Revolut ne se voit pas comme un concurrent des banques en ligne

Carte de paiement Revolut
DR

Demande d’agrément bancaire, nouveaux produits, ambitions : le point sur l’actualité de la néobanque Revolut avec son porte-parole en France, Benjamin Belais.

Benjamin Belais, Revolut dispose aujourd’hui d’un agrément d’établissement de monnaie électronique obtenu en Grande-Bretagne. Vous avez toutefois demandé à la Banque centrale européenne un agrément bancaire. Est-ce en perspective du Brexit ?

Benjamin Belais : « Nous aurions pu continuer à opérer avec notre agrément actuel. Cette licence bancaire va surtout nous permettre de diversifier nos produits. Dans les mois à venir, nous allons proposer des produits d’investissement, du découvert, des cagnottes pour économiser, etc. »

Aspirez-vous à rapprocher votre offre de celle des banques traditionnelles ?

« Des produits différenciés, plus efficaces et moins chers »

B.B. : « Non, ni même de celles des banques en ligne. Nous restons une société technologique, qui développe une plateforme permettant de gérer facilement son argent, sans frontières, grâce à des produits différenciés, plus efficaces et moins chers. Les nouveaux acteurs qui promettent toute la banque dans son téléphone ont tendance à se rattacher à ce qui existe déjà. Nous avons l’ambition de tout repenser à partir de zéro. »

Quand espérez-vous obtenir cet agrément bancaire ?

B.B. : « Le dossier a été déposé en novembre dernier et devrait aboutir d’ici la fin du 1er trimestre 2018. »

Des IBAN en FR à venir pour les utilisateurs français

De plus en plus, le marché de la banque doit se penser au niveau européen. Revolut en est un bonne exemple. Néobanque basée à Londres, fondée par un Russe et un Ukrainien, c’est en Lituanie qu’elle a préparé son dossier d’agrément, accompagnée par la banque centrale locale.

Le changement d’agrément sera transparent pour les utilisateurs de Revolut. Seul changement apparent : les usagers français vont obtenir un numéro de compte IBAN en FR, en lieu et place de l’actuel identifiant bancaire britannique.

Contrairement à certains de ses concurrents, Revolut ne pénalise pas les clients qui n’utilisent pas régulièrement le compte. Comment parvenez-vous à joindre les deux bouts avec ce modèle économique ?

« Capable de rentabiliser un client très rapidement »

B.B. : « Notre modèle économique fonctionne. Nous avons intégré la majeure partie de la chaîne de valeurs, nous avons peu de frais, nous sommes donc capables de rentabiliser un client très rapidement, sans que cela représente un gouffre financier. Ce qui est fou, c’est surtout qu’en 2018 Revolut soit encore le seul chez qui la gratuité (1) n’est pas assortie de conditions ! La disparition des frais cachés fait partie de notre mission. Nous avons beaucoup d’utilisateurs qui utilisent Revolut complètement gratuitement. A nous d’enrichir l’offre, de proposer des produits intelligents pour les inciter à souscrire. C’est ce que nous avons fait en proposant récemment des assurances [voir plus bas] par exemple, ou un accès simplifié aux cryptomonnaies. »

Ne craignez-vous pas que les cryptomonnaies inquiètent et fassent fuir certains clients ?

B.B. : « Il s’agit au contraire d’une très forte demande de nos utilisateurs, avec qui nous communiquons beaucoup pour décider des nouveaux produits. Les cryptomonnaies sont un marché de niche mais aussi un sujet de société, dont on parle au 20h. Une de nos promesses est d’emmener nos usagers au-delà de la banque [Référence à Beyond Banking, un des slogans de la marque, NDLR]. C’est ce que nous faisons avec les crypto : nous proposons un accès hyper simple, à prix cassé. Evidemment, personne n’est obligé de les utiliser. »

Quels sont aujourd’hui vos principaux concurrents ?

« Faire sauter le frein psychologique »

B.B. : « Ce sont moins les autres néobanques que les banques traditionnelles, parmi lesquelles je compte les banques en ligne. Nous devons encore réussir à faire sauter le frein psychologique qui empêche certains types de clientèle de nous rejoindre. »

Revolut revendique 150 000 clients en France, 1 million en Europe (2). Quels sont les prochains pays sur la liste ?

B.B. : « Un des slogans de Revolut est The Global Money App [l’application globale de gestion d’argent, NDLR]. Il n’y a pas de frein technique qui nous empêche d’offrir partout nos services. L’extension à de nouveaux pays est dans l’ADN de la marque. Dans les prochaines semaines, nous allons ainsi nous lancer aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, à Singapour, à Hong Kong… »

Une assurance voyage géolocalisée et payable à la journée

Revolut a l’ambition de proposer chaque mois de nouveaux services. Dernier en date : une assurance voyage géolocalisée et payable à la journée, en partenariat avec Thomas Cook Money. Une « première mondiale », selon Benjamin Belais.

Elle se déclenche automatiquement lorsque Revolut détecte, grâce à la géolocalisation de votre téléphone, que vous êtes à l’étranger. Pour un euro par jour, vous bénéficiez alors d’une couverture médicale et dentaire. La couverture des personnes qui vous accompagnent, ou des risques spécifiques liés aux sports d’hiver, est possible en option.

Plus d'infos sur le compte Revolut

(1) La fabrication et l'envoi de la carte sont facturés 6 euros. (2) Revolut est aujourd’hui présente dans tous les pays de l’Espace Economique Européen.

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© cbanque.com / Propos recueillis par VM / Janvier 2018

Commentaires

Publié le 26 janvier 2018 à 23h09 - #1nono62
  • Homme
  • Arras
  • 57 ans

Je me pose la question de savoir à quoi peut servir revolut pour ceux qui restent en France ou en Europe € et qui vont rarement ou jamais hors € ?
Hormis 6€ d'inscription et sans abonnement quel est le lézard?

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