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Il s’agit d’une nouvelle forme de garantie (et non pas d’un nouveau type de crédit). Pour le législateur, l'hypothèque rechargeable a pour objectif de « mobiliser la valeur du patrimoine immobilier dormant » dans le financement de l’économie pour relancer ainsi consommation et croissance. Elle peut également faciliter le crédit aux emprunteurs dotés de ressources irrégulières (entrepreneurs individuels notamment).
L’hypothèque rechargeable est un mécanisme qui permet, au fur et à mesure que des remboursements sont effectués sur le prêt consenti initialement, d’emprunter à nouveau ; le montant total de la dette devant rester dans la limite du montant consenti à l’origine. L’emprunteur évite ainsi de constituer une nouvelle hypothèque pour garantir ses nouveaux emprunts puisqu’une seule hypothèque est inscrite en garantie de plusieurs créances présentes ou futures.
Ou plus simplement dit : ce dispositif permet à un propriétaire d'emprunter sur la valeur de son logement alors même qu'il n'a pas fini de rembourser son crédit.
Pour profiter d'une hypothèque rechargeable, l’emprunteur doit signer une convention de rechargement notariée soit avec son créancier d’origine soit avec un nouveau créancier.
La constitution de cette nouvelle garantie est ouverte à tous types d’emprunteurs, personnes physiques (particuliers et entrepreneurs individuels) ou personnes morales (SARL, EURL, SCI,…).
Seuls les emprunteurs qui ont constitué une hypothèque conventionnelle peuvent bénéficier de ce dispositif. Ceux qui ont consenti une inscription de privilège de prêteurs de deniers sur leur bien immobilier ne peuvent prétendre à un rechargement.
Une hypothèque rechargeable peut garantir tous les types de financements (prêts personnels, prêts affectés, prêts immobiliers, prêts professionnels, …) à l’exclusion des crédits en comptes permanents.
Le créancier inscrit ne pourra être qu’un établissement de crédit.
Le fait d’avoir consenti à l’inscription d’une hypothèque rechargeable sur son bien immobilier ne fait pas naître au profit de l’emprunteur un droit à crédit ; la banque conserve la liberté de prêter ou pas.
Toutes les hypothèques ne peuvent être rechargeables. L'acte initial constitutif de l'hypothèque doit avoir prévu la possibilité du rechargement au moyen d’une clause de rechargement insérée dans l’acte.
Cependant, une hypothèque conventionnelle constituée avant le 24 mars 2006 peut être transformée en hypothèque rechargeable par un avenant qui prévoit que l'hypothèque sera affectée à d'autres créances. L'avenant devra être rédigé par acte notarié et publié à la conservation des hypothèques ou au Livre foncier. C’est cette publication qui déterminera le rang des différents créanciers inscrits sur l’hypothèque rechargeable ; la durée maximale de l’inscription étant de 50 ans.
Chaque nouveau rechargement nécessite l’intervention d’un notaire qui devra vérifier le montant restant dû au titre des créances antérieures et demander éventuellement aux banques des attestations de remboursement.
À l’offre préalable de crédit devra être annexé un document intitulé situation hypothécaire (Art. L.313-14-1 du Code de la consommation). Ce document doit comporter :
L’hypothèque rechargeable pouvant garantir différents types de financements, chacun d’eux conserve ses propres caractéristiques (montant, taux, durée, conditions de remboursement anticipé et d’exigibilité anticipée,…).
Il n’existe pas de statistiques officielles permettant de connaître avec certitude le nombre d’hypothèques rechargeables mises en place depuis la création de cette disposition. Lors des débats parlementaires sur la réforme du crédit à la consommation en juin 2009, le chiffre de 10.000 a été évoqué.
Même si les frais générés par un rechargement sont moins élevés que ceux d’une inscription d’hypothèque, il faut savoir :
Références :
Voir également sur le site : le prêt viager hypothécaire, les garanties d'emprunt.
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