La gestion libre d’un contrat d’assurance-vie

La gestion libre est le mode de gestion par défaut des contrats d’assurance-vie multisupports. Elle permet aux épargnants de choisir librement les supports sur lesquels ils souhaitent investir leurs avoirs.

Un contrat d’assurance-vie peut comporter plusieurs modes de gestion : la gestion libre (objet de cette page), la gestion profilée ou la gestion déléguée. La gestion libre permet à une personne d’intervenir sur le contrat pour choisir sur quels supports d’investissement (fonds en euros ou fonds en unités de compte) les placements doivent être réalisés.

Pour les contrats souscrits en banque ou par l’intermédiaire d’un conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI), l’accès à la gestion libre peut être réservé à cet intermédiaire. Mais depuis l’avènement de la gestion par internet des contrats, c’est l’épargnant lui-même qui en devient le gestionnaire. A l’épargnant désormais de maîtriser ses propres choix d’investissement !

Nombre et choix des fonds d’investissement

L’un des critères du choix d’un contrat d’assurance-vie réside donc dans le nombre de fonds proposés et dans leur variété. Ainsi, on trouvera quasiment toujours un fonds en euros et quelques OPCVM (Sicav, FCP ou autres formes juridiques) investis en actions ou en obligations, regroupés par zone géographique ou par secteur d’activité. De plus en plus de contrats proposent également un deuxième fonds en euros garanti à dominante immobilière ou avec une composante dynamique (mais dont l’accès est le plus souvent limité). Pour les fonds en unités de compte, les supports immobiliers (SCPI, OPCI, SCI) deviennent de plus en plus courants et quelques contrats proposent également d’autres types de fonds : des trackers, des certificats et même des actions en direct.

Dans la pratique, le souscripteur d’une assurance-vie devra choisir s’il veut un contrat simple à gérer avec un choix réduit de supports, ou au contraire un choix important de plusieurs centaines de supports. A noter que, le plus souvent, les assureurs mettent à disposition un outil de sélection entre les différents supports disponibles sur le contrat. D’autre part, les contrats proposent des options d’arbitrage permettant d'automatiser, dans une certaine mesure, le pilotage de ses investissements.

Exemple de contrats

Avec peu de supports : Yomoni Vie (18), ING Direct vie (18), BforBank vie (40), AFER Multisupport (11)...

Avec plus de 300 supports : Puissance Avenir (544), NetLife (400), Mes-placements Liberté (381), LinXea Avenir (573)...

Les frais d’arbitrage

On appelle arbitrage le fait de désinvestir d’un fonds pour réinvestir dans un autre. Cette opération peut supporter des frais d’arbitrage. Les contrats en distinguent généralement deux types : les frais d’arbitrage à la demande (l’épargnant a choisi de réaliser lui-même une opération précise) et les frais d’arbitrage automatique (voir plus bas).

Les tarifs sont très variables selon les contrats. Ils peuvent être de l'ordre de quelques pourcents : typiquement 0,5% ou 1% des sommes arbitrées, avec un éventuel minimum ou maximum. Ils peuvent aussi être facturés de manière forfaitaire (par exemple : 15 euros) voire être gratuit (le plus souvent quand l'arbitrage est demandé depuis Internet).

Les options d’arbitrage automatique

Les options d’arbitrage automatique (appelés parfois « option de gestion » ou « arbitrages programmés ») sont des dispositifs qui déclenchent des arbitrages dans le futur, quand une condition de temps ou de variation d’une valeur est remplie. La mise en place d’une option d’arbitrage est gratuite, seuls les arbitrages générés peuvent éventuellement être facturés.

Selon les cas, ces différentes options peuvent être conditionnées à une valeur minimale sur le support d’investissement objet de l’option, voire à une valeur minimale globale atteinte par le contrat. Elles sont aussi conditionnées à la réalisation d’un arbitrage d’au moins une certaine valeur (typiquement 50 ou 100 euros).

Par ailleurs (et toujours selon les contrats), certaines options d’arbitrage automatique peuvent être incompatibles entre elles.

Limitation des pertes

On retrouvera l’option « Stop-loss » (littéralement « arrêt des pertes » en français) sous différentes appellations : « limitation de la moins-value » ou « arbitrage à seuil ». Cette option est utile pour se prémunir d’une baisse sur une UC, dépassant un seuil fixé à l’avance (le plus souvent d’au moins 5%). Quand cette baisse est constatée, un arbitrage de la totalité du support est alors réalisé vers un fonds de sécurisation préalablement défini (la plupart des contrats imposant un fonds en euros spécifique).

Cette option existe en deux variantes : le Stop-loss relatif et le Stop-loss absolu. Dans la version relative, la baisse est constatée par rapport à la plus haute valorisation atteinte sur le support (depuis la mise en place de l’option). En version absolue, la comparaison est effectuée avec la valeur constatée lors de la mise en place ou de la modification de l’option.

Voir des contrats proposant l’option Stop-loss

Investissement progressif

Cette option existe dans de nombreux contrats multisupports même si elle peut être présentée sous diverses dénominations : « investissement progressif », « dynamisation progressive de l’investissement », « plan d’arbitrage programmé », « transferts programmés » voire « investissements fractionnés ». Cette option permet de transférer régulièrement, à un rythme mensuel, trimestriel ou annuel, une part du capital placé sur un fonds en euros vers un ou plusieurs supports en unités de compte. L’investissement progressif permet ainsi de se garantir de ne pas acheter au plus haut une valeur et d’obtenir un coût d’acquisition lissé dans le temps.

A noter que le même effet peut être obtenu en effectuant des versements programmés sur le contrat. Cependant, avec cette option, le capital de départ placé sur le fonds en euros bénéficie de la rémunération de celui-ci.

Voir des contrats proposant l’investissement progressif

Sécurisation des plus-values

La « sécurisation des plus-values », parfois aussi appelée « écrêtage », « stop win » ou encore « sécurisation des performances » est une option très courante dans les contrats d’assurance-vie gérables par Internet. Son objectif est de transférer automatiquement les gains réalisés (la plus-value) sur un support en unités de compte vers un fonds prudent (fonds en euros ou assimilé) et ainsi de « sécuriser » ou « d’engranger » la somme correspondante.

L’arbitrage automatique sera déclenché lorsque l’augmentation dépasse le seuil fixé (le plus souvent d’au moins 5%) sous réserve que le montant des plus-values dépasse le montant d’arbitrage minimal que prévoient certains contrats.

Voir des contrats permettant la sécurisation des plus-values

Dynamisation des plus-values

L’option de dynamisation des plus-values vise à transférer automatiquement la rémunération annuelle reçue sur un fonds en euros vers des supports plus dynamiques (des unités de compte). Ainsi, le montant placé en fonds euros est maintenu à son niveau, le surplus annuel étant investi sur des UC. Cette option est le pendant de la « sécurisation des plus-values » qui effectue l’opération inverse : arbitrer les gains depuis les unités de compte vers un fonds euros. Ces deux options sont donc logiquement incompatibles entre elles.

Voir des contrats disposant de la dynamisation des plus-values

Rééquilibrage automatique

Le rééquilibrage (ou réallocation ou réorganisation) automatique permet de maintenir une proportion préalablement définie entre différents fonds d’investissement.

En effet, avec les fluctuations des marchés, un investissement en unités de compte peut évoluer à la hausse ou à la baisse et ne plus représenter la même part que celle souhaitée dans un portefeuille. Le rééquilibrage automatique, généralement réalisé chaque trimestre, permettra d’effectuer les arbitrages nécessaires pour revenir à la répartition cible : les plus-values seront dégagées et les valeurs en moins-values seront renforcées.

Voir des contrats proposant le rééquilibrage automatique

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