Les banques demandent à Bruxelles de reporter les ratios de liquidité

  • cBanque avec AFP
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Les banques européennes ont demandé vendredi à la Commission européenne de reporter l'adoption des deux ratios de liquidité prévus dans le nouveau cadre réglementaire dit Bâle III et très controversés, selon un communiqué de la Fédération bancaire européenne (EBF).

Depuis la publication de ces deux ratios, fin 2010, les banques européennes font valoir qu'ils sont de nature à bouleverser leur modèle de fonctionnement et à affecter notamment la distribution du crédit.

Le ratio LCR jugé trop étroit

C'est principalement le ratio de court terme ou « Liquidity coverage ratio » (LCR) qui est en cause. Il impose aux banques de détenir des actifs immédiatement disponibles ou liquides, pour faire face à des conditions exceptionnelles qui perturberaient son financement, notamment des retraits massifs de dépôts ou le blocage du marché interbancaire.

Lors du conseil d'administration de l'EBF qui s'est tenu vendredi, les représentants des banques ont réaffirmé que la liste des actifs considérés comme liquides et éligibles à ce ratio était « bien trop étroite ». Concrètement, cette liste privilégie les titres d'Etat, les réserves en Banque centrale et le numéraire, appliquant une décote importante quasiment à tous les autres actifs.

La fédération européenne demande, dès lors, que les ratios de liquidité ne soient pas intégrés à la directive européenne dite CRD4, qui reprend les principes de Bâle III, durant la période d'observation que le Comité de Bâle a fixée jusqu'en 2015. « Durant le processus, les autorités doivent pouvoir faire une pause et procéder à une évaluation, quitte à amender les paramètres (des ratios) » si les données compilées « montrent que cela est nécessaire », selon elle.

La directive CRD4 est actuellement en cours de préparation et une première version doit être publiée d'ici la fin de l'année. De sources concordantes, des membres de la Commission auraient indiqué que certains des arguments développés par les banques ainsi que par des banquiers centraux, notamment le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, pouvaient être jugés recevables.

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Par la rédaction avec AFP

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