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Tarifs bancaires en Outre-mer : la Banque de France note une « légère » baisse

Moorea en Polynésie française
Moorea en Polynésie française - CC / Wikimedia commons

Les frais bancaires appliqués aux habitants des départements d’Outre-mer sont en légère diminution depuis un an. Un repli dû principalement aux frais de tenue de compte.

Historiquement plus onéreuses, les banques présentes en Outre-mer sont-elles en train d'aligner leurs prix sur ceux de la métropole ? Ca y ressemble. « Par rapport au précédent observatoire (octobre 2017), on observe une légère diminution des tarifs moyens », note ainsi l'Iedom, émanation de la Banque de France dans les départements et collectivités d’Outre-mer, dans son dernier observatoire des tarifs bancaires (voir encadré).

En effet, à quelques exceptions près, tous les prix moyens pondérés des produits et services, présents dans l’extrait standard des tarifs, sont soit en baisse, soit stables. L’évolution la plus notable concerne les frais de tenue de compte. Ces derniers ont reculé de 4,5% entre octobre 2017 et avril 2018, passant de 20,13 euros payés annuellement par les Outre-marins, à 19,23 euros par an. Concernant les autres produits et services, les baisses se limitent à quelques centimes : -0,01 euro sur l’abonnement banque à distance, -0,04 sur les alertes SMS, -0,03 sur les retraits déplacés ou encore -0,02 sur la carte bancaire classique à débit différé.

Des tarifs pondérés par les parts de marché des banques

Publié tous les 6 mois, l’observatoire des tarifs bancaires aux particuliers de l'Iedom couvre les 36 établissements bancaires installés dans 6 territoires : les départements d’Outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte) ainsi que la collectivité de Saint Pierre et Miquelon. L'institut calcule les prix moyens des produits de l'extrait standard pondérés par le nombre de clients des banques. Par conséquent, des prix en baisse peuvent venir d'une baisse effective des tarifs dans une ou plusieurs banques, mais aussi de la migration des clients vers des établissements moins onéreux (La Banque Postale et le Crédit Agricole de la Réunion, notamment). Autrement dit, les chiffres de cette étude reflètent ce que paient en moyenne les habitants d'Outre-mer et non pas les prix moyens affichés par les banques.

Si l'essentiel des lignes tarifaires de l'extrait standard sont en baisse, la cotisation moyenne d’une carte de paiement internationale à débit immédiat (Visa ou MasterCard classique) augmente en revanche de 40,12 euros par an à 40,87 euros. Toutefois, les clients des banques d'Outre-mer la paient moins cher que ceux de métropole. En effet, d’après la dernière enquête du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), le tarif pondéré de cette cartes est de 44,18 euros annuels, soit plus de 3 euros supplémentaires. Le prix moyen pondéré de la carte à autorisation systématique connaît également une petite progression : +0,40 euro à 31,90 euros, contre 31,62 euros en France métropolitaine.

Vers des frais bancaires moins onéreux qu’en métropole ?

A l'image de la carte à débit immédiat déjà citée, les tarifs pondérés de l’extrait standard sont globalement moins élevés en Outre-mer qu’en métropole. Par exemple, l’abonnement mensuel à des alertes SMS est payé 1,94 euro en métropole, contre 1,54 euro en Outre-mer. Il y a toutefois deux exceptions : la carte à autorisation systématique – on l’a vu – et, plus notable, les frais de tenue de compte.

D’après le CCSF, les clients des banques en métropole paient leurs frais de tenue de compte en moyenne 18,74 euros, contre 19,23 euros pour les Outre-marins. Toutefois l’écart de prix diminue progressivement. En effet, alors que sur le continent ces frais progressent depuis 2010, ils reviennent de moins en moins cher aux habitants d’Outre-mer. Ainsi, en Guadeloupe, ils sont passés de 44,10 euros par an en avril 2009 à 22,76 euros en avril 2018.

Des disparités selon les territoires

Tous les habitants de l’Outre-mer ne sont pas logés à la même enseigne. Sur les 6 zones prises en compte dans l’observatoire de l'Iedom, les Guadeloupéens et les Martiniquais sont les moins bien lotis. Par exemple, une carte à débit différé coûte 45,33 euros à la Martinique, contre 43,54 euros à la Réunion. Côté assurance des moyens de paiement, les Guadeloupéens doivent s'acquitter de 25,82 euros par an, contre 23,61euros pour les Mahorais.

D’où viennent ces disparités ? A la façon des caisses régionales en métropole, les banques nationales ont différentes filiales en Outre-mer. Des établissements qui pratiquent des politiques tarifaires différenciées, à l'image de BNP Paribas et ses filiales BNP Paribas Antilles Guyane et BNP Paribas Réunion.

Les banques en ligne disponibles en Outre-mer

Pour réduire la facture, les habitants des Drom, comme ceux de la métropole, peuvent opter pour les banques en ligne, dont l'étude ne fait pas état.

La plupart des établissements en ligne acceptent également les personnes résidant dans les collectivités d'Outre-mer, comme Saint Pierre et Miquelon. C'est ce que nous ont confirmé Hello bank, Fortuneo, Boursorama Banque et Monabanq. De son côté, Orange Bank promet la disponibilité de son offre d'ici fin juin. Petite particularité pour Boursorama Banque, la procédure y est légèrement différente : l'ouverture d'un compte nécessite d'envoi d'un dossier par courrier.

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© cbanque.com / MEF / Mai 2018

Commentaires

Publié le 13 mai 2018 à 14h42 - #1XL
  • Homme

Bonjour,
Je suis désolé mais votre affirmation selon laquelle "la plupart des banques en ligne seraient accessibles aux résidents de l'outre-mer" est totalement fausse.
La plupart de ces banques refusent leurs services aux résidents français de l'outre-mer.
Résident de Saint Martin, je viens d'essuyer de nombreux refus d'ouverture de compte, par la plupart des banques françaises en ligne.
Plusieurs de ces banques refusent d'emblée les résidents des Antilles Françaises, la conversation téléphonique s'arrête là. D'autres prétextent la fiscalité particulière de la COM de Saint Martin (BforBank). D'autres, enfin, dont Fortuneo, n'écrivent pas les raisons de leur refus alors que pour tous les autres éléments on m'a fait savoir que j'entrais dans leurs critères de revenus et de "profil".
Les conditions générales de ces banques limitent d'emblée leur offre aux résidents de "France métropolitaine" et parfois de la Corse. Cette exclusion des résidents ultra-marins sur le critère du lieu de résidence fiscale est en principe une discrimination réprimée par la loi.
Fortuneo affiche clairement sur son site : "Pour demander l'ouverture d'un compte courant, vous devez répondre aux conditions suivantes : Être une personne physique majeure. Résider en France métropolitaine (résidence fiscale)."
Pourriez-vous creuser cette question en votre qualité de journaliste ?
Pour info je suis médecin hospitalier et n'ai jamais eu d'incident bancaire, j'ai le genre de dossier que les banques cherchent habituellement à récupérer. Le blocage se situe bien ailleurs.
Cordialement.
Dr XL

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Publié le 14 mai 2018 à 10h49 - #2Marie-Eve

Bonjour,
Nous avons de notre côté cherché à contacter les banques en ligne. Celles-ci sont restées floues sur leur ouverture aux habitants des collectivités d'Outre-mer. Certaines ayant ignoré nos relances.

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