taux d’intérêt généralement plus bas que le crédit renouvelable. Cette solution est donc à privilégier en cas d’achat imprévu et onéreux, dont la réalisation peut attendre quelques jours, le temps de trouver une offre de prêt intéressante. Il est possible de souscrire un prêt à la consommation chez sa banque, dans un organisme spécialisé ou sur le point de vente. En grande surface, il est fréquent que l'on propose au client un crédit renouvelable, souvent accompagné d'une carte bancaire. Toutefois pour les prêts de plus de 1 000 euros, l'enseigne est contrainte par la réglementation de lui présenter également une offre alternative de prêt conso amortissable.

Le capital pouvant être remboursé sur plusieurs années, le crédit à la consommation permet d’adapter la mensualité à sa situation financière. Il y a toutefois un arbitrage à réaliser entre la durée d’emprunt et le coût final de l’opération. En effet, plus l’emprunteur s’engage sur une période longue, plus les mensualités sont faibles mais, en contrepartie, plus le taux d’intérêt appliqué est élevé. Si possible, il est préférable de souscrire un prêt affecté (crédit auto, moto, travaux…) plutôt qu’un prêt personnel. Les établissements proposent en principe des taux d’intérêt plus bas lorsque l’emprunteur justifie l’utilisation des fonds.

A lire aussi : Ce que coûte réellement un crédit à la consommation

Ce qu'il faut retenir :

  • Le découvert bancaire s'utilise pour palier un décalage de trésorerie. Il faut toutefois que la somme ne soit pas trop importante, et le compte renfloué rapidement.
  • Le crédit renouvelable permet de bénéficier rapidement des fonds nécessaires. Néanmoins il faut être en capacité de le rembourser rapidement pour que le coût de l'opération reste mesuré.
  • Le crédit à la consommation permet de financer des montants plus élevés en adaptant les mensualités à sa situation financière.
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