Flat tax : une majorité de Français ne comprend pas sa mise en place

Le revenu imposable sur un avis
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L’entrée en vigueur du prélèvement forfaitaire unique, ou flat tax, en janvier 2018, n’a pas été favorablement accueillie. Près de 3 Français sur 4 considèrent la flat tax comme « une mauvaise mesure ».

« La flat tax est jugée très sévèrement » par les Français, comme le souligne le Cercle de l’épargne en commentaire de son étude annuelle, réalisée par le Cecop et l'Ifop (1). Lorsque l’institut de sondage s’adresse à l’ensemble des Français, 73% des personnes interrogées qualifient le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de « mauvaise mesure ». Cet accueil défavorable est généralisé dans la population : 69% des « épargnants » y sont défavorables, et 59% des Français disposant d’un patrimoine financier de plus de 50 000 euros y sont opposés.

Le Cercle de l’épargne, dirigé par l’économiste Philippe Crevel, souligne que la flat tax pâtit de « deux critiques contradictoires » : « Le taux de 30% peut être jugé excessif pour les produits d’épargne (notre enquête de 2016 fixant le taux idéal à 15%) et le même taux peut être jugé insuffisant s’agissant des dividendes des actionnaires. »

Lire aussi : Comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique, ou flat tax

Une mesure mal comprise

Ce mauvais accueil peut étonner car, pour de très nombreux épargnants, la flat tax se traduit par une baisse d’impôt. Mais les sondés semblent avoir été surtout marqués par deux évolutions défavorables liées à l'entrée en vigueur du PFU : la fiscalisation, dès la première année de détention, des intérêts des Plans épargne logement nouvellement ouverts, et l’application du PFU aux gains réalisés sur certains gros contrats d’assurance-vie.

Au-delà de la redistribution des cartes concernant la fiscalité de l’épargne, les personnes interrogées ne saisissent pas l’utilité de la mesure : « Seuls 18% des sondés pensent que cette mesure est utile pour l’économie française quand 34% estiment qu’elle est néfaste et 48% qu’elle est ni utile, ni néfaste », souligne le Cercle de l’épargne, en ajoutant : « Ce jugement est partagé par toutes les catégories sociales et par toutes les sensibilités de l’opinion publique. » Ainsi, seuls 35% des électeurs En Marche (LREM) interrogés jugent le PFU « utile pour l’économie ». Or, la mise en place de la flat tax, annoncée par Emmanuel Macron dès la campagne présidentielle, visait à simplifier la fiscalité du capital, à l’aligner sur les standards européens, et in fine à inciter les Français à investir dans l’économie réelle grâce à une fiscalité non dissuasive sur les placements les plus risqués.

L’ISF remplacé par l’IFI : une mesure légèrement mieux accueillie

Le recentrage de l’ex-impôt de solidarité sur la fortune (ISF) sur le seul patrimoine immobilier ne convainc pas beaucoup plus les Français. 61% des sondés estiment que le remplacement de l’ISF par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) est une « mauvaise mesure ». Mais cette question semble surtout laisser de marbre une large partie de la population. A la question « Que souhaitez-vous pour l’IFI ? », les personnes interrogées offrent une réponse très partagée : 29% souhaitent la suppression de l’IFI, 37% son maintien et 34% se disent indifférents.

Lire aussi : A quoi ressemble l’IFI, le nouvel ISF ?

(1) Enquête commandée par Amphitéa (association liée à AG2R La Mondiale) et le Cercle de l’épargne, réalisée par le Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique (Cecop) en ligne du 6 au 9 février 2018 auprès d’un échantillon de 1 002 personnes majeures représentatif de la population française, le terrain de l’enquête ayant été confié à l’Ifop.

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Commentaires

Publié le 5 avril 2018 à 06h44 - #1jeanréforme
  • Homme

La fiscalité n'est pas la seule devant éventuellement être incriminée dans cette affaire de rendement, de conservation a minima du capital placé.
Aux prélèvements fiscaux - et sociaux - il convient d'y ajouter l'inflation et les frais bancaires divers (d'entrée, de gestion, d'arbitrage, de rachat, ...) qui viennent diminuer ce rendement, notamment quand le rapport annuel (les intérêts) est faible.
Au point que tous prélèvements confondus, ce rendement peut être inférieur à zéro.

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