Ferrand : taxer les biens luxueux n'est « pas en contradiction » avec la réforme de l'ISF

  • cBanque avec AFP
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Richard Ferrand
Richard Ferrand - DR

Taxer les biens luxueux « n'est pas en contradiction avec l'esprit de la réforme » de l'impôt sur la fortune (ISF), affirme dans un entretien à Ouest-France le président du groupe La République en Marche (LREM) à l'Assemblée, Richard Ferrand.

Alors que les députés LREM déposeront dans la semaine une centaine d'amendements au projet de budget 2018, Richard Ferrand estime que « des biens comme les yachts, les voitures de grand luxe ou les métaux précieux ne concourent pas à l'économie productive ». « Réintroduire des taxes sur ces valeurs n'est pas en contradiction avec l'esprit de la réforme et nous le faisons en accord avec le gouvernement pour un budget juste et efficace », assure-t-il dans un entretien dans l'édition dominicale de Ouest-France.

Le député du Finistère dit porter « personnellement » un amendement visant à taxer, à raison de 30 à 200 000 euros par an, les résidents français propriétaires de bateaux de plus de 30 mètres. Cela permettrait de « dégager 10 millions, qu'il sera possible d'affecter à la SNSM » (Société nationale de sauvetage en mer), sans affecter, selon lui, la plaisance et le tourisme de luxe.

« Normal que la très grande fortune participe à la solidarité »

« Je ne crois pas que quelqu'un en capacité d'investir plusieurs millions d'euros dans un yacht et plusieurs milliers d'euros pour son entretien annuel soit rebuté par cette taxe autrefois incluse dans l'ISF », explique-t-il. « Il me paraît normal que la très grande fortune de quelques-uns participe à la solidarité pour tous en contribuant à garantir plus de sécurité en mer. »

Les députés LREM proposeront par ailleurs de faire passer de 10 à 11% la taxe sur la cession des matières précieuses, déjà appliquée lors de la vente de lingots, de bijoux ou d'objets d'art de grande valeur. Ils souhaitent également la création d'une taxe additionnelle, plafonnée à 8 000 euros, pour les voitures de grand luxe, à partir de 36 chevaux fiscaux. « Comme pour les yachts, ça ne représentera pas plus que ce que les propriétaires déboursaient déjà dans le cadre de l'ISF, mais nous en attendons 30 millions de recettes annuelles », évalue Richard Ferrand.

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Par la rédaction avec AFP

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