Patrimoine : la résidence principale, premier placement des Européens

  • Par
  • ,
Un lotissement
© ArTo - Fotolia.com

La résidence principale représente près de la moitié du patrimoine des ménages dans les principaux pays de la zone euro. En volume, l’investissement immobilier apparaît au second rang, assez nettement devant les actifs financiers, risqués ou non, selon une étude publiée cette semaine par la Banque de France.

55% des ménages français sont propriétaires de leur résidence principale. Et celle-ci pèse pour 48% du patrimoine brut de ces mêmes ménages, le patrimoine brut correspondant à la somme de tous les actifs détenus, sans tenir compte des crédits éventuels. Sur ces deux points, les Français apparaissent globalement dans la moyenne européenne à en croire le dernier numéro de « Rue de la banque », publication de vulgarisation économique de la Banque de France (1). Pour comparer avec d’autres grands pays de la zone euro, la résidence principale pèse pour 61% du patrimoine brut des Italiens, et pour 41% en Allemagne, pays où le taux de détention de la résidence principale est le plus faible du Vieux Continent (44%).

La pierre, 70% des actifs des ménages européens

Les auteurs de cette étude soulignent la diversité des causes amenant à ces disparités européennes : l’âge et les revenus de la population, la culture plus ou moins axée vers la transmission de patrimoine, la fiscalité, le fonctionnement du marché locatif, etc.

La détention d’actifs financiers apparaît ainsi secondaire dans la plupart des pays de la zone euro, la priorité revenant très clairement à l’immobilier : résidence principale et investissement immobilier réunis, la pierre « représente près de 70% de la valeur des actifs détenus par les ménages et le patrimoine financier environ 15% dont à peine 4% investi en actifs risqués ».

Actifs financiers risqués : des « biens de luxe »

Les auteurs de l’étude définissent mêmes les actifs financiers risqués (actions, fonds communs de placement et obligations) comme des « biens de luxe », puisque les montants investis « augmentent très fortement avec le niveau de richesse des ménages ».

En France, 22% des ménages détiennent ce type d’actif risqué à en croire cette étude, contre 20% en Italie, 23% en Allemagne, 31% en Belgique ou 39% en Finlande. Les Français sont ainsi à ranger parmi les Européens frileux puisque, parmi ces détenteurs, le patrimoine « risqué » médian est de 8.100 euros, contre 12.000 euros environ dans l’ensemble de la zone euro. L’Allemagne, l’Autriche ou l’Espagne affichent une médiane parfaitement en ligne avec ces 12.000 euros mais ce montant grimpe à 28.500 euros au Luxembourg, à 21.600 euros à Malte et à 20.100 euros en Belgique, des pays où de nombreux résidents se montrent attirés par ces actifs risqués. A contrario, les près de 40% de Finnois détenant des actions ou obligations ne s’y risquent qu’avec modération : le montant médian y est de 3.700 euros.

(1) Numéro 19, publié le 22 février 2016 : « Immobilier et actifs financiers des ménages : quelles différences de comportement au sein de la zone euro ? » L’étude est principalement basée sur une enquête statistique datant de 2010.

Partager cet article :

© cbanque.com / BL / Février 2016