Comment decrypter les documents d'information d'un fonds (DICI)

  • Par Jean-Paul RAYMOND (Quantalys)
  • Tribune d'expert
investissement
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Lorsque vous investissez dans un fonds, vous confiez de l’argent à un gestionnaire pour que celui-ci l’investisse à votre place. Pour pouvoir ouvrir ce fonds, le gestionnaire doit demander un agrément à l’autorité de tutelle du pays de commercialisation (l’AMF en France) et publier un prospectus qui regroupera les caractéristiques et les règles de gestion de son produit.

Ce document peut prendre de nombreuses formes différentes et s’avère parfois difficile à comprendre pour le grand public, surtout quand il n’est pas rédigé en français. C’est la raison pour laquelle, depuis juin 2012, le gestionnaire a l’obligation de publier le Document d’Informations Clef pour l’Investisseur (DICI) qui est un condensé des principales informations à connaitre sur le produit.

Ce document fait en général deux pages - là où certains prospectus en font jusqu’à 200 - et sa structure est toujours la même. Par ailleurs il est obligatoirement écrit dans la langue du pays de distribution du fonds ce qui en facilite la compréhension.

Enfin le DICI est lié à la part du fonds et non au compartiment ou à la Sicav, ce qui en simplifie la lecture par rapport à des prospectus. Ces derniers peuvent en effet concerner parfois plusieurs dizaines de produits pour un seul document (comme dans les Sicav « parapluie » luxembourgeoises par exemple).

Invariablement, les DICI contiennent cinq parties distinctes :

  • Objectif et politique d’investissement
  • Profil de risque et de performance
  • Frais
  • Performances passées
  • Informations pratiques

Objectif et politique d’investissement

Dans ce chapitre, le gestionnaire va décrire dans quel type d’actifs il va investir et définir l’indice de référence auquel il va se référer pour juger de la qualité de sa gestion. Cette section est importante car c’est elle qui va permettre de classer le fonds dans une catégorie et ainsi permettre de le comparer aux autres fonds investissant dans le même type de produit. Ce qui permettra en particulier de le noter. C’est aussi dans cette partie que vous trouverez la durée conseillée de détention du fonds dans le portefeuille. Plus le fonds investira dans des produits risqués, plus la période conseillée de détention sera longue.

Profil de risque et de performance

L’apparition du DICI a introduit une nouveauté : le Synthetic Risk and Reward Indicator plus connu sous l’acronyme SRRI. Cet indicateur de risque est matérialisé par une image avec une échelle de risque allant de 1 à 7. Il s’agit en réalité d’un calcul de volatilité à 5 ans qui est retranscrit sur cette échelle. Les fonds ayant un SRRI de 1 ont une volatilité quasi nulle (monétaire) et ceux ayant un SRRI de 7 ont une volatilité très forte (fonds actions émergentes par exemple). L’avantage de cet indicateur c’est qu’il est très visuel et qu’il permet de savoir à quel type de produit on a affaire en un coup d’œil. Le SRRI est recalculé et remis à jour tous les ans.

Les Frais

En imposant le DICI, le régulateur voulait aussi normaliser la publication des frais, qui était souvent trop complexe pour l’investisseur non-expert, avec à la clef de mauvaises surprises. En effet, entre frais d’entrée, frais d’arbitrages, frais de gestion et commissions de surperformance, il était parfois bien difficile de savoir ce qui allait être effectivement facturé à l’arrivée. Ces frais courants sont logiquement recalculés et publiés une fois par an.

En conséquence, le DICI introduit la notion de frais courants qui reprend la moyenne des frais effectivement facturés l’année précédente au titre de sa gestion y compris les frais de transactions. Attention cependant : ces frais courants n’intègrent pas d’éventuelles commissions de surperformance qui pourraient venir impacter de manière non négligeable la performance nette de votre investissement.

Les performances passées

Bien que les performances passées ne préjugent jamais des performances futures, un graphique clair de ces dernières, année calendaire par année calendaire, permet de voir les variations auxquelles s’expose l’investisseur d’une année sur l’autre. Là encore, l’objectif du régulateur est de faire prendre conscience des risques encourus et de montrer qu’un même produit peut donner des résultats très différents d’une année sur l’autre.

Informations générales

Les informations générales permettent d’identifier clairement la société de gestion (site internet, adresse, dépositaire etc.) mais aussi de voir le régime fiscal applicable au fond.

Une dernière information intéressante est bien évidemment la date de publication du document (en général au cours du premier trimestre de l’année en cours pour des données à fin année précédente). Cette date est à vérifier afin de s’assurer qu’il s’agit bien du dernier document en date, le DICI étant remis à jour annuellement.

L’avis du spécialiste Quantalys

La lecture du prospectus, même si elle est parfois plus ardue, peut donner des informations plus précises que le DICI. Le prospectus concerne en général le compartiment, voire le véhicule dans le cas de SICAV à compartiment, et permet de voir la différence entre les parts distribuées, en particulier au niveau des frais appliqués. De plus, l’objectif de gestion et la stratégie d’investissement y sont généralement beaucoup plus détaillés. Ce qui permet de se faire une idée plus précise de la manière dont le fonds sera géré. D’autres documents sont aussi à la disposition de l’investisseur comme le rapport mensuel qui inclut en général, en plus des performances et de la composition du fonds, des commentaires et des analyses du marché par l’équipe de gestion.

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