Crédits immobiliers : la hausse des prix pèse déjà sur la demande

Un compromis de vente
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Quasi stables depuis avril, les taux d'intérêt des crédits immobiliers accordés aux particuliers par les banques en France ne devraient remonter que lentement en 2018, mais ne compenseront plus partout la hausse des prix, estiment les professionnels.

En novembre, les taux des prêts du secteur concurrentiel, toutes durées confondues, se sont établis à 1,54% contre 1,55% en moyenne en octobre, a annoncé mardi l'observatoire Crédit Logement/CSA. « Depuis mi-novembre et en particulier début décembre, une dizaine de banques nationales et régionales » ont à nouveau très légèrement baissé leurs taux, observe de son côté le réseau de courtiers en crédits immobiliers Vousfinancer.

Excepté un établissement bancaire qui a légèrement remonté ses taux sur les prêts les plus longs, la plupart des autres ont opté pour le statu quo et se réservent « la possibilité de faire des baisses de taux au cas par cas, en fonction des profils d'emprunteur à financer », rapporte le réseau.

Une remontée 2018 en pente très douce

Selon sa directrice des relations banques, Sandrine Allonier, « les banques cherchent à être attractives en cette fin d'année pour commencer la prochaine dans les meilleures conditions, dans un contexte probablement moins favorable qu'en 2017 ». Car l'année qui s'achève devrait marquer un record en termes de transactions et de production de crédits, « ce qui laisse présager un petit recul en 2018 », estime Vousfinancer.

Le réseau table toutefois sur des taux encore avantageux au premier trimestre 2018 « au minimum », car les banques se sont fixé des objectifs de distribution de crédits immobiliers « élevés » l'an prochain. De son côté le courtier Cafpi prévoit, « sauf événement imprévu », des taux sur 20 ans à 2% d'ici fin 2018, soit le même niveau qu'en janvier 2016. Malgré une légère remontée, ils seront donc toujours très attractifs.

Un risque d'exclusion pour les primo-accédants

En revanche la « hausse rapide des prix de l'immobilier pèse » d'ores et déjà « sur une demande qui s'affaiblit progressivement », observe Crédit Logement/CSA. Ainsi dans la capitale les taux bas ne vont bientôt plus compenser cette envolée des prix : un nouveau record de 9.190 euros le m2 est anticipé par les notaires franciliens dès janvier.

Or à ces niveaux de prix, « on ne peut plus acheter que 22,3 m2 avec des taux moyens à 1,6% sur 20 ans, contre 24 m2 en 2010 ou 2016, avec des taux pourtant à 3,75% et 2,45% sur 20 ans, mais des prix bien plus bas », observe Vousfinancer. Les primo-accédants ne seront probablement plus en mesure d'acheter dans la capitale - déjà, 100% des clients de Vousfinancer ont un apport personnel, rapporte son directeur général Jérôme Robin.

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