Royal propose de réserver les allègements ISF et « flat tax » à la croissance verte

Ségolène Royal en 2009
CC - Flickr Ségolène Royal

L'ancienne ministre de l'Écologie Ségolène Royal (PS) a proposé dimanche que les allègements fiscaux accordés par le gouvernement aux revenus financiers soient « exclusivement réservés aux investissements verts », sous peine d'« alourdir les inégalités sociales ».

« C'est une proposition que je mets sur la table : s'il doit y avoir allègements fiscaux sur la fortune financière, sur les mouvements financiers et sur les revenus du capital, ces allègements doivent être exclusivement réservés aux investissements verts, à la finance verte », a expliqué Mme Royal dans l'émission « Questions politiques » sur France Inter.

« Ça serait très intelligent », a-t-elle estimé, évoquant « un effet levier majeur pour réaliser ce qui a été décidé dans l'accord de Paris sur le climat, c'est-à-dire la réorientation de la finance mondiale vers l'investissement vert ».

Selon l'actuelle ambassadrice pour les pôles, cela permettrait aussi à la place de Paris de devenir celle de la finance verte, « puisque nous serions les premiers à faire une fiscalité verte sur la fortune financière ».

« Tout le reste n'a aucune raison d'être, parce qu'il n'y a aucune contrepartie, donc c'est un élément d'alourdissement des inégalités sociales », a-t-elle tranché.

Rappelant que ces quelque 4,5 milliards d'allègements fiscaux représentaient « 40% du budget des universités », elle a jugé que cet argent serait, dans ce cas, « mieux placé dans les universités ».

Refusant de faire un procès d'intention à Emmanuel Macron, qu'« on ne peut pas soupçonner de vouloir accroître les inégalités ou accroître le chômage », l'ancienne candidate à la présidentielle a rappelé qu'une réforme était bien acceptée « quand elle est juste, quand elle est comprise par les gens et quand ils peuvent se l'approprier ».

« Or, ce qui est incompréhensible dans la façon dont cette réforme est annoncée, c'est qu'on n'a pas la preuve du retour des exilés fiscaux » pour relancer l'activité économique, a-t-elle estimé.

Elle a également critiqué la méthode : annoncer la sortie de l'assiette de l'impôt sur la fortune des revenus du capital et la mise en place d'une « flat tax » pour ces mêmes revenus, en même temps que l'augmentation de la CSG pour les retraités. « Ça, c'est ravageur », a-t-elle observé.

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