Strasbourg : expérimentation concluante de bus roulant au GTL, un carburant alternatif au diesel

Vue de Strasbourg
© David Espin - Fotolia.com

L'expérimentation du GTL, un carburant issu du gaz naturel moins polluant que le gasoil pour les moteurs diesel, dans dix bus publics à Strasbourg s'est avérée concluante, mais une incertitude fiscale pèse pour sa généralisation, a annoncé mercredi la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS).

Cette expérimentation, la première en France par un opérateur public de transport urbain, était menée depuis le mois de septembre dans 10 véhicules, sur la centaine de bus encore motorisés au diesel que compte la flotte de la CTS, ont expliqué ses dirigeants lors d'une conférence de presse.

Alors que 62% des bus de la CTS roulent aujourd'hui au gaz naturel de ville, l'objectif est d'« accompagner la fin de vie » des 100 bus diesel restants, a indiqué Alain Fontanel, président de la CTS et premier adjoint au maire de Strasbourg. « Nous ne renouvelons pas les bus diesel quand ils arrivent en fin de vie, mais nous ne voulons pas attendre ce stade pour agir », a-t-il expliqué.

Carburant de synthèse produit à partir du gaz naturel, le GTL (pour « Gas to liquid ») peut être utilisé à la place du gasoil classique sans qu'aucune modification sur les véhicules soit nécessaire.

« Le GTL apporte une amélioration immédiate, sans coût d'infrastructure », a mis en avant Vincent Baril, président de Shell France, qui fournit le carburant pour cette expérimentation.

Il a souligné qu'en réduisant de 20 à 35% les émissions de particules fines par rapport au gasoil, ce carburant laisse aux collectivités « le temps de faire mieux » pour limiter leurs émissions polluantes.

Avec une consommation de carburant stable, une réduction des particules fines et des oxydes d'azote (NOx), une absence de fumée et d'odeur, pour un coût supérieur de seulement 5% à celui du gasoil classique, « toutes les promesses ont été tenues », a estimé Jean-Philippe Lally, directeur général de la CTS.

M. Lally a toutefois pointé un gros bémol : l'autorisation de mise sur le marché français de ce carburant devrait être donnée au mois de mars, mais une incertitude pèse sur la possibilité pour la CTS d'obtenir le remboursement d'une partie de la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) pour le GTL comme pour le gasoil classique.

Une absence de remboursement de cette taxe représenterait pour la CTS un surcoût de 200.000 euros, si elle passait toute sa flotte de bus diesel au GTL.

« Nous allons faire une démarche auprès des ministères (de l'Économie et de l'Environnement, NDLR) pour accélérer la normalisation règlementaire et fiscale de ce carburant », a déclaré Alain Fontanel.

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