Les diganostics de performance énergétique (DPE) sont toujours aussi peu fiables avec encore d'importantes différences de résultats pour une même maison en fonction des diagnostiqueurs, selon une nouvelle enquête d'UFC-Que Choisir. L'association a déjà critiqué à plusieurs reprises les pratiques en vigueur.

Sur 34 diagsnostics réalisés dans sept maisons, les résultats ont montré qu'« aucune des sept maisons auditées ne s'est vue reconnaître la même classe énergétique par les diagnostiqueurs sollicités (en général 5 diagnostiqueurs par maison) », s'émeut UFC-Que choisir dans un communiqué diffusé jeudi. « On a un outil qui n'est pas fiable du tout » et cela « pose un problème » dans la mesure où le DPE doit permettre au consommateur d'évaluer sa facture énergétique (avec une différence de plusieurs centaines d'euros en fonction du classement) et la nécessité et le coût d'éventuels travaux de rénovation, a commenté Nicolas Mouchnino, chargé de mission énergie et environnement à l'UFC.

Par ailleurs, ces DPE, obligatoires pour toute vente ou mise en location d'un bien, « ont un impact de plus en plus important sur les prix des logements », ajoute-t-il. Une des maisons étudiées, située dans les Vosges, s'est ainsi vue classée à trois niveaux différents (E, F et G).

Des contrôles à renforcer

Ce n'est pas la première fois que l'UFC-Que Choisir alerte sur ces évaluations « à géométrie variable ». L'association met en cause les lacunes des logiciels utilisés mais surtout le travail de certains diagnostiqueurs avec un temps passé dans le logement « qui va de 20 minutes à 3 heures », selon M. Mouchnino. Par ailleurs, l'association pointe des recommandations de travaux « fantaisistes » de la part des diagnostiqueurs.

L'UFC-Que Choisir demande donc à ce que les contrôles soient renforcés et que la responsabilité du diagnostiqueur puisse être engagée en cas d'erreur, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. « Le DPE est la première brique de la rénovation et si cette première brique est fausse, vous pouvez être sûr que le reste est catastrophique », assure M. Mouchnino, alors que le gouvernement veut anéantir les passoires thermiques d'ici dix ans.

Le DPE permet de connaître les consommations d'énergie, leur impact sur l'effet de serre et de favoriser leur maîtrise, en classant les biens en sept catégories de A (50 kWh/mètre carré/an) à G (450 kWh/m2/an).