Croissance zéro au 2e trimestre : Sapin revoit à la baisse sa prévision pour 2014, de 1% à 0,5%

  • cBanque avec AFP
Michel Sapin
Michel Sapin - CC Parti Socialiste/Flickr

Le ministre des Finances français Michel Sapin a reconnu jeudi la « panne » de croissance de la France, revoyant aussitôt à la baisse la prévision gouvernementale pour 2014. Il a appelé à une réponse européenne, passant par la BCE et par une « adaptation » des règles budgétaires.

L'Insee a indiqué jeudi que la France avait connu au printemps un deuxième trimestre consécutif de stagnation économique, avec une croissance nulle du Produit intérieur brut (PIB) en volume, comme en début d'année.

En réaction, Michel Sapin prévient dès à présent dans une tribune publiée par Le Monde que la France n'atteindra que 0,5% de croissance cette année, contre un objectif initial de 1%, et ne croit pas pour 2015 à un chiffre « très supérieur à 1% ».

Un déficit public supérieur à 4% en 2014

La faible croissance conjuguée à une inflation peu vigoureuse se traduira par un déficit public « supérieur à 4% du Produit intérieur brut en 2014 », a encore indiqué le ministre, au lieu d'une prévision initiale de 3,8%. L'objectif d'un respect en 2015 de la limite européenne de 3% s'en trouverait de fait compromis.

Rappelant que l'Europe toute entière est « atteinte par cette langueur » conjoncturelle et cette « panne » de croissance, Michel Sapin a estimé que la solution devait venir aussi de Francfort, siège de la BCE, et de Bruxelles, siège de la Commission européenne. « L'Europe doit agir fermement, clairement, en adaptant profondément ses décisions à la situation particulière et exceptionnelle que connaît notre continent. La France pèsera en ce sens », écrit-il.

La BCE doit « aller jusqu'au bout de ses possibilités »

« La Banque centrale européenne a pris de bonnes décisions. Elle doit aller jusqu'au bout de ses possibilités, conformément à son mandat, pour que le risque de déflation disparaisse et que l'euro retrouve un niveau plus favorable », écrit le ministre. Jusqu'ici la BCE s'est en particulier refusée à financer directement les Etats via l'achat de dette publique.

Le ministre français demande aussi d'« adapter le rythme de la réduction des déficits publics à la situation économique actuelle », qui voit la France dans l'incapacité de tenir ses objectifs de réduction des déficits. Paris de son côté tiendra « sans faiblesse » sa promesse de faire des économies de 50 milliards d'euros et poursuivra ses réformes, mais ne tentera pas de combler les nouvelles brèches dans ses finances par des augmentations d'impôts, assure Michel Sapin.

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Par la rédaction avec AFP

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