Les Républicains : Woerth dénonce un budget 2018 de « petite continuité »

  • cBanque avec AFP
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Woerth lors de la présentation PLF2018
Capture d'écran - Direct de l'Assemblée nationale

Le projet de loi de finances (PLF) 2018 est un « budget de petite continuité » et non de rupture, a critiqué mercredi le député LR et président de la commission des Finances à l'Assemblée nationale Eric Woerth.

« Vous parliez d'un budget de grande rupture, c'est plutôt un budget de petite continuité », a-t-il déclaré lors de l'audition en commission des ministres de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire et des Comptes publics Gérald Darmanin. Il a en particulier fustigé l'augmentation « considérable du déficit de l'Etat », qui doit se creuser en 2018 de 6,4 milliards d'euros, et s'est interrogé sur les économies promises par le gouvernement. Ce dernier a revu à la baisse son objectif, de 20 milliards d'euros à 15 milliards.

« Le logement et les contrats aidés, c'est un peu court, cela ne peut pas expliquer l'ensemble de l'effort de dépense », a estimé Eric Woerth. Le député de l'Oise s'est par ailleurs « étonné » du fait que contrairement à ce qu'a annoncé le gouvernement, le PLF ne respectait « pas les engagements européens de la France ».

« Plein de petites hausses » de fiscalité pour « les ménages modestes »

Dans sa trajectoire macroéconomique, Bercy a inscrit un déficit public de 2,6% du produit intérieur brut (PIB) pour 2018, soit nettement inférieur à la barre des 3% de déficit imposée par Bruxelles. Mais en termes de déficit structurel - c'est-à-dire le déficit calculé hors effets de la conjoncture - la réduction ne sera que de 0,1 point de PIB en 2018, alors que le seuil imposé par les textes européens est d'au moins 0,5 point de PIB.

Eric Woerth a par ailleurs évoqué « plein de petites hausses » de fiscalité qui toucheront « les ménages modestes et ruraux, le carburant, le Livret A ». Un avis partagé par Damien Abad, vice-président du groupe LR à l'Assemblée nationale, qui a accusé dans un communiqué Emmanuel Macron de s'en prendre « aux classes moyennes et à la France des territoires ».

« La hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) va affaiblir une fois de plus la France des oubliés en augmentant la charge fiscale qui pèse sur les exploitants agricoles et les indépendants, comme les commerçants de proximité », a-t-il dénoncé, ajoutant qu'elle allait aussi « accroître la dépendance des personnes âgées ». Par ailleurs, la hausse du prix du gazole et le gel de projets d'infrastructures va accentuer « les fractures territoriales en limitant la mobilité des classes moyennes », selon Damien Abad.

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Par la rédaction avec AFP

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