1er gouvernement de l'ère Macron : l'Economie à droite, la Justice au centre, l'Ecologie à gauche

Bruno Le Maire et Gérald Darmanin
Bruno Le Maire et Gérald Darmanin - CC Wikimedia / UMP Photos

Les deux nouveaux locataires de Bercy, Bruno Le Maire et Gérard Darmanin, sont issus, comme le Premier ministre Edouard Philippe, des rangs du parti Les Républicains, dont ils ont toutefois été exclus sitôt après leurs nominations. Pour le premier gouvernement de son quinquennat, Emmanuel Macron a aussi fait le choix de confier des ministères régaliens au centre, et la Transition écologique à une personnalité classée à gauche, Nicolas Hulot.

Les grands ministères régaliens (l’Intérieur, les Affaires étrangères, la Défense, la Justice, etc.) pour le centre et la gauche ; les ministères « techniques » (l’Economie, le Budget, le Travail, la Santé, la Transition écologique, etc.) pour la droite et la société civile : c’est, à grands traits, l’axe choisi par le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, et son Premier ministre, Edouard Philippe, pour construire leur première équipe ministérielle. Zoom sur les deux nouveaux pensionnaires de Bercy.

Bruno Le Maire à l’Economie

L’art du rebond. Grand battu de la primaire de son parti Les Républicains - où il avait échoué à la 5e place du premier tour, avec 2,4% des voix - Bruno Le Maire hérite à peine 6 mois plus tard d’un portefeuille ministériel majeur. Il remplace en effet Michel Sapin au poste de ministre de l’Economie. Depuis Bercy, il tiendra les rênes de l’économie, des finances, de l'industrie, des services et de la fiscalité.

Agé de 48 ans, Bruno Le Maire n’en est pas à sa première expérience ministérielle. Lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy, il a été successivement secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, entre 2008 et 2009, puis ministre de l'Agriculture de 2009 à 2012. Pur produit de la fabrique des élites françaises - normalien, agrégé de lettres modernes, passé ensuite par Sciences Po et l’ENA - Bruno Le Maire n’arrive pas à l’Economie avec une étiquette de spécialiste. Son intérêt pour Bercy ne date toutefois pas d’hier. Il avait en effet brigué, en 2011, la succession de Christine Lagarde, avant de se voir souffler le poste par François Baroin.

Candidat à la primaire de la droite, Bruno Le Maire s’était notamment prononcé pour une baisse de la CSG à 6% et une suppression de l’ISF. Côté épargne, il avait pris position pour une flat tax à 25% sur les placements à revenus fixes, et pour le statu quo sur l’assurance-vie.

Celui qui dit porter en lui « toutes les droites : la droite orléaniste et libérale, la droite gaulliste et bonapartiste », et qui s’est un temps présenté comme le visage du renouveau de son camp, a été exclu peu après sa nomination des Républicains.

Gérard Darmanin aux Comptes publics

En lieu et place du secrétariat d’Etat dirigé depuis avril 2014 par Christian Eckert, le sarkozyste Gérald Darmanin récupère un ministère à part entière, celui de « l’Action et des Comptes publics », au périmètre beaucoup plus large que son prédecesseur. Il pilotera ainsi depuis Bercy le budget de l’Etat et les comptes de la Sécu, ainsi que la fonction publique et la réforme de l'Etat.

Agé de 34 ans, Gérald Darmanin fait partie des benjamins du nouveau gouvernement, en compagnie des secrétaires d’Etat Marlène Schiappa (34 ans également) et Mounir Mahjoubi (33 ans). Ancien député du Nord (2012-2016), maire de Tourcoing, ce proche de Xavier Bertrand a été porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2014 pour la présidence de l'UMP. Il avait renoncé, le 3 mars, à soutenir le candidat de la droite à la présidentielle, François Fillon, empêtré dans ses affaires judiciaires.

De fibre « gaulliste sociale », Gérald Darmanin n’était notamment pas en phase avec le libéralisme revendiqué par l’ex-candidat LR à la présidence. Il s’est par contre distingué par des positions plutôt conservatrices sur les sujets de mœurs, affichant notamment une forte hostilité à l’égard du mariage pour tous. Comme Bruno Le Maire, Gérald Darmanin ne fait plus partie du parti Les Républicains, exclu par le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer.

Le premier gouvernement Philippe

  • Gérard Collomb, ministre d’État, ministre de l’Intérieur
  • Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire
  • François Bayrou, ministre d’État, garde des Sceaux, ministre de la Justice
  • Sylvie Goulard, ministre des Armées
  • Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
  • Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires
  • Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé
  • Françoise Nyssen, ministre de la Culture
  • Bruno Le Maire, ministre de l’Economie
  • Muriel Pénicaud, ministre du Travail
  • Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale
  • Jacques Mézard, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
  • Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics
  • Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation
  • Annick Girardin, ministre des Outre-mer
  • Laura Flessel, ministre des Sports
  • Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports
  • Marielle de Sarnez, ministre chargée des Affaires européennes
  • Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement
  • Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes
  • Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées
  • Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat chargé du Numérique
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© cbanque.com / VM avec AFP / Mai 2017

Commentaires

Publié le 18 mai 2017 à 09h35 - #1MikeBobby

"Lors du septennat de Nicolas Sarkozy, "... septennat? vous comptez une partie de ses années de ministre?

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Publié le 18 mai 2017 à 14h14 - #2Frédéric (cBanque)

C'est corrigé ;)

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Publié le 19 mai 2017 à 17h20 - #3Therese

Bon titre !

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