Banque : les 5 petites révolutions de 2017

Gros plan d'un homme utilisant un mobile et une carte bancaire
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Nouveaux acteurs, nouveaux services, nouveaux moyens de paiement : l’année 2017 s'annonce particulièrement riche en changements pour les banques françaises et leurs usagers. Quelles seront les principales nouveautés ? Réponse en 5 points.

Orange Bank va-t-elle faire bouger les lignes ?

Près de deux ans après la déclaration d’intention de l’opérateur télécom, Orange Bank va finalement voir le jour, a priori au cours du printemps 2017. En 2016, Orange s’est mis en ordre de marche, en rachetant Groupama Banque puis en débauchant l’ancien patron de BforBank. Quel sera l’impact sur le marché bancaire français ? Orange est-il capable de faire bouger les lignes ? Difficile à dire, tant cette diversification d’un opérateur télécom est sans précédent en France. L’offre, en tant que telle, ne devrait pas révolutionner le genre, même si Orange annonce des fonctionnalités mobiles avancées. Elle sera de plus payante : autour de 2 euros par mois, selon Les Echos.

C’est surtout la force de frappe marketing d’Orange qui inquiète le secteur bancaire. L’opérateur est en effet en capacité de démarcher directement 40 millions de Français, clients mobile et fixe. Il présentera également Orange Bank dans 140 de ses agences, parfaitement situées dans les centres commerciaux et les centre-villes. Et, comme si cela ne suffisait pas, l’offre débarquera dans un contexte particulier : celui de l’arrivée du mandat de mobilité bancaire, qui va faciliter grandement le changement de banque. Bilan : Orange Bank espère à terme convaincre 2 millions de Français.

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Loi Macron : le changement de banque facilité

Sous pression européenne (la directive dite TAD), les pouvoirs publics français se sont finalement décidés à s’attaquer au sujet du changement de banque. La loi consommation de Benoît Hamon, d’abord, a inscrit dans la réglementation le service d’aide à la mobilité bancaire. Puis la loi Macron l’a amélioré, en y ajoutant le mandat de mobilité, qui entrera en vigueur le 6 février 2017.

Grâce à ce document, signé entre le client et sa nouvelle banque, cette dernière se chargera désormais des changements de domiciliation bancaire des prélèvements et virements récurrents et, le cas échéant, de clôturer l’ancien compte. En résumé : c’est la fin des tâches administratives rébarbatives qui freinaient parfois le désir de changement de banque, même si certains obstacles subsistent, comme le transfert des crédits ou des produits d’épargne.

Le mandat de mobilité est-il de nature à relancer la concurrence, sur un marché français particulièrement figé - un peu plus de 4% des Français, seulement, changent de banque principale chaque année - mais où l’insatisfaction des clients atteint des sommets ? Le nouvel entrant, Orange Bank, ainsi que les banques en lignes l’espèrent.

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L’heure des agrégateurs

Confrontés à l’émergence des agrégateurs, ces services web et mobile capables de rassembler et consolider les données issues de différents comptes bancaires, les banques ont commencé par souligner leur dangerosité. Puis certaines (Boursorama Banque, Crédit Mutuel Arkéa notamment) y ont investi de l’argent. Enfin, elles ont, les unes après les autres, cessé de bouder et intègrent désormais l’agrégation de comptes et la catégorisation automatique des opérations dans leurs interfaces. Un mouvement initié par Boursorama Banque, rejoint depuis par BforBank, HSBC, le Crédit du Nord, la Caisse d’Epargne, la Banque Populaire et la Société Générale, en attendant d’autres en 2017.

Pourquoi ce changement de perspective ? La réponse se nomme DSP2, ou 2e directive européenne sur les services de paiement. Ce texte, qui doit entrer en vigueur début 2018, va crédibiliser ces nouveaux services d’informations sur les comptes, d’une part en les encadrant, notamment d’un point de vue technique et réglementaire, de l’autre en contraignant les banques à leur fournir leurs données. Pour les banques, le risque de désintermédiation, de perte de contact avec le client, est donc grand. Dans ce contexte, elles n’ont pas le choix : elles doivent rester à la page, pour éviter d’éveiller chez leurs clients la tentation d’aller voir ailleurs.

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Le virement instantané, coup de grâce pour le chèque ?

Beaucoup ont annoncé pour 2015, puis pour 2016, l’explosion des nouveaux moyens de payer, sur mobile particulièrement. Le nombre de services disponibles a effectivement décollé, pas encore les usages des clients, qui font preuve d’un remarquable attachement à la carte bancaire, y compris pour payer sur internet.

L’année 2017 sera-t-elle différente ? Sans doute pas, tant l’inertie est grande dans le domaine. Elle sera toutefois marquée par une vraie évolution, si ce n’est révolution : la mise en place, en novembre 2017, du virement SEPA instantané. Soit la possibilité de transférer ou de recevoir de l’argent en 10 secondes, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Les contours de sa mise en œuvre restent encore assez flous. Les banques n’auront pas l’obligation de proposer ce service à leurs clients et elles pourront le facturer. Mais le virement instantané ouvre de nombreuses perspectives pour les remboursements entre particuliers, les ventes d’objets d’occasion, les règlements aux acteurs non-marchands (les associations par exemple), voire pour les paiements en points de vente. Autant de cas d’usage où il pourra remplacer le chèque, dont le déclin devrait encore s’accélérer.

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La révolution fintech aura-t-elle lieu ?

Fini le temps du far west : la fintech, soit l’écosystème des start-ups spécialisées dans les services financiers, est désormais sous le feu des projecteurs, notamment ceux des régulateurs. Fin novembre, François Villeroy de Galhau a fermé la porte à la mise en place, en France, d’un « bac à sable » pour les fintechs françaises, soit l’autorisation de tester certaines innovations dans un cadre réglementaire allégé. « Nous tenons à ce qu'il n'y ait pas de distorsion structurelle de concurrence par la réglementation entre les acteurs existants et les nouveaux entrants : oui à la proportionnalité des règles, mais non à leur iniquité », a déclaré le gouverneur de la Banque de France, également à la tête du régulateur du secteur financier, l’APCR.

Pour certains, cette décision sonne la fin de la récré et le retour à la barre des banques. Elle pose la question de la place faite en France à l’innovation dans le domaine financier, alors que des acteurs d’importance sont en train d’émerger en Grande-Bretagne et en Allemagne, notamment. Une affaire récente semble d’ailleurs illustrer ce changement d’atmosphère : celle qui a vu la suspension par l’ACPR des activités de Morning, une des fintechs françaises les plus en vue.

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© cbanque.com / VM / Décembre 2016

Commentaires

Publié le 27 décembre 2016 à 09h23 - #1ph.coiffard
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  • 60 ans

Question 1 : non, Orange Bank ne fera pas bouger les lignes en prétendant faire du neuf sur un jumelage à l'ancienne composé de Groupama Banque (lambda dans le domaine bancaire) et d'une patine prétendument IN BForBank, très marquée par les Verts du Crédit Agricole.
Question 2 : la mobilité facile a été conçue par des "cerveaux" ne connaissant rien aux échanges interbancaires pour aboutir à une solution non éprouvée d'une migration éventuelle de comptes en 21 jours quand hors de France, une telle migration est soit instantanée (Pays Bas), soit prend tout au plus un petit quart d'heure
Question 3 : les agrégateurs constituent une interprétation fallacieuse de la DSP II. Celle-ci précise pourtant que le Prestataire de services d'informations sur les comptes "n'utilise, ne consulte ou ne stocke des données à des fins autres que la fourniture du service d'information sur les comptes expressément demandée par l'utilisateur de services de paiement"... L'excellent Abécédaire de la DSP 2 de Pierre Storrer recommande d'en abandonner l'usage
Question 4 : Instant Payment = coup de grâce du chèque... peut-être, mais plus encore sur la carte de paiement, et, à plus long terme sur le cash... encore faudra-t-il que les banques et l'ACPR jouent le jeu
Question 5 : la révolution Fintech... actuellement, les banques traditionnelles rachètent des Fintech pour répondre à des compétences, technologies et autres évolutions dont elles n'ont pas les capacités internes "L'ambition dont on a pas le talent est un crime" écrivait Châteaubriand. Il en ira de même si les banques se contentent de racheter les Fintech pour accaparer leurs compétences et leurs talents, sans bouger une ligne de leur organisation sclérosée par l'immobilisme et le conservatisme. En d'autres termes, soit les Fintech font l'effet d'un antibiotique dans les corps malades que sont les banques, soit, malheureusement, les métastases qui gangrènent ces institutions finiront par annihiler l'apport de sang nouveau que constituent les Fintech. En ce sens, le rôle de l'ACPR est primordial et doit être parfaitement impartial et ne pas protéger uniquement ces petites et très vieilles consoeurs

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Publié le 27 décembre 2016 à 12h23 - #2rhet

commentaire fort intéressant et je rajouterai justement que l ACPR joue" "aux gendarmes" pour protéger les veilles institutions et aussi pour essayer d'exister.
Quand on discute avec des cadres de l ACPR , ces gens n'ont aucune vision hors France, des avancées technologiques, ils se croient encore a la belle époque de la BDF.

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Publié le 27 décembre 2016 à 13h04 - #3ph.coiffard
  • Homme
  • Montpellier
  • 60 ans

Vous êtes gentil lorsque vous parlez de l'époque BDF... très clairement, la communauté bancaire française traditionnelle se conduit comme l'Ancien Régime et ses privilèges, bien protégés par l'ACPR.
C'est pour cela que lors du dernier salon PayForum, un intervenant n'a pas hésité à lancer son speech "L'industrie française des paiements est une industrie morte"... devant un parterre des banques de la place, de la FBF, de l'ACPR, du CFONB : personne n'a bougé le moindre cil, ni osé la moindre réflexion...
S'il fallait faire une allégorie historique, elle est toute trouvée : l'Instant Payment est l'équivalent de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen pour les armées de l'An II de l'industrie paneuropéennes des paiements, les prestataires de services de paiement FinTech et autres MarketPlace, qui va leur permettre de renverser l'Ancien Régime, trop établi, sans aucune possibilité de Restauration

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Publié le 28 décembre 2016 à 08h37 - #4rhet

L ACPR les grincheux recasés de la BDF qui jouent aux gendarmes avec les entreprises françaises. Pendant ce temps en Europe , de nouvelles entreprises se développent tout en respectant le droit européen.Pénible ce coté français qui ne veut pas perdre ses prérogatives.

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Publié le 28 décembre 2016 à 15h56 - #5adams88
  • Homme
  • France

pas un mot sur la nouvelle banque en ligne sogexia qui est une fintech je crois bien, c'est dommage

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Publié le 21 janvier 2017 à 08h24 - #6Jacky
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  • 78180
  • 60 ans

Tout simplement pour dire que je suis très content de mon compte NICKEL qui fonctionne très bien .les virements instantanés sont super pratiques . Je n'ai pas dit adieu à ma banque traditionnelle pour pouvoir encaisser des chèques mais je le ferai avec plaisir si c'était possible .

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