Taux immobiliers : quelle hausse doit-on craindre pour 2017 ?

Pourcentages
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Elle était attendue plus tôt, elle est finalement arrivée au tournant des années 2016 et 2017. En janvier, tous les courtiers spécialisés s’accordent à constater une hausse des barèmes de taux de crédit immobilier affichés par les banques. Tous annoncent toutefois une très légère remontée qui, dans l’immédiat, n’entame pas leur optimisme pour 2017.

Cette fois, c’est clair, la tendance est bien là. Sur « 35 barèmes de banque reçus » en ce début de mois de janvier, constate le courtier Empruntis dans sa lettre mensuelle, 32 affichent des hausses, comprises entre 0,03 et 0,30 point. Une fourchette proche de celles données par Vousfinancer (de 0,05 à 0,30 point) ou Le Partenaire (de 0,05 à 0,25 point). En moyenne, le consensus se fait autour d’une hausse modérée de 0,10 point, ce qui situe les taux de marché pour un crédit immobilier sur 20 ans à 1,65% selon Empruntis ou 1,72% selon Le Partenaire.

« Si cette tendance se confirme dans la grande majorité des établissements bancaires, ce que nous anticipons, les taux moyens sur 20 ans devraient se situer autour de 1,70% pour 1,50% environ en octobre 2016 (point historique le plus bas) », confirme Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux, « ce qui nous amènerait à des niveaux équivalents à ceux de l’été 2016 ».

Il n’y a donc pas, à court terme, péril en la demeure. Vousfinancer rappelle à point nommé que le taux fixe moyen, pour un crédit immobilier sur 20 ans, a perdu près d’un point en 2016, soit l’équivalent d’une économie de 95 euros sur la mensualité d’un crédit de 200.000 euros sur 20 ans. Il y a donc de la marge avant que cette baisse historique soit effacée. Dans l’immédiat, une hausse de 0,30 point équivaudrait par exemple à une augmentation de 28 euros de cette mensualité type. Pas de quoi remettre en cause un projet immobilier…

Une hausse attendue et contenue

Qu’en sera-t-il à plus long terme ? Là encore, les courtiers affichent leur foi en l’avenir. Premier facteur d’optimisme : le Prêt à taux zéro, élargi en 2016, a été reconduit en 2017 et devrait continuer à profiter aux primo-accédants. Même chose pour les investisseurs, qui bénéficieront toujours du dispositif Pinel. La hausse actuelle, ensuite, ne les a pas pris de court, tant elle était prévisible, et même attendue un peu plus tôt. Elle ne fait en effet que répercuter l’état de la conjoncture, croit savoir Vousfinancer, avec des « perspectives de hausse de l’inflation en 2017 » et une « remontée récente du taux de l’OAT 10 ans ».

Cette remontée, toutefois, est désormais contenue. Et un autre indice macro-économique incite Jérôme Robin, le président de Vousfinancer, à voir l’avenir en rose : « (…) Tant que la Banque centrale européenne ne remonte pas ses taux de refinancement, proches de zéro, et [ses] taux de dépôt toujours négatifs, les banques restent incitées à prêter ! »

Des objectifs de production toujours aussi élevés

De fait, « les banques ont des objectifs de production de crédit pour 2017 très ambitieux car équivalents à ceux de 2016 qui devrait être une année record avec plus de 230 milliards d’euros de production de crédits attendue », poursuit Jérôme Robin. Dans ce contexte, elles n’ont pas le choix : elles vont devoir « maintenir des taux très bas sous peine de voir ralentir fortement la demande [et de] nuire à la réalisation de leurs objectifs (…) », analyse Maël Bernier, de Meilleurtaux.

Au final, quel est le scénario attendu pour les mois à venir ? Tous les courtiers s’accordent sur une hausse au 1er trimestre, continue mais contenue. « (…) Les taux moyens sur 20 ans sont passés sous les 2% en avril 2016 et nous ne prévoyons pas qu’ils dépassent cette barre psychologique dans le courant du 1er trimestre », promet Maël Bernier. Que se passera-t-il ensuite, au printemps, période clé pour l’immobilier où traditionnellement les banques font des efforts ? Jérôme Robin, de Vousfinancer, n’hésite pas à évoquer la possibilité d’une baisse des taux en avril. Cécile Roquelaure, directrice des études d’Empruntis, ne va quand même pas jusque là : « (…) [Les banques] choisiront-elles d’absorber à nouveau la hausse générée sur les 4 mois précédents ? Difficile à imaginer. »

1,34% en moyenne en décembre selon Crédit Logement

Selon l’observatoire Crédit Logement-CSA, publié en début de semaine, le taux immobilier moyen, incluant l’accession dans le neuf, dans l’ancien mais aussi le financement de rénovation, a augmenté de 3 points de base en décembre, pour atteindre 1,34%. Une première depuis un an, mais une hausse jugée moins vive qu’attendue par le spécialise du cautionnement immobilier.

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