Défiscalisation : 5 erreurs à ne pas commettre

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Le revenu imposable sur un avis
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Chaque année, au mois de décembre, les banques et autres sociétés patrimoniales mettent en avant leurs produits pour réduire l’impôt sur le revenu à régler en 2017. Mais attention à la précipitation ! Rappel des points faibles des principaux produits de défiscalisation.

1 – FIP-FCPI, attention aux frais élevés

Lorsqu’il s’agit de réduire l’impôt sur le revenu, les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) et fonds d’investissement de proximité (FIP) font partie des premiers choix, notamment dans les banques. Parce que le ticket d’entrée est abordable (1.000 ou 2.000 euros par exemple), et parce qu’ils permettent d’espérer une réduction d’impôt pouvant atteindre 18% des sommes investies, voire 38% ou 42% dans le cas des FIP Corse et Outre-mer.

Lire à ce propos : Faut-il miser sur les FIP et FCPI pour réduire son impôt 2017 ?

Les points faibles ? Ils sont nombreux. D’une part un coût potentiellement significatif avec plusieurs frais récurrents : de gestion, de constitution, ou frais indirects. Soit souvent près de 4% annuels, sans compter les frais d’entrée. « Il existe de très bons gérants de FIP et FCPI mais, comme il ne s’agit pas de grosses enveloppes, ils fixent des frais élevés », reconnaît Yves Gambart de Lignières, conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI). Attention, donc, à bien comparer les fonds disponibles. Les autres bémols sont inhérents au fonctionnement des FIP et FCPI : l’argent investi est indisponible pendant près d’une dizaine d’années, le rendement financier reste hypothétique, et l'investisseur risque évidemment de perdre une partie de sa mise.

2 – Sofica, un improbable retour sur investissement

« C’est bien pour être invité à des avant-premières », lance avec ironie le gérant de De Lignières Patrimoine à propos de ces sociétés investissant dans l’industrie audiovisuelle et cinématographique. Si l’avantage fiscal est élevé (30% à 36% des sommes versées), le remboursement du capital investi n’a rien de garanti : « C’est monté de telle sorte que l’on récupère globalement ce que l’on a investi, car le gain fiscal est le plus souvent absorbé par les pertes en capital. » Par ailleurs, comme pour les FIP et FCPI, l’argent n’est disponible qu’au terme d’un délai de 5 ans minimum. A souscrire en connaissance de cause.

Lire aussi : Qui a intérêt à défiscaliser dans le cinéma ?

3 – Le Perp, un « produit tunnel »

Le Plan d’épargne retraite populaire (ou le contrat Madelin pour les travailleurs indépendants) présente un avantage : les versements sont déductibles du revenu imposable. Yves Gambart de Lignières le conseille rarement à ses clients, mais il en a une bonne image : « Au moins, on sait sur quoi on investit » puisque, d’un strict point de vue financier, ce plan ressemble à un contrat d’assurance-vie, avec un fonds en euros et des supports en unités de compte. Mais il reste un bémol d’importance : sauf cas de déblocage exceptionnel (1), les sommes versées ne peuvent être débloquées avant le départ en retraite. Il ne faut donc pas investir un pécule utile pour un projet à concrétiser avant cette échéance. Yves Gambart de Lignières pointe en outre la fiscalité potentiellement élevée pesant sur la rente, une fois passé le départ en retraite, si les revenus ne baissent pas significativement.

Lire aussi : Pourquoi ouvrir un Plan d'épargne retraite populaire ?

4 – Pinel : « l’emplacement, l’emplacement… »

Premier constat : un investissement immobilier locatif, pour profiter de l’avantage fiscal Pinel, ne s’improvise pas. Il ne s’agit donc en rien d’un investissement de dernière minute. D’une part car l’investissement est conséquent, sans garantie de plus-value à la revente du bien, d’autre part car la réduction d’impôt s’étale sur 6, 9 ou 12 ans. Ce dispositif reste toutefois assez prisé : près de 30.000 foyers fiscaux en ont profité en 2014 et 2015. Principal point de vigilance, donc, avant d’investir sur un logement « Pinel » : s’assurer que le logement en question dispose bel et bien d’un fort potentiel de location. « L’emplacement, l’emplacement, l’emplacement », pour reprendre la formule consacrée à l’immobilier locatif, de façon plus générale. Sous ses formes précédentes, Robien, Borloo ou Scellier, cette incitation fiscale à l’investissement locatif a ainsi fait l’objet de polémiques, la faute à des projets implantés dans des communes à faible demande locative. Depuis, le zonage a été corrigé, la dernière modification datant de l’été 2014, mais la mise en garde reste valable.

Plus d’infos sur le dispositif Pinel

5 – SCPI fiscales : un rendement très aléatoire

Investir en immobilier locatif Pinel reste toutefois envisageable, même en fin d'année, grâce aux sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Certaines, surnommées SCPI fiscales, sont ainsi présentées comme « SCPI Pinel », ou encore « SCPI Malraux » pour faire référence à un autre dispositif fiscal. Elles sont donc montées de façon à faire profiter les souscripteurs de l’avantage fiscal nommé, tout en présentant un ticket d’entrée abordable, puisqu’il se chiffre en milliers d’euros. Le hic ? « C’est parfois compliqué de sortir de ces SCPI », prévient le CGPI Yves Gambart de Lignières, « et la plus-value est souvent catastrophique. » A la différence des SCPI dites « de rendement », ces sociétés ne sont en effet pas investies dans les commerces ou les bureaux, ce qui ne permet pas d’espérer les 4% ou 5% de rendement affichés par ces SCPI stars. La plus-value peut même se transformer en moins-value, ce placement n’offrant pas de garantie en capital.

D'autres possibilités pour défiscaliser

D'autres produits de défiscalisation existent. Le conseiller en gestion de fortune Yves Gambart de Lignières oriente plus facilement ses clients vers le Girardin industriel ou social (et, pour l’exonération de la plus-value, vers les FCPR-FPCI), mais il s’agit de placements risqués correspondant à un public plus fortuné ou à forte imposition. L’investissement en direct dans les PME s’est lui démocratisé avec les plateformes de crowdfunding telles Anaxago ou Wiseed mais, là encore, le pari est risqué. Chaque produit de défiscalisation porte logiquement son lot de désavantages, plus ou moins importants, puisque l’Etat favorise ces produits pour inciter les contribuables à investir sur des secteurs boudés en l’absence de carotte.

Si l’objectif est uniquement de réduire l’impôt de l’année suivante, sans volonté de retour sur investissement, il reste une solution sans risque : le don. Donner aux organismes d'aide aux personnes en difficulté ouvre droit à une réduction d’impôt de 75% du versement, dans la limite de 529 euros. Avec les associations d'intérêt général, cette réduction passe à 66%, dans la limite de 20% du revenu imposable. Même un don à un parti politique permet de profiter d'une réduction de 66%, dans la limite de 7.500 euros par personne et 15.000 euros par foyer fiscal.

Lire aussi : Quel produit de défiscalisation pour quelle réduction d'impôt ?

(1) Surendettement, décès du conjoint pacsé ou marié, invalidité, etc. Plus d’infos : comment choisir son Perp

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© cbanque.com / BL avec MB / Décembre 2016