Compte épargne logement : faut-il encore l'utiliser pour financer des travaux ?

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Prêt immobilier
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Avec un taux de rémunération au plancher, le Compte épargne logement n’attire plus les épargnants. Mais le CEL n'est pas qu'un simple produit d'épargne, il permet aux particuliers ayant un projet immobilier d'emprunter à moindre coût. Dans un contexte de taux d'emprunt bas, le CEL présente-t-il encore un intérêt pour financer des travaux à crédit ? Le point sur un produit qui possède encore de nombreux atouts.

Le Compte épargne logement n'a plus la côte ! Ce placement, moins populaire que le Livret A et le Livret de développement durable (LDD), bénéficie d’un taux de rémunération plus faible : celui-ci correspond aux deux-tiers du Livret A, arrondi au quart de point le plus proche. Avec un Livret A rémunéré actuellement 1,25%, le taux du CEL est de seulement 0,75% (1).

Le Compte épargne logement reste toutefois un produit souple, où versements et retraits sont libres (2), avec un capital garanti et disponible. Le livret impose toutefois un solde minimal de 300 euros et est plafonné à 15.300 euros (3). Après une phase d’épargne d’une durée minimale de 18 mois, le CEL permet d’obtenir un prêt épargne logement limité à 23.000 euros. « Le taux du crédit accordé dépend de la période d’épargne » nous explique Frédérique Sisco, responsable marketing épargne chez LCL. « Lorsque l’épargnant a un CEL depuis longtemps, il faut faire une moyenne des droits à prêts qui ont été acquis avec chaque taux successif du livret. Ce taux est augmenté de 1,5 point. » 

Un taux de crédit qui reste imbattable

Avec un taux de rémunération faible, le CEL présente donc actuellement un taux de prêt intéressant. « En supposant qu’un particulier ait ouvert un CEL il y a un an, à son taux de rémunération le plus bas [0,75%, NDLR], dans six mois il pourra prétendre à un taux de prêt de 2,25% » détaille Frédérique Sisco.

Concrètement, avec les conditions de rémunération actuelles, un épargnant qui placerait 4.000 euros pendant trois ans, sur un CEL rémunéré à 0,75%, pourrait emprunter 8.902 euros pour faire des travaux. Il disposerait de 13.024 euros, intérêts et prime d'Etat inclus et devrait rembourser son emprunt à 2,25% sur 48 mois avec des mensualités de 194,01 euros. Pour plus de détails, voir le calcul des droits à prêt du Compte épargne logement

Ce taux reste inférieur à ce que proposent les banques aujourd’hui, notamment dans le cadre de prêts travaux. « Même si les taux actuels sont très bas, on peut parfois profiter de taux CEL encore plus intéressants », confirme la responsable épargne de la banque. A titre de comparaison, les taux des prêts travaux oscillent aujourd’hui entre 3% et 6%. Ainsi, sur son site internet, La Banque Postale propose actuellement un prêt travaux au-dessus du CEL, à 3,90% sur cinq ans pour un financement de 10.000 euros. Pour le même projet, les taux sont d'autant plus élevés que la durée d'emprunt est longue chez Cofidis : 2,92% sur un an et jusqu'à 9,77% sur 6 ans. Le Crédit Foncier adopte une stratégie différente : un taux d'intérêt fixe à 4,70%, peu importe le montant et la durée d'emprunt.

Face à l'éco-PTZ, le CEL a encore des arguments. « L'éco-PTZ est un prêt conditionné qui ne permet pas de financer tous les projets de travaux, il y a des normes à respecter. Le CEL est quand même plus souple. Et le prêt CEL peut également venir en complément de n’importe quel autre prêt » rappelle Frédérique Sisco.

Un produit boudé à cause de son taux de rémunération

Malgré ces qualités, les épargnants semblent se détourner du Compte épargne logement. Selon les derniers chiffres publiés par la Banque de France, de octobre 2012 à mars 2013, le CEL a en effet connu une collecte négative de 1,8 milliards d’euros (4). Son taux de rémunération à 0,75% n’attire pas. « En comparaison, les Français préfèrent le Plan épargne logement » soutient Frédérique Sisco, « les 2,50% du PEL attirent davantage que les 0,75% du CEL. Les particuliers voient d’abord l’aspect placement avant de voir l’aspect crédit. »

Avec une nouvelle baisse du Livret A attendue pour le 1er août prochain, le taux de rémunération du CEL pourrait descendre jusqu’à 0,5% et les épargnants se détourner d’autant plus de ce produit. « Pour un particulier qui ne souhaite pas aller sur les marchés financiers, le CEL reste un des rares placement garanti et disponible » insiste la responsable marketing de LCL. « Ce n’est pas le premier produit à choisir, il faut d’abord avoir un Livret A, un LDD et ouvrir un PEL, mais le CEL reste un bon complément pour ceux qui ont déjà fait le plein des livrets. C’est mieux que de laisser son argent dormir sur son compte courant ! »

En cas de projet d’achat ou de travaux immobiliers, le CEL peut même être un produit à conseiller. « Dans ces cas là, il y a toujours un intérêt à ouvrir un CEL lorsque son taux de rémunération est bas comme en ce moment » explique Frédérique Sisco. « Cela permet d’engranger des droits à prêts qui seront eux aussi à des taux très bas. Au moment de son projet, l’épargnant pourra profiter de ces taux intéressants. Peut-être même à un moment où les taux d’emprunt auront remonté et là, ce sera vraiment avantageux. »

(1) Hors prime d’état.

(2) Les versements et retraits sont libres mais doivent être de 75 euros minimum.

(3) Ce solde peut être dépassé par la capitalisation annuelle des intérêts.

(4) D’après le rapport 2012 de l’observatoire de l’épargne réglementée.

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© cbanque.com / SL / Juillet 2014

Commentaires

Publié le 4 juillet 2014 à 21h16 - #1Aristide

Je suis persuadé que le CEL est et reste un bon produit lorsque l'on a un projet immobilier éligible.

Sur le forum cBanque j'ai d'ailleurs plusieurs fois expliqué ses avantages dont ici:

www.cbanque.com/forum/sho...356&viewfull=1#post174356

Par contre, cette affirmation est tout à fait inexacte.

« Lorsque l’épargnant a un CEL depuis longtemps, il faut faire une moyenne des droits à prêts qui ont été acquis avec chaque taux successif du livret."

Contrairement au passé où la règle était de consentir autant de prêts que de lignes de taux il est désormais possible - effectivement - de ne mettre en place qu’un seul prêt MAIS AU TAUX MOYEN PONDÉRÉ PAR LES MONTANTS.

Concrètement cela veut dire que la banque doit d’abord calculer les montants « ligne de taux par ligne de taux » (comme avant le 1er mars 2011) et, dans un second temps, calculer le taux moyen PONDÉRÉ PAR CES MONTANTS préalablement calculés.

Cdt

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