Immobilier : des banques prêtes à tout pour attirer le client

Ligne de départ d'athlétisme sur fond de paysage urbain
© Romolo Tavani - Fotolia.com

En ce début d’année, les banques sont prêtes à beaucoup d’efforts pour attirer des emprunteurs de plus en plus rares sur le marché. Résultat : des taux en baisse, surtout sur les meilleurs profils, constatent les courtiers spécialisés.

Plus de 250 milliards d’euros en 2016, 272 milliards en 2017 : les banques viennent de boucler deux années exceptionnelles en matière de production de crédit immobilier. Mais elles le savent : elles ont mangé leur pain blanc et 2018 s’annonce sous des auspices moins favorables.

Les courtiers spécialisés le constatent également : le marché apparaît affaibli. « Les volumes de nouveaux emprunteurs (primo-accédants) lançant leur projet sont en nette baisse en janvier 2018 par rapport à janvier 2017 : -34%. Dans un même temps, les secundo-accédants sont aussi moins nombreux : -34% », note ainsi Empruntis. Le courtier estime même que le marché est « à un tournant ».

Un risque de ralentissement de l’activité

Même son de cloche du côté de Vousfinancer : « En janvier, [la demande de crédits] ressort ainsi en baisse de 30 % par rapport à janvier 2017 ». Cet attentisme de début d’année, toutefois, n’est pas complètement inhabituel. « Traditionnellement, le redémarrage de l’activité est souvent un peu lent en début d’année, sauf en 2017 où la hausse des taux avait incité les acheteurs à passer à l’acte… », analyse Jérôme Robin, directeur général de Vousfinancer.

Pas inhabituel, mais tout de même : Cafpi s’inquiète d’un risque de ralentissement de la production de logements en France et demande au gouvernement de revenir sur certaines mesures récentes, comme les restrictions de l’accès à l’APL Accession ou le recentrage du PTZ. « « Ces mesures seraient peu coûteuses, par rapport à l’apport de l’immobilier à l’économie française », argument Philippe Taboret, porte-parole du courtier. « Alors que la croissance et l’inflation semblent être de retour, que le pays va mieux, il est urgent de tout faire pour éviter que cette embellie ne soit que de (très) courte durée ».

Lire aussi : Immobilier : ce qui change en 2018

« La course aux clients a démarré »

Ce qui pourrait à terme devenir une source d’inquiétude pour l’activité et l’emploi fait, dans l’immédiat, plutôt office de bonne nouvelle pour les emprunteurs. « La course aux clients a démarré (…) ! », annonce Empruntis, qui constate que les « banques gardent des ambitions élevées pour 2018 » et sont donc prêtes à tout ou presque pour attirer des emprunteurs devenus plus rares.

Résultat : dans les barèmes reçus début février par Empruntis, des taux moyens globalement stables sous les 2% :

  • 1,20% pour un prêt sur 10 ans,
  • 1,50% sur 15 ans,
  • 1,70% sur 20 ans,
  • 1,90% sur 25 ans,
  • 2,75% sur 30 ans (en hausse).

Dans le même temps, les taux minimum, réservés aux meilleurs dossiers, sont en baisse : -0,13% sur 15 ans (0,97%), -0,11% sur 20 ans (1,19%), -0,12% sur 25 ans (1,43%) et jusqu'à -0,26% sur 30 ans (1,70%).

Un constat partagé par Vousfinancer dans son baromètre des « chouchous des banques », qui s’intéresse aux emprunteurs à haut potentiel pour les banques, principalement des primo-accédants à revenus confortables (plus de 5 000 euros par mois à deux). « Les taux de crédit pour [eux] sont revenus au niveau de mi-2016 », constate Sandrine Allonier, directrice des relations banques. A Nantes et Montpellier, des clients possédant le bon profil ont ainsi obtenu récemment du 1,20% sur 20 ans…

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© cbanque.com / VM / Février 2018

Commentaires

Publié le 14 février 2018 à 01h58 - #1Ambi
  • Homme

5000€ de revenus (à 2) pour bénéficier d'un prêt immobilier. .... bizarrement emprunter seul a 2800€/mois semble être une source de refus. Être primo accédant seul pose problème... ou alors fournir un apport conséquent. Mais être primo accédant veut aussi dire commencer dans la vie active.... où est l'erreur

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