La ministre du Logement Cécile Duflot a annoncé dimanche qu'elle allait présenter jeudi en Conseil des ministres plusieurs ordonnances en faveur de la construction de logements, notamment en facilitant la transformation de bureaux vides en bâtiments d'habitation.

« Il y a des dispositions juridiques qui empêchent de pouvoir délivrer des permis de construire. Donc, nous allons lever, très vite, grâce aux ordonnances, ces dispositions qui empêchent de construire », a déclaré Mme Duflot sur BFM TV. « Il existe aujourd'hui environ en Ile-de-France 3,5 millions de mètres carrés et, probablement, sur le territoire français 5 millions de m2 de bureaux vacants dont une grande partie d'entre eux ne pourront pas être remis en location », a-t-elle constaté. « En revanche, une grande partie d'entre eux pourront être transformés en logement », a-t-elle expliqué.

Assouplissement pour les parkings d'immeuble

Elle a également annoncé que les dispositions imposant de construire des places de stationnement pour chaque nouvel immeuble allaient être assouplies. Mme Duflot a en outre repris l'idée d'ajouter des étages supplémentaires à des bâtiments bas situés entre des immeubles de plus grande hauteur. Elle a précisé que ce type d'ajustements ne seront possibles que dans des « zones denses où il y a des besoins et des possibilités ». « C'est de la dentelle là où (l'ancien président de la République) Nicolas Sarkozy y allait avec un bulldozer », a-t-elle fait valoir.

La ministre a en outre insisté sur le fait que, parallèlement, la future loi sur le Logement, espérée avant l'été, préserverait « les terres agricoles, les espaces naturels qui ont été ces dernières années consommés inutilement ». Cette même loi, a-t-elle précisé, comportera un volet de « clarification des règles d'urbanisme » pour aider les élus locaux à « maîtriser l'ensemble des dispositifs ».

Face au député UMP Benoist Apparu, ancien ministre délégué au Logement, elle a ensuite défendu son idée d'encadrement des loyers. « Ce n'est pas un problème d'investisseur, c'est un problème de bien de première nécessité », lui a-t-elle répondu alors qu'il critiquait cette idée qui va selon lui dissuader l'investissement dans la pierre.

« Ce qu'il faut dire à un investisseur, c'est qu'investir dans la pierre est un investissement sûr, durable, avec une rentabilité limitée. Voilà ce que je défends », a ajouté Mme Duflot en rappelant que dans certaines zones, « les loyers sont incompatibles avec les revenus moyens » des habitants. Le décret qu'elle a signé en juillet 2012 et qui portait sur les zones les plus tendues « a commencé à marcher », a-t-elle affirmé, en évoquant la possibilité d'en élargir la portée.