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Quelle épargne pour vos enfants ?

Enfant mettant des pièces dans une tirelire
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Livrets, épargne logement ou assurance-vie : quelles sont les solutions d'épargne les plus adaptées - et les plus intéressantes - pour vos enfants ? Tour d’horizon des produits disponibles et de leurs avantages respectifs.

Où placer l'épargne de ses enfants pour obtenir le meilleur placement ? « Il n’y a pas de meilleur placement », objecte Emilie Groux, Chef de Marché Jeunes Société Générale. Les livrets, l’épargne logement ou l’assurance-vie sont des produits différents, et qu’il n’est pas possible de les catégoriser pour en mettre en avant par rapport à d'autres. Tout dépendra de la capacité financière des parents, et de l'objectif de cette épargne. « Si cet argent doit servir à financer des études, un permis ou l’achat d’une voiture, et si le client en a la capacité, une épargne bloquée à long terme est intéressante. » Cette dernière démarche, la Chef de Marché Jeunes estime la retrouver chez des clients plutôt avertis. Pour les « débutants », c'est à la banque de jouer son rôle de pédagogue.

Un Livret A tout au long de la vie

Le produit d’épargne le plus connu est bien sûr le Livret A. Selon Emilie Groux ce « produit d'appel » reste d'ailleurs la première épargne conseillée à la Société Générale, où deux tiers des clients mineurs de l'enseigne en détiennent un. Il peut être ouvert dès la naissance de l’enfant et n’est pas soumis à l’impôt ni aux cotisations sociales. Plafonné à 22.950 euros, son taux est de 0,75% depuis le 1er août 2015 et l'épargne qui y est placée reste disponible à tout moment.

Lire aussi : à qui appartiennent les sommes déposées sur le Livret A de vos enfants

Des livrets fiscalisés dès la naissance

D'autres livrets peuvent toutefois être envisagés en alternative ou en complément au Livret A. Pour les enfants jusqu’à 12 ans, la plupart des banques proposent ainsi des livrets enfant, sous différentes dénominations : Livret Premier Pas à la Banque Populaire, Livret Tiwi pour le Crédit Agricole, etc. Généralement plafonnés à 1.600 euros, leur rémunération varie grandement d’un établissement bancaire à un autre : de 0,10% à 2% d’après notre relevé effectué mi-juin 2018.

En parallèle, certains livrets bancaires « adulte » se déclinent aussi dans des versions « enfant ». C'est le cas notamment pour ING Direct avec le Livret Epargne Orange Enfant, Fortuneo avec le Livret + Enfant ou RCI Banque avec le Livret Zesto.

A la différence du Livret A et du Livret Jeune, les rémunérations de ces livrets d'épargne, classiques ou enfants, sont soumises à cotisations sociales et sont imposables - sur la feuille d'impôt des parents bien entendu -, à l'instar des livrets bancaires classiques. Un facteur à prendre en compte lors du choix d'un produit d'épargne. Pour se donner un élément de comparaison, il faut, selon le taux d'imposition des parents, que la rémunération du livret fiscalisé atteigne 0,90% à 1,10% pour être plus rentable qu'un Livret A.

Lire également : La fiscalité des livrets d’épargne

Le Livret jeune à partir de 12 ans

Dès 12 ans, mieux vaut privilégier le Livret Jeune, qui lui est net d'impôt et de cotisations sociales. Plafonné à 1.600 euros, son taux ne peut être inférieur à celui du Livret A selon la réglementation. Et la plupart des banques proposent des rémunérations nettement plus généreuses, dépassant souvent 1,50%.

Avec un livret de ce type, l'enfant peut en outre commencer à appréhender la gestion de ses comptes, grâce à un mode de fonctionnement assez souple. Il peut, avec l'accord de ses parents, retirer son épargne à tout moment, souscrire à une carte bancaire de retrait, déposer des chèques, etc.

Pour préparer un projet immobilier ou épargner à un taux intéressant

L'épargne logement (PEL ou CEL) est aussi un placement accessible aux enfants dès leur plus jeune âge. Côté rendement, celle-ci n’a plus vraiment d’avantages. Déjà pénalisés par un taux d’intérêt faible (0,50% pour le Compte Epargne Logement et 1% pour le Plan Epargne Logement), les CEL et PEL ouverts depuis 2018 sont fiscalisés. Résultat, les nouveaux PEL offrent un taux net après déduction de la flat tax de 0,70%, soit moins que le Livret A. La rémunération nette du CEL atteint elle 0,35% une fois déduites les cotisations fiscales et sociales. Quant à leur composante crédit - la particularité de l’épargne logement est en effet de donner droit à un prêt immobilier à un taux connu d’avance – elle peut constituer un pari sur l’avenir. Actuellement, le taux d’emprunt que l’on peut obtenir avec un PEL (2,20% pour un emprunt de 92 000 euros au maximum) ou avec un CEL (2% jusqu’à 23 000 euros empruntés) est inférieur à la moyenne du marché. Toutefois, il est peu probable que les taux d’intérêt des crédits restent encore durablement faibles.

L’aspect épargne-projet est donc le seul argument en faveur de ces produits. Toutefois pour profiter pleinement de cet avantage, il faut respecter les contraintes imposées. Le PEL, plafonné à 61 200 euros, nécessite un versement de 225 euros à l’ouverture et des versements mensuels de 45 euros minimum (ou 135 euros par trimestre). De plus, s'il peut être clôturé sur demande à tout moment, il ne supporte pas de retrait partiel (qui entraîne sa fermeture). Et il nécessite d’être conservé 4 ans pour obtenir un prêt épargne logement. Le CEL, plafonné à 15 300 euros, est lui moins contraignant puisque le seul impératif est d’effectuer un premier versement de 300 euros et de le conserver au moins 18 mois. Pendant ce temps, vous pouvez effectuer des versements et des retraits d’argent. Toutefois pour bénéficier du prêt, il est nécessaire d’avoir capitalisé entre 22,50 euros d’intérêts (3 000 euros placés pendant 18 mois) et 75 euros d’intérêts (au moins 10 000 euros placés pendant 18 mois).

Voir également : Epargne et fiscalité : quels produits ouvrir en 2018 ?

Pour préparer un projet ou se constituer un capital

Et pourquoi ne pas ouvrir une assurance-vie pour votre enfant ? Là encore, il n'y a pas d'âge limite à la souscription. Seule différence avec les adultes : les bénéficiaires de ce contrat sont obligatoirement les héritiers légaux de l'enfant. Par ailleurs, s'il a plus de 12 ans, sa signature est requise.

Souvent définie comme le « couteau suisse de l’épargne », l’assurance-vie est une solution d’épargne relativement souple qui permet, entre autres, de se constituer un capital en vue d'un projet, comme le financement des études ou l'achat d'une voiture, etc. Contrairement au PEL, l'assurance-vie supporte des retraits partiels (aussi appelés rachats). En revanche, la fiscalité de ce placement n'est optimale qu'au bout de 8 ans de détention. Une particularité qui justifie l'ouverture précoce d'un contrat d'assurance-vie pour ses enfants.

Concrètement, ce produit permet d’investir sur de nombreux supports, répartis en deux grandes familles : les fonds en euros, où le capital est garanti, et les fonds en unités de compte, plus ou moins spéculatifs. Même si rien n'interdit d'investir une part raisonnable sur quelques unités de compte dans l'espoir d'améliorer le rendement du contrat, il conviendra de miser essentiellement sur les fonds en euros dans le cadre de la constitution d'un capital pour vos enfants. Pour quel rendement ? Dans le contexte actuel de taux bas et étant donné que le fonds euros est un produit sûr, la rémunération est plutôt au rendez-vous. En 2017, les fonds euros ont rapporté en moyenne 1,80% net de frais de gestion, d’après la Fédération française des assureurs, contre 0,75% net pour le Livret A.

Toutefois, les rendements variant grandement d’un contrat à un autre, il est important de comparer les assurances-vie et ne pas se précipiter sur les contrats « entrées de gamme » proposés par les conseillers bancaires. Ceux-ci sont en général très gourmands du côté des frais prélevés et leurs fonds euros sont souvent les moins bien rémunérés du marché.

Chez Société Générale, Emilie Groux souligne que « ces produits ne sont pas proposés spontanément à nos clients. Ils sont abordés suite à un rendez-vous client, en fonction de ses besoins ». La chef marché jeunes estime que l’assurance-vie n'est pas un terme évident à présenter, « surtout quand on parle de l'épargne d’un enfant de 2 ou 3 ans. Il faut rassurer, et surtout désacraliser ce type de produit, même si c’est un produit plus complexe qu’un livret ».

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© cbanque.com / MEF avec EL, PG et MdB / Juin 2018

Commentaires

Publié le 11 novembre 2014 à 21h17 - #1lymisa

Assurance Vie : Par ailleurs, s'il a plus de 12 ans, sa signature est requise...

Question : Depuis quelle date la signature est elle requise et sur quels types de contrats précisément ?

Merci

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