Prêt à taux zéro 2018 : de quel montant pouvez-vous bénéficier ?

Un maison en construction
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Vous voulez devenir propriétaire en 2018 ? Bonne nouvelle : le PTZ n'a pas été trop fortement raboté, finalement ! Il est encore possible de profiter du Prêt à taux zéro partout en France.

Petit rappel : le Prêt à taux zéro est réservé aux emprunteurs achetant un bien immobilier pour la première fois, ou « primo-accédants » (1), sous conditions de ressources. Principal changement avec le « PTZ 2018 » : une différenciation plus importante entre zones urbaines et rurales.

Vous avez un projet dans une grande agglomération

Paris, Lyon, Marseille, Toulouse mais aussi Caen, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Nazaire, Béthune ou encore Schiltigheim : toutes ces villes font partie de la zone A ou de la zone B1. Pour simplifier, ces zones englobent les agglomérations, autrement dit les plus grandes villes, leur banlieue proche et les communes environnantes. Si vous comptez acquérir un bien dans les agglomérations concernées, alors il faut nécessairement qu’il s’agisse d’un projet dans le neuf (construction ou achat dans un programme neuf) pour bénéficier du PTZ. Désormais, dans ces villes caractérisées par une pénurie de logements, les acquisitions dans l'ancien avec travaux ne sont plus éligibles !

En revanche, le montant finançable à taux zéro ne change pas : la quotité, fixée par un décret publié le 31 décembre au Journal officiel, est de 40% du montant de l'opération (dans la limite d'un plafond). Par exemple, pour une opération de 250 000 euros (hors frais de notaire), les ménages peuvent profiter d’un PTZ de 100 000 euros maximum, le reste étant couvert par un prêt bancaire classique.

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Le cas particulier des locataires HLM

Lorsqu'un locataire HLM souhaite acheter son logement, il peut bénéficier d’un PTZ quelle que soit la zone géographique. Ce dispositif ne change pas : la quotité finançable à taux zéro reste de 10% du montant de l’opération.

Vous avez un projet dans une ville moyenne ou rurale

Vous comptez acheter un logement à la campagne ou dans une ville à l'écart des grandes métropoles ? Vous êtes probablement en zone B2 ou C. Pour l’acquisition d’un logement neuf, la quotité est abaissée à 20%. Dans ces territoires où la demande de logements est jugée moins forte, le gouvernement comptait initialement supprimer le PTZ dans le neuf. Il a finalement été décidé de seulement réduire les montants financés. Ainsi, pour une opération de 200 000 euros, l’emprunt à taux zéro grimpera à 40 000 euros maximum.

Dans les villes moyennes, le gouvernement souhaite en priorité favoriser la rénovation des bâtiments existants. La quotité du PTZ dans l'ancien avec travaux reste ainsi à 40%, alors qu’une baisse avait été envisagée. Concrètement, pour un projet de 150 000 euros, travaux compris, 60 000 euros pourront être financés à taux zéro. Comme ces dernières années, pour profiter du PTZ dans l'ancien, les travaux doivent représenter au moins 25% du montant global de l’opération. Petite nouveauté : la vente en l’état futur de rénovation (VEFR), c'est-à-dire l’achat d’un appartement auprès d’un promoteur rénovant un immeuble, devient éligible.

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Un Prêt à taux zéro raboté en 2020

Le PTZ entre dans une période de transition de 2 ans. L'objectif du gouvernement reste de mieux « cibler » le Prêt à taux zéro selon les besoins des territoires. Si le dispositif a été prorogé jusqu'en 2021, la loi de finances a déjà prévu une limitation dès 2020. Le « PTZ neuf » sera alors réservé aux grandes agglomérations. Dans les communes rurales et villes moyennes (zones B2 et C), les primo-accédants ne pourront en profiter que s’ils rénovent un logement ancien. Par ailleurs, d’ici là, le classement des communes sera affiné, probablement dans le courant de l’année 2018.

Combien le PTZ 2018 coûtera-t-il à l’Etat ?

Les banques ne vous font évidemment pas cadeau d’un crédit à taux zéro ! C’est l’Etat qui finance le dispositif en les dédommageant. L’étude d’impact, publiée en annexe du décret fixant les modalités 2018 du PTZ, estime à 1,46 milliard d’euros le coût des crédits ainsi subventionnés lors de l'année à venir.

L'Etat anticipe en effet 108 000 Prêts à taux zéro octroyés en 2018, dont 20 000 dans l’ancien avec travaux (19%). En 2016, sur 114 943 prêts accordés, 77% des financements concernaient le neuf, 21% l'ancien avec travaux et 2% l’acquisition d’un logement HLM, pour un « coût générationnel » de 1,5 milliard d’euros. La part de l'ancien était similaire au 1er semestre 2017. Le gouvernement anticipe donc une très légère diminution du coût du PTZ pour les finances publiques.

(1) Seuls les primo-accédants sont éligibles au PTZ. S’entend par « primo-accédant » un ménage qui n’a pas été propriétaire de sa résidence principale pendant plus de 2 ans au moment de souscrire le crédit immobilier.

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© cbanque.com / BL avec MB et Frédéric VERGNE / Janvier 2018