Epargne : 5 préjugés sur l'assurance-vie

Un jeune face à un choix
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Un produit où l’argent est « bloqué », et qui ne sert qu’aux « vieux » pour préparer leur retraite ou anticiper un décès ? Autant d’idées préconçues couramment véhiculées sur l’assurance-vie. Zoom sur 5 préjugés, faux ou partiellement faux…

Conscients que la complexité de l'assurance-vie peut nuire à sa commercialisation, de nombreux distributeurs cherchent à casser les « idées reçues ». Voici les cinq principaux préjugés recensés, dans leur communication, par Fortuneo, BforBank, Banque Populaire, Crédit Mutuel Océan, Gan Patrimoine, MonFinancier, Mes-placements, Agipi, Asac-Fapès, Quintesens, Cèdre Patrimoine…

1 – C’est bloqué 8 ans

Faux. Incontournable : cette affirmation est citée dans quasiment tous les recueils d’idées reçues proposés par les distributeurs. La faute, probablement, au fameux « il faut prendre date » répété à l’envi dans les agences bancaires. Suite à ce conseil, nombre de particuliers ont bien enregistré que la fiscalité la plus favorable n'est acquise qu'après 8 ans de détention du contrat. Et avant cette « maturité fiscale » ? Les épargnants restent libres de retirer leur argent à tout moment. Il faut au pire attendre quelques semaines, le temps de la mise à disposition des fonds. Côté fiscalité, les plus-values seront intégrés au barème de l’impôt sur le revenu, ou feront l’objet d’un prélèvement forfaitaire : 35% avant le 4e anniversaire du contrat, 15% avant les 8 ans.

Plus d'infos sur le cliché de l’argent bloqué 8 ans sur l’assurance-vie

2 – C’est pour les vieux

Faux. Le nom du produit n’y est pas pour rien : « assurance vie ». Toutefois, contrairement à une « simple » assurance décès (1), l’assurance-vie ne permet pas uniquement de verser un capital aux proches du défunt. Elle est justement surnommée « couteau suisse de l’épargne » car elle permet de poursuivre plusieurs objectifs : réaliser un placement financier à moyen terme dans un cadre fiscal avantageux, préparer sa retraite en visant des revenus complémentaires et réguliers, préparer la transmission de son patrimoine, etc. L’argent placé sur une assurance-vie peut donc être retiré à la retraite, bien avant, ou ne pas être retiré en vue d'une succession.

Lire aussi : Qui possède une assurance-vie ?

3 – On ne peut détenir qu’une assurance-vie

Faux. Nombre d’assureurs et distributeurs citent, en anecdote, la récurrence de ce préjugé chez leurs clients. Sur ce point, l’assurance-vie se distingue en effet du Livret A, du LDD, du PEA ou autre Plan épargne logement : « Non seulement vous pouvez ouvrir et détenir autant de contrats que vous souhaitez mais il y de nombreuses situations où cela est même recommandé », plaide BforBank dans un article, en conseillant de diversifier les contrats selon les objectifs poursuivis : optimisation financière, transmission, etc. Le courtier Mes-placements conseille lui de diversifier les contrats selon leurs atouts : l’un orienté fonds immobiliers (SCPI, OPCI, etc.), l’autre disposant d’un fonds en euros au rendement régulièrement avantageux, etc.

Lire aussi : Choisir son assurance-vie : les pièges à éviter

4 - On ne peut pas perdre d’argent

Vrai et faux. Tout dépend du support ! Aujourd’hui, les deux tiers des contrats existants, et l’immense majorité des contrats commercialisés, sont des assurances-vie multisupports. Avec d’une part un fonds en euros, sur lequel le capital est garanti, et d’autre part des supports en unités de compte (UC), plus risqués, investis sur des fonds d’investissement, des actifs immobiliers, des actions, etc. Sur la part de son épargne investie en UC, le titulaire d’un contrat peut donc perdre de l’argent, comme il peut espérer des performances bien supérieures à celles du fonds en euros. Sur ces derniers, le rendement moyen est attendu en-dessous des 2% pour l’année 2016.

Lire aussi : Vers la fin des fonds en euros garantis à 100%

5 – On ne peut pas changer de bénéficiaire

Faux. Lors de l’ouverture d’une assurance-vie, le souscripteur remplit systématiquement une clause bénéficiaire. Il détermine ainsi la ou les personnes à qui reviendra l’argent en cas de décès. Par défaut, cette clause désigne souvent le conjoint. Le souscripteur peut-il la modifier après l'ouverture, en cas de décès du bénéficiaire, d’évolution de la situation personnelle ou tout simplement s’il change d’avis ? Oui. Il suffit de le signifier à l'assureur par courrier ou en suivant la procédure indiquée.

D’où un autre cliché, intimement lié au changement de bénéficiaire : « L’assurance-vie permet de déshériter ses proches », une idée reçue pointée par Gan, BforBank ou encore Asac-Fapès. Certes, « l’assurance vie est hors succession », comme le résume l’assureur Gan sur son blog. Mais il ne faut pas léser les héritiers, au risque qu’ils se tournent vers les tribunaux. Ainsi « il est conseillé de ne pas priver les héritiers réservataires de leur part minimum dans la succession », explique Mes-placements, en limitant les montants revenant au bénéficiaire à la quotité disponible (2).

« Le placement préféré des Français » ?

Dernier cliché qui, cette fois, n’est pointé par aucun des distributeurs d’assurance-vie nommés ci-dessus : « L’assurance-vie est le placement préféré des Français ! » Ce lieu commun, cBanque y avait consacré un épisode de la série estivale sur les « clichés sur l’argent ». Car le produit d’épargne le plus répandu en France, et de très loin, reste le Livret A.

Voir par ailleurs le comparatif des contrats d’assurance-vie

(1) L’assurance décès permet le versement d’une rente ou d’un capital à un bénéficiaire, si la personne assurée décède avant le terme du contrat.

(2) La quotité disponible est la part que l’on peut léguer librement au bénéficiaire de son choix, la réserve revenant aux héritiers. Exemple, pour deux enfants héritiers : un tiers de la succession est dédiée à chacun des enfants, le tiers restant étant la quotité disponible.

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© cbanque.com / BL / Novembre 2016

Commentaires

Publié le 30 novembre 2016 à 09h58 - #1miriamou
  • Femme
  • Languedoc

Vous ne parlez pas de l'amendement SAPIN voté il y a quelques jours, qui empecherait de retirer de son assurance vie la moindre somme, s'il y avait un problème financier grave , ceci bloqué 6 mois au minimum.
donc on ne serait pas libre de disposer de ses fonds.
c'est du faschisme financier

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Publié le 30 novembre 2016 à 10h55 - #3Compte anonyme

miriamou, ok avec vous !
+1

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Publié le 4 décembre 2016 à 09h36 - #4ber64
  • Homme

l'abattement fiscal de l'assurance vie lors d'un rachat partiel ou pas va t'il disparaitre en 2017 ,??? merci

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