Les députés LR s'offrent une tribune sur l'agriculture

Champ de salades
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Les députés LR ont défendu jeudi dans l'hémicycle leurs propositions pour « restaurer la compétitivité de l'agriculture française », qui n'ont pas été reprises, à ce stade, par le gouvernement en plein Etats généraux de l'alimentation.

Le groupe LR, principal groupe d'opposition à l'Assemblée, avait choisi ce thème phare pour sa première « niche » parlementaire de la législature. L'auteur de la proposition de loi, Arnaud Viala (Aveyron), qui a dit travailler depuis deux ans dessus, a récusé toute « forme d'opportunisme » ou volonté « d'entraver les Etats généraux ».

Il s'agissait, selon lui, d'offrir « à nos agriculteurs une fenêtre d'espoir sur la prise en compte immédiate de leurs intérêts et de leurs attentes », au travers notamment d'un renforcement de leurs pouvoirs de négociation face aux industriels et aux distributeurs, et d'un allègement des normes et charges fiscales.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert (LREM, ex-PS), a reconnu que « certains articles vont dans le bon sens », mais a plaidé qu'« il nous faut aujourd'hui aller plus loin ».

Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu'il voulait légiférer par ordonnances au premier semestre 2018 pour rééquilibrer les contrats entre agriculteurs et distributeurs, ainsi que sur le seuil de revente à perte. « Nous irons vite », a insisté M. Travert jeudi.

Le groupe majoritaire La République en marche a fait adopter une motion de rejet préalable de la proposition LR. « Il est hors de question de discuter » du texte, « alors que des professionnels sont encore en train d'échanger afin de trouver des solutions concrètes à des problématiques qu'ils connaissent bien mieux que nous tous ici », selon les mots de leur orateur Jean-Baptiste Moreau (Creuse).

« Je ne suis pas un poulet de trois semaines. Je comprends bien le jeu de nos collègues Républicains, qui veulent se présenter en chantres de la ruralité et de l'agriculture et nous présenter comme des députés urbains, start-uppers, déconnectés des réalités du terrain », a accusé cet agriculteur de profession.

Bien qu'opposé à un prisme de « compétitivité » pour l'agriculture, le chef de file des députés communistes, André Chassaigne (Puy-de-Dôme), a déploré la motion LREM évacuant le débat, « méthode pratiquée par toutes les majorités » et relevant « du vieux monde parlementaire ».

M. Viala a aussi défié la majorité qui veut « casser les lignes entre droite et gauche, que les bonnes idées soient intégrées dans les politiques » mais doit selon lui passer aux actes.

Président du groupe MoDem, Marc Fesneau a salué « un travail sérieux » mais « qui pose un diagnostic lucide et même sévère » sur « ceux qui ont laissé filer l'agriculture vers son déclin », la droite comme la gauche ces dernières années. « Je peux comprendre que vous ayez envie de corriger vos erreurs », a-t-il glissé, sous des protestations à droite.

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