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Comptes alternatifs : Compte Nickel reste loin devant Revolut et N26

Jeune homme tenant un iPhone et une carte bancaire
© Kirill - Fotolia.com

Un des faits marquants de 2017 aura été l’apparition en France d’un marché de la néobanque, avec une multiplication de ses acteurs. Compte Nickel, N26, Revolut, C-zam : ces comptes de paiement alternatifs ont-ils convaincu les clients ?

Néobanques ? Banques « challengers » ? Comptes de paiement alternatifs ? La terminologie n’est pas encore figée. Le phénomène, pour autant, est bien réel. A côté du marché traditionnel de la banque de détail, de ses acteurs à réseau d’agences ou 100% en ligne, s’est installée en 2017 une offre alternative, où 4 acteurs se distinguent et d’autres frappent à la porte.

Toutes ces néobanques ont un point commun : l’initiative de leur création est venue de l’extérieur du secteur bancaire. « La tenue de compte et des moyens de paiement est un métier devenu purement technologique », se plaît ainsi à rappeler Hugues Le Bret, fondateur et président du Compte Nickel, pour justifier la pertinence de nouvelles offres, qui mettent en effet l’accent sur l’accessibilité, le temps réel, la transparence tarifaire… Moins, évidemment, sur les limites de leurs catalogues - du paiement et un peu d’assurances, mais pas de crédit et d’épargne dans l’immédiat - ou de leurs usages - cartes à autorisation systématique, IBAN étranger pour certaines.

Lancées sans recours à la publicité de masse - un autre point commun -, ces nouvelles enseignes n’ont pas encore bousculé le marché de la banque de détail. Mais elles y ont indéniablement trouvé leur place, comme le montre le tableau ci-dessous :

EnseigneDate du lancement
officiel en France
Nombre de comptes
ouverts à la fin 2017
Compte NickelFévrier 2014800 000
RevolutJuillet 2017200 000
N26Janvier 2017200 000
C-zamAvril 2017120 000 (estimation)

NB : les données compilées dans ce tableau sont celles déclarées par les acteurs eux-mêmes. Il s’agit du nombre de comptes ouverts : tous pour autant ne sont pas forcément actifs ou à jour de cotisation. C-zam n’ayant pas donné suite à nos sollicitations, le chiffre fourni est une estimation, calculée à partir du nombre de clients revendiqués après six mois d’exploitation (90 000 fin octobre 2017) et en prenant pour hypothèse que la conquête clients s’est poursuivie sur le même rythme jusqu’à la fin de l’année.

Compte Nickel, la prime à l'ancienneté

Précurseur de la néobanque en France, le Compte Nickel, lancé en février 2014, ne faiblit pas. Au contraire : à mesure que s’ouvrent de nouveaux points de vente - le produit est distribué en exclusivité par les bureaux de tabac -, il compte environ 30 000 nouveaux comptes par mois, et a dépassé les 800 000 fin 2017.

Au cours de l’été dernier a débuté le deuxième épisode de l’histoire de Compte Nickel. En même temps qu’elle annonçait avoir atteint son seuil de rentabilité, la fintech a en effet bouclé son rachat par BNP Paribas. Dans l’immédiat, la banque parisienne semble lui avoir laissé toute sa liberté. Cela peut-il changer à l’avenir ? Possible, mais peu probable, tant la formule semble fonctionner.

N26 et Revolut au coude à coude

Si les néobanques ont certains points communs, déjà soulignés, elles présentent aussi des différences, qui distinguent notamment le Compte Nickel de ses deux principaux outsiders, N26 et Revolut. Alors que la première s’appuie sur un réseau de distribution physique - les buralistes -, les deux autres revendiquent en effet leur statut de banque mobile et dématérialisée, et s’adressent donc à un segment de clientèle plus spécifique, plutôt jeune et très à l’aise avec les nouvelles technologies.

Cela n’empêche pas les deux enseignes de trouver leur public en France, à bonne distance il est vrai de Compte Nickel. Lancée officiellement en janvier 2017 dans l’Hexagone (après un premier aller-retour de décembre 2015 à avril 2016), l’Allemande N26 revendique 200 000 comptes ouverts fin 2017, au rythme actuellement très élevé de 5 000 par semaine. 200 000 comptes, c’est également le chiffre revendiqué par la Britannique Revolut, disponible pour les clients français depuis son lancement en 2015, mais qui n’ouvre des comptes en euros que depuis juillet 2017.

C-zam, outsider de poids

Le succès du Compte Nickel a donné des idées à Carrefour. La banque du géant de la distribution a lancé en avril dernier C-zam, un compte de paiement distribué dans les supermarchés de la marque, moyennant 5 euros à l’ouverture et un euro par mois ensuite. Comme Compte Nickel, la cible est large : des clients mal bancarisés, en difficulté financière mais aussi des personnes en quête d’un compte de complément pour leurs achats en ligne ou leurs voyages.

Là encore, le succès semble au rendez-vous : en octobre dernier, C-zam revendiquait 90 000 comptes ouverts en 6 mois et, au rythme moyen de 3 500 nouveaux comptes par semaine, a probablement dépassé les 120 000 fin 2017.

Lydia, Morning, Max et les autres…

Si elle refuse l’étiquette de néobanque, Lydia est également un acteur à suivre. Grâce notamment à son implantation sur les campus universitaires, le service de paiement revendique un million d’usagers en France. Il a aussi lancé une carte bancaire en 2017 et compte encore enrichir son offre en 2018.

Après avoir failli disparaître début 2017, la fintech toulousaine Morning a relancé, sous l’impulsion de son nouvel actionnaire E. Leclerc, ses offres à destination des particuliers. Elle revendique 100 000 clients en France.

Lancé en novembre dernier, Max se différencie par l’accent mis sur le conseil et l’agrégation de comptes et de cartes externes. Pas de chiffres dans l’immédiat pour le service développé par une fintech interne au Crédit Mutuel Arkéa.

En savoir plus sur Compte Nickel, N26, Revolut et C-zam.

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© cbanque.com / VM / Février 2018