Réforme de la CSG : la baisse des cotisations s'effectuera en deux temps

Un bulletin de salaire
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Le gouvernement a confirmé qu'il engagera en 2018 le transfert des cotisations salariales vers la CSG « afin de redonner 7 milliards d'euros de pouvoir d'achat aux actifs », dans un communiqué diffusé mercredi par le le ministère des Comptes publics.

Selon Bercy, « cette mesure a pour objectif de répartir plus équitablement le financement de la protection sociale, afin d'alléger le poids qui pèse aujourd'hui sur les actifs ». L'exécutif estime que la suppression des cotisations salariales « maladie » et « chômage » en 2018 - soit 3,15 points de cotisations - financée par la hausse de la CSG de 1,7 point donnera un « gain net de pouvoir d'achat de 1,45% pour tous les salariés, soit 260 euros par an pour un salarié au SMIC », poursuit le communiqué.

Un dispositif « en deux temps »

La hausse de la CGS doit être effective au 1er janvier 2018, en revanche la baisse des cotisations sociales sera « réalisée en deux temps ». « Dès le 1er janvier, un gain de pouvoir d'achat bénéficiera aux salariés et aux indépendants. 21 millions de Français verront alors leur revenu net amélioré », annonce le communiqué qui précise qu'« une seconde baisse des cotisations » aura lieu « à l'automne 2018 ». « Ce choix d'étaler dans le temps pendant l'année 2018, en deux fois, la baisse des cotisations salariales (...) devrait permettre d'économiser quelques précieux milliards d'euros par rapport à la facture totale de cette réforme si la baisse totale des cotisations avait été immédiate », analyse le quotidien Les Echos dans son édition de mercredi.

Par ailleurs, « des discussions doivent avoir lieu 2017 autour du ministre de l'Action et Comptes publics Gérald Darmanin pour définir les modalités d'une compensation de la hausse de la CSG pour les fonctionnaires » qui ne sont pas soumis aux cotisations salariales, précise le cabinet du ministre.

Darmanin chiffre la baisse des cotisations

Jeudi, Gérald Darmanin a détaillé, sur Twitter, cette baisse en deux temps des cotisations salariales : elles « baisseront de 2,2 points au 1er janvier 2018 » puis « à nouveau de 0,95 point à l'automne », soulignant ainsi que « l'engagement du Président de la République sera ainsi tenu dès 2018 ! » Le ministre a livré une simulation chiffrée de cette baisse, à terme : « +258 euros de pouvoir d'achat net par an pour une personne au SMIC, +456 euros net si vous touchez 2 000 euros. »

Le gouvernement va devoir redoubler de pédagogie

Selon le quotidien Les Echos, dans la mesure où la hausse de 1,7 point de la CSG interviendra pour sa part dès le 1er janvier, la baisse en deux temps des cotisations salariales permettra en effet au gouvernement de « dégager des économies ».

« Pendant quelques mois, les caisses de l'Etat se rempliront à la fois de la hausse de la CSG et de la part des cotisations salariales qui n'auront pas encore été supprimées », ce qui apportera « un coup de pouce à la réduction du déficit », souligne le journal. « Politiquement, l'opération pourrait en revanche se révéler moins heureuse », poursuit-il, expliquant que « l'effet sur la fiche de paie des plus modestes risque toutefois d'être peu visible dans un premier temps » et que le gouvernement va devoir redoubler de pédagogie pour défendre cette réforme déjà contestée par les retraités.

Le Maire aux retraités : un effort « pour les plus jeunes générations »

La suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du secteur privé, qui représentent 3,15% du salaire (2,40% pour l'assurance-chômage, 0,75% pour l'assurance-maladie), avait été présentée comme une réforme prioritaire par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle. En déplaçant ces 20 milliards d'euros de pression fiscale des salariés depuis les cotisations salariales vers la CSG, caractérisée par des taux faibles mais une assiette large, le gouvernement souhaite redonner du pouvoir d'achat aux actifs, soumis selon lui à une pression fiscale excessive.

Lundi, le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a reconnu dans un entretien au quotidien Sud Ouest demander aux retraités « un effort ». « Je leur dis qu'ils le font pour les plus jeunes générations et pour récompenser le travail. Ce n'est pas un effort pour alimenter les caisses de l'État », a-t-il assuré.

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