Budget 2017 : la hausse de la redevance audiovisuelle rejetée par l'Assemblée nationale

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Le PS s'est divisé vendredi de manière un peu inattendue à l'Assemblée sur une augmentation exceptionnelle d'un euro de la redevance audiovisuelle, que le gouvernement proposait dans son projet de budget 2017 et que les députés PS ont finalement rejetée.

Au terme de près d'une heure de débat houleux, les députés n'ont voté que l'augmentation automatique d'un euro due à l'inflation, rejetant celle d'un euro supplémentaire qui devait rapporter une trentaine de millions d'euros à l'audiovisuel public, et notamment à France Télévisions. C'est la rapporteure générale du Budget Valérie Rabault (PS), soutenu notamment par Razzy Hammadi, qui a mené la fronde au nom de l'engagement « de ne pas alourdir la charge fiscale sur les foyers français ».

« Je ne vois pas pourquoi une retraitée du Tarn-et-Garonne [sa circonscription d'élection, NDLR] qui reçoit mal la TNT devrait financer le bouclage du budget de France Télévisions alors que le gouvernement lui a dit l'an dernier que la redevance n'augmenterait pas », a lancé Valérie Rabault à la ministre de la Culture Audrey Azoulay.

« On parle d'un euro par an ! »

Valérie Rabault et Razzy Hammadi ont été accusés de « posture et démagogie » par l'orateur du groupe PS Dominique Lefebvre. « On ne parle pas d'une augmentation d'un euro par jour, par semaine, par mois... non on parle d'un euro par an ! Quand on est de gauche, on veut garantir l'indépendance de l'audiovisuel public », a répliqué Dominique Lefebvre, classé à droite du groupe PS mais soutenu pour une fois par le frondeur Pascal Cherki.

Audrey Azoulay a plaidé en vain que la redevance, aujourd'hui de 137 euros, restait inférieure à celle du Royaume-Uni (170 euros) et de l'Allemagne (216 euros), qu'elle ne servirait pas à financer uniquement France Télévisions mais aussi par exemple le lancement de France 24 en espagnol ou Arte.

« C'est le législateur qui décide »

« C'est le législateur qui décide », a vertement répondu Valérie Rabault quand Audrey Azoulay et le président de la commission des Affaires culturelles Patrick Bloche (PS) ont fait remarquer que l'Etat s'était engagé sur les ressources de France Télévisions dans son Contrat d'objectifs et de moyens. La rapporteure a ensuite « promis de s'opposer jusqu'à la fin » de la navette parlementaire à cette hausse de la redevance au cas où le gouvernement tenterait de revenir à la charge.

Les députés devaient discuter un peu plus tard dans la soirée d'une compensation pour France Télévisions via une affectation plus importante du produit de la taxe sur les opérateurs télecoms (TOCE) dont ils ont renoncé à augmenter le taux.

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Par la rédaction avec AFP

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