Treezor se veut le moteur des paiements des fintechs

Eric Lassus, COO et co-fondateur de Treezor, en avril 2018
DR

Prendre en charge la gestion des paiements des néobanques, et leur permettre de se concentrer sur la qualité de leurs applis : c’est la raison d’être de Treezor, établissement de paiement basé à Paris. Entretien avec Eric Lassus, son directeur de l’exploitation et co-fondateur.

Eric Lassus, d’où est venue l’idée de lancer Treezor ?

Eric Lassus : « En 2005, avec Xavier Labouret [aujourd’hui DG de Treezor, NDLR], nous avions créé ''Ameliste'', un site qui proposait des cagnottes en ligne accompagnées de cartes MasterCard. Nous étions sans doute la première fintech ! Puis, à partir de 2014, nous avons transformé notre activité, en nous concentrant sur l’accompagnement technique et réglementaire d’autres acteurs souhaitant mettre en place des services de paiement. »

Qui sont vos clients, et quels sont les services que vous leur proposez ?

E.L. : « Nous travaillons actuellement avec 23 sociétés. Des fintechs, comme Lydia ou Qonto, mais aussi des acteurs du secteur bancaire ou de la grande distribution. Nous leur proposons le type de services dont nous aurions aimé bénéficier à l’époque d’Ameliste : une offre de Bank-as-a-Service en marque blanche pour faciliter la gestion des flux et les paiements : carte, virement, prélèvement… Ce qui permet à nos clients de se concentrer sur le positionnement et la qualité de leur produit, et au final de gagner du temps. »

Quelle est votre valeur ajoutée par rapport aux banques qui sont en mesure de proposer le même type de services que vous ?

« Nous fonctionnons comme une plateforme mutualisée »

E.L. : « Treezor est un système ouvert, grâce au développement en interne d’API [interfaces de programmation qui permettent à un logiciel de fournir des services à d’autres logiciels, NDLR]. Cette ouverture, et l’agilité qui en découle, n’existe pas chez les grands industriels du paiement. L’autre grande différence, c’est le coût de nos services, de l’ordre de 10 fois inférieurs. Nous fonctionnons en fait comme une plateforme mutualisée : plus nos volumes augmentent, plus le système grossit, plus la communauté en profite. Ces caractéristiques nous permettent de servir des acteurs de toutes tailles, dont certains trop petits pour intéresser les banques. »

Comment travaillez-vous avec les néobanques ? Leur fournissez-vous un produit clé en main, ou faites-vous du sur-mesure ?

E.L. : « Notre objectif est d’avoir toute la chaîne de paiement disponible pour tous les types de besoins. Mais nous sommes particulièrement à l’écoute des acteurs français. Nous avons, par exemple, une relation privilégiée avec Lydia, qui a été le premier client de Treezor, dont nous avons accompagné la croissance et pour qui nous avons développé des services de paiement innovants. Au final, la plateforme s’enrichit de la diversité des projets de nos clients. »

Avez-vous l’intention de développer votre propre marque ?

« Cela nous va très bien d’être derrière la scène »

E.L. : « Clairement non, cela reviendrait à concurrencer nos propres clients. Cela nous va très bien d’être derrière la scène. Le marché répond bien, et nous allons conserver cet axe stratégique. »

Comptez-vous sortir des frontières françaises ?

E.L. : « Nous sommes particulièrement attentifs au marché national, et persuadés que Paris a tout pour devenir une place forte de la Fintech. Mais nous avons aussi l’ambition d’accompagner nos clients hors de nos frontières, comme c’est déjà le cas avec Lydia, et de devenir une référence en Europe. »

Quels sont vos ambitions à court terme ?

« Objectif 2 milliards de flux en 2018 »

E.L. : « En 2017, nous avons émis près de 100 000 cartes de paiement et géré plus de 200 millions d’euros de flux. Nous pensons pouvoir atteindre les 2 milliards en 2018. Nous sommes également engagés dans un processus de levées de fonds, qui devrait aboutir très prochainement. Ce qui nous permettra d’investir dans la recherche et développement, et dans la lutte contre la fraude. Le développement du temps réel, notamment, augmente le risque opérationnel. C’est un vrai challenge. »

Fiche d'identité : Treezor
ActivitéBank-as-a-service
Site webwww.treezor.com
Date de créationOctobre 2015
Date de lancementJuin 2016
Clientèle viséeÉtablissements financiers
Marché viséFrance et Europe
AgrémentEtablissement de paiement (ACPR)
Capital2 250 000 €
Chiffre d'affaires1 100 000 €
Nombre de clients23
Effectif actuel30
Partager cet article :

© cbanque.com / Propos recueillis par VM / Avril 2018