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Les contrats Madelin s’adressent à une catégorie spécifique de la population active : les travailleurs non salariés (TNS, dits « indépendants ») non agricoles. On y retrouve notamment les artisans indépendants, les commerçants, les industriels, les professions libérales et certains gérants de sociétés.
Toutes ces professions ont en commun de ne pas bénéficier de l’ensemble de la protection sociale offerte par les régimes généraux. C’est pour compenser ces carences, et encourager ainsi la libre entreprise, que les contrats Madelin ont été mis en place en 1994. Leur champ d’application ne concerne d’ailleurs pas seulement la retraite (traitée ici), mais également la perte de revenu, l’invalidité, le décès...
C’est le principal attrait des contrats retraite Madelin : pour encourager les travailleurs indépendants à se constituer leur propre retraite complémentaire par capitalisation, la loi leur permet de déduire de leur revenu professionnel imposable les cotisations versées dans ce but.
Toutefois, cette déduction est plafonnée par une limite égale au plus élevé des deux montants suivants :
A noter que les conjoints des professionnels concernés, s’ils sont collaborateurs, peuvent également bénéficier des avantages des contrats Madelin.
Par ailleurs, Il existe également des contrats retraite dits « Madelin Agricole » dédiés aux agriculteurs non salariés et largement calqués sur les contrats Madelin. Leur spécificité : les cotisations versées sont déductibles du revenu imposable, mais également des charges sociales.
Contrepartie de la déduction fiscale, la souscription d'un contrat de retraite complémentaire Madelin implique également certaines contraintes.
Les contrats Madelin doivent être alimentés de manière régulière, en fréquence et en montant. Les cotisations doivent ainsi être versées au moins une fois par an.
Le montant des cotisations dépend de la classe de cotisation de base choisie pour le souscripteur au moment de la signature du contrat. Cette classe fixe un minimum et un maximum annuel à verser sur le contrat, auquel le souscripteur doit se conformer. Il existe des solutions optionnelles de prévoyance, qui permettent de faire face aux cotisations en cas de défaillance.
Toutefois, le souscripteur peut aussi « rattraper le temps perdu » en versant, une contribution supplémentaire, au titre des années écoulées entre le moment de sa première adhésion au régime obligatoire d’assurance-vieillesse de sa profession et le moment de sa première souscription d’un contrat Madelin.
Il n’existe qu’une façon de sortir son capital d’un contrat Madelin : sous forme de rente viagère versée à partir du moment où l’épargnant part à la retraite (et aucun cas avant l’âge légal de départ). Cette règle ne souffre que deux exceptions majeures :
Les organismes distribuant des contrats Madelin prélèvent généralement :
Ce sont les contrats les plus courants. Ils sont gérés comme des assurances-vie, la seule possibilité de sortie du contrat étant la rente viagère.
Le capital est placé sur un ou plusieurs fonds de placement, suivant les contrats, aux choix du souscripteur. Le fonds en en euros est garanti, mais pas ceux en unités de compte.
Ils sont plus rares, mais néanmoins distribués par certaines mutuelles s’adressant aux artisans ou aux professions libérales.
Les cotisations versées par le contractant lui permettent d’acquérir des points de retraite. Le prix des points varie selon l’âge du souscripteur. La valeur du point ne peut pas diminuer, le capital versé est donc garanti. Par contre, rien ne garantit l'évolution de la valeur du point dans le temps.
Au terme du contrat, au moment où l'indépendant prend sa retraite, les points sont reversés sous forme de rente viagère, en fonction de leur valeur au moment du départ en retraite.
Le rendement des cotisations versées sur les contrats retraite Madelin dépend largement des contrats et des supports choisis. A titre indicatif, les contrats en euros ont rapporté en 2009 entre 3 et 5%.
L’unique façon (hors cas exceptionnels) de sortir d’un contrat Madelin est la transformation du capital acquis en une rente viagère imposable. Celle-ci est versée à partir du moment où l’organisme gestionnaire reçoit la notification de mise en retraite de la part de la caisse de retraite liquidatrice.
Pendant cette phase de paiement de la rente, les sommes versées à l’assuré sont soumise à l'impôt sur le revenu, au même titre que les autres prestations de retraite. La rente est également soumise à la CSG et la CRDS. Elle n’entre pas, par contre, dans l’assiette de calcul de l’impôt sur la fortune (ISF).
Il existe trois modes de calcul de la rente :
Les contrats proposent également des options de rente :
La plupart des compagnies d'assurance ainsi que les filiales assurance des grandes banques proposent leurs propres contrats Madelin. C’est également le cas de certaines sociétés de gestion de patrimoine et des mutuelles spécialisées des secteurs professionnels concernés.
Le principal attrait des contrats de retraite complémentaire Madelin, par rapport à d’autres dispositifs de retraite par capitalisation, est son plafond élevé de déductions fiscales. Pour profiter pleinement de cet avantage, et faire qu’il compense réellement les contraintes, le travailleur indépendant doit disposer de revenus substantiels et être soumis à un taux marginal d’imposition de 30% ou 40%. En dessous d'un tel niveau, il est souvent préférable d'utiliser l'Assurance-vie qui offrira plus de souplesse.
Il existe actuellement une soixantaine de contrats retraite Madelin sur le marché français. L’éventail de choix est donc large, et la concurrence importante, ce qui entraîne une tendance à la baisse des frais et à la multiplication des options possibles.
Il est donc indispensable, avant de souscrire, de définir avec précision l’objectif recherché et de prendre le temps de comparer les produits, afin de trouver le plus adapté.
Textes de référence : la loi « Madelin » n°94-126 du 11 février 1994 relative à l’initiative et à l’entreprise individuelle, la loi « Fillon » n°2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites. Sur le « Madelin agricole », l'article 154 bis-0 A du Code général des impôts.
Le Bulletin officiel des impôts 5 G-7-05 du 2 décembre 2005 précisant le régime de déductions fiscales des contrats Madelin.
Voir aussi sur le site : le principe de calcul d'une rente viagère, le Perp.
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