Appli Fortuneo : le test de la rédaction

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© cbanque - VM 2016

Enseigne historique de la bourse puis de la banque en ligne en France, Fortuneo conserve-t-elle un temps d’avance, ou vit-elle plutôt sur ses acquis ? Que valent son site web et ses applis mobiles ? La rédaction de cBanque les a testés pour vous.

Présente sur le marché de la bourse puis de la banque en ligne depuis 2000, Fortuneo vit aujourd’hui dans l’ombre des deux leaders, Boursorama Banque et ING Direct. La filiale du Crédit Mutuel Arkea reste toutefois ambitieuse, comme le montre son récent rachat de la banque belge Keytrade. Cette ambition se ressent-elle dans les interfaces web et mobile proposées par la marque à ses clients ? Pour le savoir, la rédaction de cBanque les a passés au crible. Dans le cadre de ce banc d’essai, nous avons ainsi privilégié la qualité et la simplicité de 7 fonctions principales :

  • le mode de connexion à l’interface ;
  • la page d’accueil ;
  • la consultation du solde ;
  • l’accès aux virements ;
  • l’accès au RIB ;
  • l’accès au service clients ;
  • le paramétrage des alertes.

Toutefois, l’inventivité et la modernité des interfaces ont également été des critères secondaires d’appréciation. Et de ce point de vue, Fortuneo a un peu déçu.

Site web : classique mais bien exécuté

Entendons-nous : l’expérience client offerte par Fortuneo sur son site web est solide. C’est le cas dès la page de connexion, qui est bien pensée et permet notamment de demander la mémorisation du numéro client, histoire de ne pas à avoir à le taper à chaque visite. Tout en rappelant les consignes de sécurité de base - éviter les dates de naissance ou les prénoms des enfants, trop faciles à trouver pour un tiers - Fortuneo a l’originalité d’offrir beaucoup d’autonomie à ses clients dans le choix de leur mot de passe. Là où la plupart des enseignes imposent un nombre de caractères, voire le mot de passe lui-même, le client Fortuneo peut choisir sa longueur - entre 8 et 16 caractères - et y inclure des lettres (mais pas de caractères spéciaux). Un bon choix, qui facilite la mémorisation. Fortuneo est aussi la seule enseigne à permettre à ses clients les plus prudents de sécuriser l’accès à leur compte grâce à une double authentification, mot de passe plus code unique reçu par SMS.

La page d’accueil est classique : une simple liste des produits détenus, avec leurs soldes, et une série de raccourcis vers les différentes parties de l’espace client. Point négatif, l’accès aux virements et au RIB, deux des fonctionnalités les plus couramment utilisées, n’est pas direct depuis cette page : il faut en passer par la page du consultation des opérations. Cette dernière est également de facture très classique. L’historique est d’un mois par défaut, mais nous avons pu remonter jusqu’à l’ouverture du compte, en début d’année 2016. Fortuneo propose un outil de recherche multi-critères très réussie. Autre petit plus, Fortuneo autorise l’exportation de ces données dans certains formats compatibles avec des logiciels de gestion de budget.

Quelques regrets tout de même. Pour des questions de sécurité, Fortuneo n’autorise pas l’ajout immédiat de nouveaux bénéficiaires : il faut donc anticiper un premier virement à un tiers 24 heures à l’avance. L’enseigne affiche également un zèle assez étonnant sur le RIB, un document qu’elle assimile à une « carte d’identité » du compte. Pour pouvoir l’afficher et le télécharger, il faut donc en passer par une authentification renforcée à l'aide d'un code secret à usage unique reçu par SMS. Enfin, Fortuneo autorise bien ses clients à paramétrer des alertes sur opérations ou sur solde. Mais seules dix par mois sont gratuites : au-delà, il faut payer 2,50 euros par tranche de 10.

Appli : efficace sur l’essentiel, décevante sur l’accessoire

On ne se refait pas. Avant de devenir une banque à part entière, Fortuneo était un site de bourse en ligne. Cet ADN est toujours présent dans l’application, qui fait toujours une bonne place aux informations financières, accessibles également aux non-clients de la marque. Le revers de la médaille, c’est que cette mise en avant de la bourse, notamment dans les raccourcis présents en permanence au pied de l’écran, se fait en partie aux dépens des fonctionnalités bancaires.

RAS en ce qui concerne la connexion à l’appli. Elle permet de mémoriser le numéro de client, ce qui était notre principale attente. La page d’accueil est également dans les clous : le solde du compte principal est accessible, mais pas les dernières opérations. Celles-ci (quatre par défaut) apparaissent sur la page dédiée au compte principal, qui offre également un accès à l’historique intégral des opérations, aux virements et au RIB. L’interface intègre également un outil de recherche multi-critères (libellé, date, montant, etc.) des opérations.

Voilà pour l’essentiel. Sur les fonctionnalités plus accessoires, l’appli Fortuneo est moins convaincante. Pour les raisons de sécurité déjà évoquées pour le site web, l’ajout immédiat d’un nouveau bénéficiaire de virement est impossible. De même, impossible d’afficher un version du RIB adaptée au petit écran du smartphone. L’envoi par mail de la version pdf est toutefois possible, mais uniquement à l’adresse du client. Pour envoyer son RIB à un tiers, il faut donc le faire transiter par sa propre boîte mail, puis le réexpédier. Pas pratique. L’application prévoit la possibilité de consulter et paramétrer des alertes SMS. Toutefois, nos multiples essais pour accéder à cette fonctionnalité ont tous échoué, pour cause de service indisponible. Bug temporaire ou durable ?

Dernier point : nous avions également prévu d’inclure dans ce test l’application tablette de Fortuneo. Mais comme Monabanq ou Boursorama Banque notamment, la marque se contente d’un simple portage de son application smartphone, sans adapter son interface aux possibilités offertes par un écran plus grand. Fortuneo confirme du même coup le peu d’intérêt des banques en ligne pour ces tablettes, que certains annonçaient pourtant comme un support idéal pour elles.

Le bilan

Les points forts du site web : la personnalisation du mot de passe, la possibilité de renforcer l’authentification à la connexion, l’outil d’exportation des opérations.

Les points faibles du site web : l’excès de sécurisation de l’accès RIB ; le délai de 24h pour ajouter un bénéficiaire de virement ; les alertes SMS payantes au-delà de 10 par mois.

Les points forts de l’appli : une bonne vision d’ensemble de ses comptes dès la page d’accueil.

Les points faibles de l’appli : pas d’accès direct aux virements ou au RIB.

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© cbanque.com / VM / Juillet 2016