Nouveau prêt à taux zéro et nouveau zonage : la réforme du logement en œuvre

  • cBanque avec AFP
Sylvia Pinel
S. Pinel - CC P. Gaudin (recadrée)/Flickr

Un nouveau découpage des zones d'habitation, un prêt à taux zéro élargi et le plafonnement des honoraires des agences immobilières : trois des mesures phares évoquées fin juin par le ministère du Logement ont été publiées au JO mercredi.

Sylvia Pinel, la ministre du Logement, avait annoncé le 25 juin une réforme pour favoriser la relance du secteur atone de la construction, afin de faire face aux importants besoins en logements en Ile-de-France et dans certaines grandes agglomérations. Ses services ont donc dévoilé mercredi le nouveau zonage du territoire. Le classement en zones A bis, A, B1, B2 et C va des zones les plus fortement tendues, où la demande excède largement l'offre de logements, aux moins tendues.

En tout, 1.200 communes - représentant 10 millions d'habitants - ont été reclassées. Des métropoles comme Lyon, Lille et Marseille passent ainsi de la zone B1 à la zone A. En région parisienne, particulièrement touchée par le manque de logements, plusieurs villes, comme Chatou (Yvelines), sont passées de la zone A à A bis. Ce nouveau zonage, qui sera appliqué à partir du 1er octobre, concerne plusieurs dispositifs, dont l'investissement locatif, le prêt à taux zéro ou le prêt d'accession sociale à la propriété.

Voir aussi : Nouveau zonage des aides au logement au 1er octobre : 1.800 communes changent de zone

Un nouveau PTZ pour davantage de bénéficiaires

En outre, le ministère du Logement a publié un décret destiné à élargir l'accès au prêt à taux zéro (PTZ) à plus de bénéficiaires, grâce à une modification des conditions d'attribution et des modalités de prêts. A terme, le gouvernement souhaite faire passer le nombre de bénéficiaires de 44.000 actuellement à 75.000 par an.

Les conditions de ressources ne changent pas pour les zones A et B1. En revanche, pour la zone B2 et C (respectivement moyennement et peu tendues), le plafond de ressources est relevé. En zone B2, le revenu maximal à ne pas franchir passe ainsi de 40.000 à 48.000 euros pour une famille de quatre personnes.

Le plafond du prêt est également modifié, et dépend désormais du nombre de personnes et de la localisation du logement, tandis que la différenciation entre neuf et ancien est gommée. « A titre d'exemple, les plafonds applicables pour une famille de quatre personnes passent de 158.000 euros à 200.000 euros en zone C, de 172.000 euros à 220.000 euros en zone B2 », note le ministère du Logement dans son communiqué.

Lire aussi : PTZ 2014 : les barèmes applicables à compter du 1er octobre publiés au JO

Honoraires plafonnés

Enfin, les honoraires facturés par les agents immobiliers aux locataires sont désormais plafonnés, conformément au texte de la loi Alur (pour l'Accès au logement et un urbanisme rénové) du 24 mars 2014. A partir du 15 septembre, les honoraires seront à la charge exclusive du bailleur, à l'exception de quatre prestations facturées conjointement au bailleur et au locataire : la visite du logement, la rédaction du bail, la constitution du dossier et la réalisation de l'état des lieux.

Les trois premières prestations seront plafonnées selon trois zones : à 12 euros TTC le m2 en « zone très tendue » (correspondant à la zone A Bis), à 10 euros le m2 en « zone tendue » et à 8 euros le m3 sur le reste du territoire. S'y ajoutent 3 euros le m2 pour la réalisation de l'état des lieux, partout en France.

Lire par ailleurs : Les honoraires des agents immobiliers facturés aux locataires plafonnés par décret

Des dispositions diversement appréciées par la Fnaim, l'association des professionnels du secteur. « C'est une bonne nouvelle pour les locataires, surtout à Paris où ils vont payer la moitié moins d'honoraires. En revanche, dans la zone très tendue, hyper concurrentielle, cela pose un problème d'équilibre économique aux entreprises », commente pour l'AFP Jean-François Buet, président de la Fédération nationale de l'immobilier. Plus globalement, il estime que « ces mesures ne suffiront pas. Aujourd'hui, on a besoin d'aider les investisseurs à avoir confiance », commente-t-il.

Selon l'Insee, le marasme du secteur de la construction (bâtiment et travaux publics) est le principal frein à la croissance en France, et lui coûtera 0,4 point de produit intérieur brut (PIB) cette année.

Partager cet article :
Par la rédaction avec AFP

Reproduction interdite.