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Révolution numérique : comment les banques adaptent leurs tarifs

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Homme d'affaires équilibrant une balance en bois
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Les évolutions technologique et réglementaire qui affectent l’industrie bancaire depuis une dizaine d’années modifient ses pratiques tarifaires. Confirmation avec les relevés 2018 de l’Observatoire des tarifs bancaires.

D’un côté une révolution technologique, liée à la généralisation de l’usage du web et des smartphones ; de l’autre, une révolution réglementaire, impulsée depuis Bruxelles au nom du principe de libre concurrence. Depuis une dizaine d’années, l’industrie de la banque de détail vit une période de bouleversements, qui affecte sa manière de gagner de l’argent, et donc de facturer ses produits et services.

Les traces de cette double révolution sont-elles perceptibles dans les grilles tarifaires des banques, que le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) passe régulièrement au crible dans le cadre de son Observatoire des tarifs bancaires ? Oui. Pour la première fois, l’institution vient de publier, à chaud, les relevés qu’elle a effectués début 2018 (1). Et ils confirment, voire affinent, des tendances déjà observées depuis plusieurs années.

Le web plutôt que l’agence

De plus en plus, les banques à réseau ont tendance à pousser leurs canaux numériques aux dépens de leurs agences physiques. Premier indice : 85 banques sur les 112 du panel du CCSF, 6 de plus qu’en 2017, ne font pas payer la gestion des comptes en ligne. Le coût moyen de cette ligne tarifaire est ainsi en nette baisse, de plus de 30% en un an. Chez les banques qui persistent à facturer ce service, il coûte entre 12 et 51,12 euros par an.

Deuxième indice : l’écart de prix entre les opérations en agence et en ligne va croissant. Exemple avec les virements : la plus forte hausse 2017-2018 concerne ainsi les virements initiés en agence, dont le coût a augmenté de près de 9%, pour atteindre 7 euros dans certaines enseignes. Près de 4 banques sur 10 (45 au total) ont augmenté le prix de ce service au cours de la dernière année, contre seulement 3 qui l’ont diminué. Dans le même temps, les virements initiés en ligne sont désormais quasi-systématiquement gratuits. Une seule banque, sur 112, fait exception.

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La carte de crédit de plus en plus compétitive

Depuis la fin 2015, un règlement européen plafonne les commissions d’interchange, la rémunération touchée par les banques lorsqu’un de leurs clients paye avec sa carte : 0,20% du montant payé pour les cartes de débit (à débit immédiat), 0,30% pour les cartes de crédit (à débit différé). En résumé, les banques ont intérêt à équiper leurs clients des secondes, qui leur rapportent plus à l’usage.

Conséquence : depuis cette date, l’écart de prix entre débit immédiat et débit différé a tendance à se réduire. C’est encore le cas en 2018. Une carte de paiement à débit différé coûte désormais 43 euros par an en moyenne, un prix en baisse de 3,4% sur un an. Sur la période, 23 acteurs ont diminué le tarif de ce produit, contre 18 qui l’ont augmenté. La « débit immédiat », elle, coûte désormais 41 euros, en petite hausse de 0,6%. A ce rythme, la première, qui offre pourtant un service supplémentaire (un crédit à très court terme), sera bientôt plus avantageuse que la seconde.

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Atterrissage pour les frais de tenue de compte

Contraintes d’un côté d’investir massivement dans leur transformation numérique, confrontés de l’autre à un rétrécissement de leur marge d’intérêt, taux bas obligent, les banques ont généralisé ces dernières années un ligne tarifaire autrefois plutôt rare : les frais de tenue de compte. Résultat, des hausses très spectaculaires du coût moyen : +15,5% en 2014 selon le CCSF, +34% en 2015 et +21% en 2016 selon cBanque. L’inflation est désormais contenue : +1,10% sur un an, soit un tarif unitaire annuel moyen de 20,35 euros. 23 enseignes, soit 21,3% du panel, ont augmenté leur tarif au cours de la dernière année, contre une seulement qui l’a diminué.

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Alignement pour les commissions d’intervention

La pression sur les revenus des banques ne vient pas que des taux bas, mais aussi de la réglementation. Depuis janvier 2014, le coût unitaire d’une commission d’intervention - facturée notamment en cas de dépassement du découvert autorisé - est plafonné à 8 euros. Quatre ans plus tard, 105 banques sur les 112 du panel se sont calées sur ce montant. Parmi elles, certaines ont dû baisser leur prix pour se conformer à la réglementation, mais d’autres l’ont aussi relevé pour atteindre la limite réglementaire. Au final toutefois, la réglementation a plutôt atteint son objectif : depuis la fin 2009, le prix moyen de la commission d’intervention a baissé de 8,8% .

Extrait standard des tarifs : 8 baisses, 5 hausses

Parmi les 11 lignes tarifaires - correspondant à 14 types de tarification - examinées par l’observatoire des tarifs bancaires, 8 sont en baisse, parfois fortes, au 5 janvier 2018, par rapport au 5 janvier 2017, 5 sont en hausse et 1, déjà gratuite, ne bouge pas. Ce qui ne veut pas dire que globalement, les frais bancaires ne continuent pas d’augmenter. Les banques ont en effet tendance à faire un effort particulier sur l’extrait standard des tarifs, très exposé en exergue de leur brochure, mais à se rattraper sur certaines lignes annexes plus discrètes.

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(1) Données tarifaires non pondérées des extraits standards des tarifs de 104 banques à réseau et 8 banques en ligne, applicables au 5 janvier 2018 et disponibles sur les sites Internet des établissements le 15 janvier 2018 au plus tard.

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© cbanque.com / VM / Mars 2018