Crowdfunding : déjà plus de 30 sites de prêt aux PME sur les rangs

  • Par
  • ,
Recherche "crowdfunding" sous un moteur de recherche
© Natalia Merzlyakova - Fotolia.com

Dans les différentes familles du financement participatif, celle du prêt aux entreprises est sans conteste la plus active actuellement, du moins au niveau de la création de plateformes. Dans le registre unique des intermédiaires en banque, assurance et finance, 76 plateformes de crowdfunding sont immatriculées. Parmi elles, une trentaine de sites proposant ou affirmant vouloir proposer du prêt aux TPE et PME. Tour d’horizon.

Le financement participatif, ou crowdfunding, compte trois grandes familles : le don (avec ou sans contrepartie), l’investissement en fonds propres, et le prêt. Dans la catégorie crédit, ou crowdlending, c’est le secteur du prêt aux très petites entreprises (TPE) et PME qui se développe le plus rapidement, la réglementation étant plus contraignante pour le prêt entre particuliers.

C’est aussi le secteur du financement participatif qui s'avère le plus difficile à cerner, au niveau de l’offre de plateformes. En témoignent les statistiques du site Bpifrance (Tousnosprojets.fr) qui ne prennent en compte qu’un nombre limité de plateformes contrairement aux familles dons et action. Et Bpifrance inclut des acteurs historiques du secteur, Babyloan et Spear, dont le fonctionnement et la philosophie divergent des plateformes de crowdlending-entreprise actuellement en développement. A l’image d’Unilend, Finsquare ou Lendix, celles-ci se présentent aux particuliers avant tout comme une nouvelle forme d’investissement, que l’on peut qualifier d’épargne participative.

Objectifs chiffrés : le grand écart

Un tour d’horizon de ce secteur (voir les tableaux ci-dessous) permet de se rendre compte du grand écart qui se dessine entre les plateformes en termes de montants brassés. La majeure partie des sites étant récents, à l’exception notable d’Unilend, les « objectifs 2016 » permettent de chiffrer ce grand écart. Ainsi Lendix, lancé en mars 2015 mais qui a très vite pris la deuxième place du marché, annonce un objectif de 100 millions d’euros financés dès la fin 2016, sur plus de 400 PME.

En parallèle, de plus petites plateformes affichent des objectifs plus réduits. Prêtgo s’apprête à boucler une première collecte de 10.000 euros et vise le financement de 85 projets, pour un montant total de 5 millions d’euros, d’ici fin 2016. PretPME, lancé fin 2014, vise les 6 millions d’euros financés et 4.000 prêteurs à la fin 2016. Loin de la course au leader, d’autres plateformes se positionnent sur des marchés très spécifiques : Lendosphere sur les projets de transition écologique, BlueBees (qui existe depuis novembre 2012 mais effectuait ses prêts à l’étranger avant 2015) sur les projets alimentaires et agricoles, etc.

Parmi celles qui s’apprêtent à se lancer, cette logique de la recherche d’un marché de niche est encore plus forte : plateformes locales, dédiées à une confession religieuse, etc.

Des plateformes au statut spécifique

L’état des lieux de ce secteur en ébullition s’avère d’ailleurs d’autant plus délicat que certaines plateformes affichent un statut particulier. Celui d’intermédiaire en financement participatif (IFP), qui permet d’exercer dans les familles prêt et don du crowdfunding, a été créé à l’automne 2014. Mais le système des bons de caisse, instrument ancien permettant à une entreprise de se financer directement auprès du prêteur, a permis à Unilend de lancer sa plateforme de prêt aux PME dès novembre 2013. La plateforme Prêt à la carte, ouverte en juin 2015, a choisi de marcher dans ses pas en ne s’immatriculant pas en tant qu’IFP et en proposant des bons de caisse.

D’autres cas particuliers existent. Comme les plateformes de crowdlending basées à l’étranger et qui proposent des investissements aux Français, à l’image de Look&Fin. Ou comme Crowdfundbank, plateforme liée au prestataire de services d’investissement NFinance Securities. Sans oublier les plateformes de prêt rejoignant la plus spécifique famille du crowdfunding immobilier (Hexagon-e, Seprêter, etc.). Reste à savoir combien de plateformes réussiront à s’imposer durablement sur ce marché naissant.

Lire à ce propos : Y a-t-il trop de plateformes de crowdlending en France ?

Les plateformes françaises qui ont déjà prêté aux TPE-PME

PlateformesLancement *SpécialisationMontant financé à ce jour **
UnilendNovembre 2013-12.726.350 euros
LendixMars 2015-4.100.000 euros
LendopolisNovembre 2014-2.084.500 euros
FinsquareDécembre 2014-1.148.045 euros
LendosphereDécembre 2014Projets de transition écologique1.110.670 euros
Credit.frMars 2015-337.000 euros
BlueBeesDébut 2015Agriculture et alimentation313.000 euros
PrexemMai 2015-155.000 euros
BoldenAvril 2015-140.000 euros
PretPMEDécembre 2014TPE45.000 euros
TributileJuin 2015-30.000 euros
PrêtUpJuin 2015Activité régionale autour de Nancy5.000 euros
PrêtgoAvril 2015-0 euro
Prêt à la carteJuin 2015-Non communiqué
* Lancement de l’activité prêt aux entreprises.
** A ne pas confondre avec le « montant collecté ». Source : déclaration des plateformes.

Les plateformes qui s’apprêtent à lancer leur offre de prêt

PlateformesLancement prévuSpécialisationObjectif 2016 en montant financé
InidevCourant septembre« Smart city », c’est-à-dire mobilité urbaine, urbanisation et développement durable600.000 euros
MyAnnonaCourant septembre« Prêt affinitaire » pour projets d’entreprenariat féminin100.000 euros fin 2015, non communiqué pour 2016
Credofunding 15 septembreProjets de la communauté chrétienne110.000 euros
Prêt StoryOctobre 2015-Non communiqué
Les EntreprêteursOctobre 2015-7 à 10 millions d’euros
Elendium4e trimestre 2015-1 million d’euros
FundingfamilyFin 2015-début 2016-Non communiqué
LacourtechelleNon communiqué (pour les prêts)-Non communiqué
GwenneGEn attente de projetsProjets bretonsNon communiqué
SightlendNon communiqué-Non communiqué

Méthodologie : recensement effectué sur la base des plateformes proposant du prêt rémunéré et immatriculées à l’Orias en tant qu’intermédiaire en financement participatif (IFP). Ont été ajoutées des plateformes basées en France mais au statut spécifique, comme Unilend et Prêt à la carte, non immatriculées IFP puisque leur système repose sur le principe de bons de caisse. Plusieurs acteurs ayant le statut d’IFP n’ont pas été listés faute de confirmation d’une activité de prêt aux entreprises. Dont plusieurs projets locaux : Pefi en Guadeloupe, Mityou à la Réunion, Finpop dans la région PACA, etc.

Partager cet article :

© cbanque.com / BL / Septembre 2015